LES MOTS NOUVEAUX DU PETIT ROBERT 2023

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Communiqué de presse

LES MOTS NOUVEAUX DU PETIT ROBERT 2023

Les mots écoanxiété, glottophobie, NFT, tiers-lieu et woke font leur entrée
dans l’édition 2023 du Petit Robert.

À l’occasion de sa mise à jour annuelle, le Petit Robert de la langue française accueille de nombreux mots, expressions et sens nouveaux.

La crise sanitaire fournit cette année encore quelques néologismes avec covidé, covid long ou écouvillonner. On retrouve également des termes au cœur des débats tels que woke ou des mots de la transformation numérique comme NFT. Dans le domaine de l’écologie, écoanxiété reflète une angoisse partagée par une partie de la population. Citons aussi tiers- lieu, glottophobie, stylométrie ou bail (dans son sens familier) parmi les nouveaux entrants du Petit Robert 2023.

Du côté des noms propres, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, l’actrice et réalisatrice Valérie Lemercier ou encore l’homme d’affaires Elon Musk font leur entrée dans le Robert illustré.

Fidèles à la mission qu’ils se sont toujours donnée, les dictionnaires Le Robert s’efforcent de proposer un service essentiel : rendre compte de l’évolution d’une langue française riche et vivante, et éclairer le sens des mots qui disent le monde pour aider à mieux le comprendre.

Parution fin juin
Le Petit Robert 2023
– Édition standard ̶ Prix : 84.95$
– Édition bimédia avec accès au Petit Robert en ligne ̶ Prix : 89.95$

Parution fin juin
Le Robert illustré 2023
– Avec carte d’accès au Robert illustré en ligne ̶ Prix : 54.95$


Le Robert en quelques mots : depuis 1951, Le Robert, une maison d’édition du groupe Editis, est la seule maison entièrement dédiée à la langue française. Présente sur les marchés grand public, éducatif et professionnel, elle offre un catalogue de dictionnaires, dont Le Petit Robert de la langue française, et d’ouvrages sur la langue : mots et expressions, art d’écrire et art oratoire, essais, jeux de lettres, orthographe et manuels scolaires.


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Sélection de mots et sens nouveaux

Voici une sélection de mots et sens nouveaux du Petit Robert 2023 classés par thèmes. Les mots nouveaux sont signalés par un astérisque.

SCIENCES, MÉDECIN

* acétaminophène [asetaminɔfɛn] nom masculin
1963 ◊ anglais acetaminophen (1958), de N-acetyl-para-aminophenol
(Canada) Substance antipyrétique et antalgique. ➙ paracétamol.

ascenseur émotionnel
Ascenseur émotionnel, faisant alterner émotions positives et négatives (cf. Montagnes* russes).

biais cognitif, biais de confirmation
PSYCHOLOGIE Biais cognitif : distorsion dans le traitement d’une information, susceptible de fausser le raisonnement et le jugement. Biais de confirmation, conduisant à privilégier les informations qui confortent notre opinion.

covid long
Covid long, dont les symptômes persistent.

* covidé, ée [kɔvide] adjectif et nom
2020 ◊ de covid
Qui est atteint du covid. Patients covidés.

écouvillonner
MÉDECINE Prélever un échantillon dans (une cavité naturelle) à l’aide d’un écouvillon. Écouvillonner le nez, la gorge.

* lentivirus [lɑ̃tiviʀys] nom masculin
1984 ◊ latin scientifique, de lentus « lent » et virus
VIROLOGIE Genre de virus à ARN de la famille des rétrovirus, qui infecte des vertébrés dont il détruit les cellules après une longue période d’incubation. Le VIH est un lentivirus.

syndrome métabolique
Syndrome métabolique : ensemble des signes physiologiques (hypertension, hyperglycémie, obésité abdominale…) qui accroissent le risque de diabète et d’athérosclérose.

portage
MÉDECINE Capacité que possède une personne, un animal de transmettre un germe (➙ porteur). Vaccin qui empêche le portage et la circulation d’un virus.

spicule
VIROLOGIE Pointe protéique qui entoure la membrane de la capside de certains virus. SYN. protéine S, protéine Spike (ANGLICISME). Spicules glycoprotéiques.

* stylométrie [stilɔmetʀi] nom féminin
1898 ◊ de style et -métrie
DIDACTIQUE Étude statistique des faits de style.

NOUVELLES TECHNOLOGIES

* brouteur, euse [bʀutœʀ, øz] nom
2004 ; adj. « qui broute » 1571 ◊ de brouter, car il se nourrit sans effort
Escroc qui piège ses victimes sur Internet.

effet de ciseaux
FINANCE Effet (de) ciseaux : situation dans laquelle deux phénomènes (ex. produits et charges d’une entreprise) évoluent de manière opposée (sa représentation graphique montre un croisement des courbes, évoquant la forme d’une paire de ciseaux).

coffre-fort numérique, coffre-fort électronique
Coffre-fort numérique, électronique : espace de stockage numérique sécurisé.

* cyberespionnage [sibɛʀɛspjɔnaʒ] nom masculin
2000 ◊ de cyber- et espionnage
Espionnage pratiqué en infiltrant les systèmes informatiques pour s’emparer de données stratégiques. ➙ aussi cyberdéfense, cybersécurité. – N. CYBERESPION, IONNE.

harponnage
INFORMATIQUE Hameçonnage ciblé.

* NFT [ɛnɛfte] nom masculin
2018 ◊ sigle anglais, de Non Fungible Token « jeton non fongible »
ANGLICISME Certificat cryptographique associé à un objet numérique (image, vidéo, musique…) dont l’authenticité et la traçabilité sont garanties par la blockchain. Les œuvres d’art numériques
s’échangent sous forme de NFT. Le NFT est un titre de propriété, dont la valeur dépend du cours des cryptomonnaies. – Cet actif numérique. Le marché des NFT.

ENVIRONNEMENT ET SOCIÉTÉ

culture de l’annulation
DIDACTIQUE (anglais cancel culture) Culture de l’annulation, visant à ostraciser quiconque serait considéré comme offensant par ses propos ou ses actes. ➙ effacement.

blanchiment
Fait de laver de tout soupçon, de disculper. Blanchiment écologique ➙ écoblanchiment, verdissement (d’image).

thérapie de conversion
Thérapie de conversion, prétendant modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne (pratique interdite dans plusieurs pays).

* dégenrer [deʒɑ̃ʀe] verbe transitif (conjugaison 1)
1998 gramm. ◊ de dé- et genre
DIDACTIQUE Supprimer toute distinction en fonction du genre pour favoriser la mixité et l’égalité.
Dégenrer les métiers, l’urbanisme. – P. p. adj. Éducation dégenrée.

dôme de chaleur
MÉTÉOROLOGIE Dôme de chaleur : système fermé de haute pression (anticyclone) sous lequel se crée une zone stationnaire de forte chaleur.

mobilité douce, circulation douce
Mobilité, circulation douce : mode de déplacement actif (marche, vélo, roller…). « Les maisons de l’allée ne possédaient pas de garage afin d’encourager les circulations douces » (J. Deck).

* écoanxiété [ekoɑ̃ksjete] nom féminin
2007 au Canada ◊ de éco- et anxiété
Anxiété provoquée par les menaces environnementales qui pèsent sur notre planète.

* écogarde [ekogaʀd] nom
1997 ◊ de éco- et 2. garde
Garde chargé(e) de la gestion et de la surveillance des espaces naturels, de la protection du patrimoine naturel et de la préservation de la biodiversité.

culture de l’effacement
Culture de l’effacement, visant à bannir de l’espace public ou de la mémoire collective des personnalités, des œuvres, au nom de certaines valeurs (recomm. offic. pour remplacer l’anglicisme cancel culture).

genre fluide
(anglais gender fluid) Genre fluide, caractérisé par des fluctuations de l’identité de genre.

identité de genre
Identité de genre, le genre auquel la personne s’identifie. « L’identité de genre est le sexe dans lequel se reconnaît le sujet » (J.-D. Vincent).

* glottophobie [glɔtɔfɔbi] nom féminin
1999 ◊ du grec glôtta « langue » et -phobie
DIDACTIQUE Discrimination basée sur certains traits linguistiques, notamment les accents.

* iel [jɛl] pronom personnel
2009 ; yel 2008 ◊ contraction des pronoms il et elle
RARE Pronom personnel sujet de la troisième personne du singulier (iel) et du pluriel (iels), employé pour évoquer une personne quel que soit son genre. Iel se définit comme non binaire. Les stagiaires ont reçu les documents qu’iels doivent signer. « Au pluriel iels peut être pratique, iels plutôt que ils pour dire : les gens, désigner une foule, un groupe mixte. » (C. Delaume).

îlot de chaleur urbain
MÉTÉOROLOGIE Îlot de chaleur urbain : zone localisée caractérisée par des températures très élevées.

* performer [pɛʀfɔʀme] verbe intransitif (conjugaison 1)
1932 ◊ anglais to perform
ANGLICISME
1 Faire de bonnes performances en Bourse. Valeur qui performe.
2 Réaliser une performance artistique.
3 Être performant, efficace. ➙ réussir. Entreprise, équipe, élève qui performe.

sas
Espace de transition. Sas pour vélos, sas vélo, en amont d’un feu tricolore.

* tiers-lieu [tjɛʀljø] nom masculin
2008 ◊ de tiers et 1. lieu, calque de l’anglais third place
Espace de sociabilité d’initiative citoyenne, où une communauté peut se rencontrer, se réunir, échanger et partager ressources, compétences et savoirs. Les tiers-lieux créent de nouvelles dynamiques économiques et sociales.

verdissement d’image
COMMUNICATION Verdissement d’image : attribution abusive de qualités écologiques à un produit, une marque. ➙ blanchiment (écologique), écoblanchiment. Recomm. offic. pour greenwashing.

* woke [wok] adjectif et nom
2017 ◊ argot afro-américain « éveillé », de to wake « se réveiller »
ANGLICISME Qui est conscient et offensé des injustices et des discriminations subies par les minorités et se mobilise pour les combattre, parfois de manière intransigeante (surtout péjoratif, par dénigrement)
➙ conscientisé, engagé, vigilant. – N. Les wokes.
♦ N. m Ce mouvement, cette pensée. ➙ wokisme. « Les dérives du woke, bien réelles et navrantes »
(P. Ndiaye) (cf. Culture de l’effacement*).

* wokisme [wokism] nom masculin
2020 ◊ de woke
ANGLICISME (souvent péjoratif) Courant de pensée d’origine américaine qui dénonce les injustices et discriminations ; mouvement, pensée woke.

GASTRONOMIE

baiser
(Belgique) Petit-four composé de deux meringues assemblées par une crème. Les baisers de Malmedy.

banane
(Canada) Banane royale : banana split.

café blanc
(Liban) Café blanc : boisson chaude, eau aromatisée à l’eau de fleur d’oranger.

faluche
RÉGIONALISME (Nord) Pain blanc traditionnel, plat et rond.

* labné ou labneh [labne] nom masculin
1950 ◊ arabe dialectal
Fromage frais égoutté préparé traditionnellement avec du lait de chèvre ou de brebis (spécialité moyen- orientale). Labné servi avec des olives et du thym.

levure de porc
RÉGIONALISME (Sud-Ouest) Levure de porc : grillade.

* skyr [skiʀ] nom masculin
1781 ◊ mot islandais, du vieux norrois
Produit laitier riche en protéines (spécialité islandaise).

CULTURE, VIE QUOTIDIENNE, LOISIRS

* badiste [badist] nom
2001 ◊ de bad(minton) et suffixe
Joueur, joueuse de badminton.

bio
Court texte présentant un compte sur les réseaux sociaux. Lien dans la bio.

captation
AUDIOVISUEL Enregistrement vidéo (d’un spectacle, d’une manifestation). Captation de l’image et du son :
prise de vue, prise de son. Captation d’un opéra, d’un procès.

capter
Réaliser la captation (3°) de, filmer, enregistrer.

friche culturelle
Friche culturelle : site industriel désaffecté investi par des artistes.

* instagrameur, euse [ɛstagʀamœʀ, øz] nom
2013 instagrammeur ; 2011 instagramer ◊ de Instagram, marque enregistrée
Personne (influenceur, créateur de contenu) qui exerce son activité en publiant des photos et des vidéos sur son compte Instagram.

sériel, ielle
Relatif aux récits à épisodes, aux séries télévisées. Fiction, audience sérielle.

* vingtenaire [vɛt(ə)nɛʀ] adjectif et nom
1787 sens 2° ; nombre vingtenaire 1638 ◊ de vingt, d’après trentenaire, centenaire
RARE
1 Qui dure vingt ans. Prescription vingtenaire.
2 Dont l’âge est compris entre vingt et vingt-neuf ans. – N. Les vingtenaires.

visionnage
Visionnage boulimique : fait de regarder à la suite de nombreux épisodes d’une série. Recomm. offic. pour
binge watching.

FRANCOPHONIE

bénéfice
(Canada) EN APPOSITION Concert(-)bénéfice, soupe(-)bénéfice, organisé dans le but de recueillir des fonds.
Des soirées(-)bénéfice.

broche
(Canada) Broches à tricoter : aiguilles à tricoter.

brucelles
(Suisse) Pince à épiler.

chalet
(Liban) Maison de plaisance en bord de mer.

* chasse-moustique [ʃasmustik] nom masculin
1863 ◊ de chasser et moustique
(Canada) Substance répulsive qui éloigne les moustiques. Des chasse-moustiques.

parking de dissuasion
(Belgique) Parking de dissuasion, mis à la disposition des automobilistes pour les inciter à garer leur véhicule et prendre les transports en commun.

* échouerie [eʃuʀi] nom féminin
1778 ; toponyme 1764 ◊ mot acadien, de échouer
(Canada) Zone du littoral propice au rassemblement des pinnipèdes. Une échouerie de phoques gris.

conducteur fantôme
(Belgique) (allemand Geisterfahrer, par le néerlandais) Conducteur fantôme, qui roule à contresens sur l’autoroute.
Véhicule fantôme.

* humidex [ymidɛks] nom masculin
1985 ◊ mot anglais du Canada, de humidity et index
Au Canada, indice météorologique qui combine la température et l’humidité relative. Calculer l’humidex.
– APPOSITION Indice humidex. « Une fin d’après-midi brûlante avec un coefficient humidex vertigineux »
(J.-P. Dubois).

monter au jeu
(Belgique) Monter au jeu : entrer sur le terrain pour remplacer un autre joueur, dans un sport d’équipe.

coton ouaté
(Canada) Coton ouaté : tissu de coton gratté, molleton ; PAR EXTENSION sweat-shirt.

faire un pas de côté
(Belgique) Faire un pas de côté : interrompre son mandat, en reconnaissance d’une erreur, d’une incompétence.

* planchodrome [plɑ̃ʃodʀom] nom masculin
1978 en France ◊ de planche et -drome
(Canada) Lieu aménagé pour la pratique de la planche à roulettes. ➙ skatepark (ANGLICISME).

FAMILIER

* bail [baj] nom masculin
2004 ◊ p.-ê. de 1. bail, « affaire conclue par un bail »

FAMILIER Chose que l’on ne peut nommer. ➙ machin, truc. J’ai un bail à te raconter. – Affaire, projet mal défini. « Et c’est quoi les bails maintenant ? » (E. Bayamack-Tam). T’as un bail pour ce soir ? ➙ 3. plan.

* chiller [(t)ʃile] verbe intransitif (conjugaison 1)
1994 ◊ anglais américain to chill
ANGLICISME FAMILIER Prendre du bon temps à ne rien faire. ➙ buller, se détendre, glander, se relaxer.
Chiller devant une série.

déterminé, ée
ABRÉVIATION FAMILIÈRE déter [detɛʀ].

avoir les fils qui se touchent
LOCUTION FAMILIÈRE Avoir les fils qui se touchent : être fou. « C’est pas un mauvais type, mais ici tout le monde sait qu’il a les fils qui se touchent » (J.-P. Dubois).

* gênance [ʒɛnɑ̃s] nom féminin
2016 ; région. « souffrance, gêne physique » 1859 ◊ de gêne
FAMILIER Sentiment de gêne, de malaise éprouvé dans une situation embarrassante. Quel moment de gênance !

* go [go] nom féminin
1997 ◊ d’une langue d’Afrique de l’Ouest (bambara)
FAMILIER
1 Jeune fille, jeune femme.
2 Petite amie.

toubab
On rencontre la forme babtou (verlan). PÉJORATIF Babtou fragile : personne faible, qui se pose en victime.


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Nouveaux noms propres

Voici, par thèmes, une sélection des nouveaux noms propres du Robert illustré 2023.

ARTS ET CULTURE

Béart (Emmanuelle) : Actrice française.
Braunschweig (Stéphane) : Metteur en scène français de théâtre et d’opéra.
Lemercier (Valérie) : Actrice, scénariste et réalisatrice française.
Makeïeff (Macha) : Metteuse en scène et autrice française.
Nichols (Mike) : Réalisateur américain (1931-2014).
Pite (Crystal) : Chorégraphe et danseuse canadienne.

ÉCONOMIE

Bezos (Jeffrey Jorgensen, dit Jeff) : Entrepreneur américain.
Hausman (Jerry A.) : Économiste américain.
Musk (Elon) : Homme d’affaires canadien d’origine sud- africaine.
RCEP (Regional Comprehensive Economic Partnership)
« Partenariat économique régional global » : Accord de libre-échange entré en vigueur en 2022.

LETTRES ET SCIENCES HUMAINES

André (Christophe) : Psychiatre français.
Carver (Raymond) : Écrivain américain (1938-1988).
Gurnah (Abdulrazak) : Écrivain britannique d’origine tanzanienne, prix Nobel de littérature 2021.
Houdé (Olivier) : Psychologue français.

POLITIQUE, SOCIÉTÉ

Black Lives Matter (La vie des Noirs compte) : Mouvement et slogan de défense des Noirs américains dénonçant les violences policières et la discrimination raciale.
Díaz-Canel (Miguel) : Homme d’État cubain.
Floyd (George) : Citoyen américain noir (1973-2020).
QAnon : Mouvance complotiste américaine d’extrême droite apparue sur les réseaux sociaux en 2017.
Scholz (Olaf) : Homme d’État allemand.
Zelensky (Volodymyr) : Homme d’État ukrainien.


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Le Petit Robert, un dictionnaire unique

Né en 1967, le Petit Robert s’est très tôt imposé comme le dictionnaire de référence de la langue française.

Riche de plus de 100 000 mots et expressions finement décrits sous un angle avant tout linguistique (étymologie, prononciation, registres de langue, analogies, citations littéraires…), il est un outil précieux pour comprendre le monde, mais aussi pour le dire ou l’écrire avec précision.

Dictionnaire moderne, inscrit dans son époque, il rend compte mieux que nul autre des évolutions passionnantes d’une langue française résolument vivante. Parce que le Petit Robert est « un observatoire, pas un conservatoire » (selon la formule d’Alain Rey), il reflète le français dans toute sa diversité, sans négliger les mots des régions et de la francophonie, les mots familiers et les anglicismes.

Si année après année, sa version imprimée fait toujours figure de bible de la langue française, sa version en ligne offre à ses abonnés un contenu enrichi ainsi que des fonctionnalités de consultation inégalées pour explorer la langue : prononciation audio, arbres de synonymes, recherche par langue d’origine ou par date d’apparition, recherche de rimes, d’anagrammes…

Sur papier comme sur tout type d’écran, le Petit Robert reste le dictionnaire préféré des créateurs, des écrivains, des journalistes, des étudiants, des enseignants, et plus généralement de tous les amoureux de la langue française.


Comment les mots entrent-ils dans le Petit Robert ?

LE REPÉRAGE DES MOTS ET SENS NOUVEAUX

Les équipes du Robert collectent les nouveaux mots, sens et locutions en se basant à la fois sur les outils informatiques et sur leur expertise linguistique. D’un côté, les documentalistes effectuent des détections semi-automatiques dans des corpus de textes variés, issus principalement des médias, de la littérature et des réseaux sociaux. Mais documentalistes et lexicographes traquent également les néologismes de toutes sortes (et en particulier les néologismes de sens, plus difficiles à repérer) dans leurs lectures, les médias, les conversations courantes…

Par ailleurs, les recherches des utilisateurs restées sans réponse au sein de nos différents dictionnaires numériques ainsi que les requêtes de définitions les plus fréquentes dans les moteurs de recherche fournissent de précieuses données aux lexicographes. Un mot très recherché révèle un besoin des locuteurs et nécessite donc d’être soumis à un examen rigoureux.

Tous ces mots et sens nouveaux sont engrangés dans une grande base de données puis régulièrement analysés, discutés et sélectionnés selon différents critères au cours de comités éditoriaux.

LES CRITÈRES DE SÉLECTION

La langue française est vivante et en constante évolution. Des milliers de mots et sens nouveaux émergent chaque année, mais tous ces néologismes n’ont pas vocation à figurer dans le Petit Robert. Nos choix sont guidés par trois critères principaux qui constituent autant d’indices de l’implantation d’un mot dans la langue.

• La fréquence d’usage du mot

Lorsqu’un mot devient fréquent, la question de sa place dans le Petit Robert se pose naturellement. La fréquence est évaluée à travers l’analyse statistique de vastes corpus de textes, à l’aide de différents outils de mesure.

• La diffusion du mot

C’est la possibilité de rencontrer le mot dans des types de discours variés : la presse, la littérature, les réseaux sociaux… Un mot très fréquent dans un cercle trop restreint ne trouvera pas forcément sa place dans le Petit Robert, tandis qu’un mot qui se diffuse au moyen de plusieurs canaux pourra y figurer en dépit d’une fréquence globale plus faible.

• La pérennité du mot

Le Petit Robert retient des mots qui durent. Il est rare qu’un mot entre dans le Petit Robert moins d’un an après son apparition, et c’est souvent bien plus long. Avant leur sélection, les mots font l’objet d’une observation attentive par les lexicographes, souvent durant plusieurs années, afin de s’assurer de leur pérennité, ou bien de leur importance pour comprendre l’époque actuelle.

Fidèle à la mission qu’il s’est toujours donnée, le Petit Robert s’efforce de proposer un service essentiel : rendre compte de l’évolution d’une langue française riche et vivante et éclairer le sens des mots qui disent le monde pour aider à mieux le comprendre.

par Géraldine Moinard,
directrice de la rédaction

Lexicographe au Robert depuis 2009, directrice du numérique, Géraldine Moinard succède à Marie-Hélène Drivaud en tant que directrice de la rédaction des Éditions Le Robert.


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le-robert-2022-05-720

LE PETIT ROBERT DE LA LANGUE FRANÇAISE ÉDITION 2023

Le dictionnaire de référence de la langue française.

Édition standard – Prix : 84.95$
Édition bimédia avec accès au Petit Robert en ligne – Prix : 89.95$

• 300 000 mots et sens
• 150 000 analogies
• 35 000 citations
• 75 000 étymologies

• L’intégralité du contenu de la dernière édition du Petit Robert
• Un dictionnaire de 220 000 synonymes et nuances de mots
• De puissantes fonctionnalités de recherche avancée
• Une compatibilité ordinateur, tablette et smartphone

En librairie fin juin 2022


le-robert-2022-02-720

LE ROBERT ILLUSTRÉ & SON DICTIONNAIRE EN LIGNE

ÉDITION 2023

La référence pour toute la famille.
Avec carte d’accès au dictionnaire en ligne – Prix : 54.95$

• 165 000 mots et sens
• 35 000 noms propres
• 60 000 synonymes
• 600 dossiers encyclopédiques

En librairie fin juin 2022


le-robert-2022-04-720

DICO EN LIGNE LE ROBERT

L’expertise du Robert à portée de clic.

• 170 000 mots et sens
• 200 000 synonymes
• La conjugaison des verbes et les règles de grammaire
• Des millions d’exemples en contexte

dictionnaire.lerobert.com


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Les dictionnaires Le Robert sont les dictionnaires officiels de la Fondation littéraire Fleur de Lys. Nous les recommandons pour la pratique de tous les loisir littéraires.


Recueil de textes, essais, Guillaume Dionne, Fondation littéraire Fleur de Lys

Recueil de textes

L’enfer existe-t-il vraiment ?

L’antéchrist et la Marque de la bête manifestés aujourd’hui

Les rêves et les songes, preuve de l’immortalité de l’âme

La naissance de Dieu

La place à Marie dans les Saintes Écritures

Essais – Littérature chrétienne,

Guillaume Dionne,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2021, 56 pages.

Format 6 X 9 pouces,

ISBN 978-2-89612-613-2

Exemplaire papier : 24.95$ (Canada)

Exemplaire numérique : GRATUIT (PDF)


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Table des matières

Au sujet de l’auteur

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TABLE DES MATIÈRES

TABLE DES MATIÈRES

L’enfer existe-t-il vraiment ?

  • L’Enfer est-il l’anéantissement de l’âme ?
  • L’exemple de Lazare et du riche
  • L’enfer vu d’une perspective philosophique
  • Le chemin large et le chemin étroit

L’antéchrist et la Marque de la bête manifestés aujourd’hui

Les rêves et les songes, preuve de l’immortalité de l’âme

La naissance de Dieu

  • La naissance de la grâce
  • L’homme veut tuer Dieu
  • La Sainte trinité
  • Le discours scientifique et philosophique
  • La Fleur de la Grâce (La Naissance de Dieu dans nos cœurs)
  • La Sainte vierge et son enfant le Fils de Dieu
  • Ministère de Jésus de Nazareth
  • La Parole faite chair
  • Conclusion

La place à Marie dans les Saintes Écritures

  • La grâce de Marie
  • Un fait de l’humanité de la vierge Marie
  • La co-rédemption de Marie
  • L’autorité de la Bible
  • La médiation de la vierge Marie
  • L’immaculée conception de Marie
  • Apparition de Marie et son culte
  • Miracles attribués à la vierge Marie
  • Marie et la Trinité

auteur

AU SUJET DE L’AUTEUR

Guillaume Dionne

De l’église des Évangélistes, semblable aux églises sœurs baptistes fondamentalistes provenant des (Anabaptistes) de l’Église ignorée venant de Christ jusqu’à ce jour. (Frère en Christ) Éphésiens 2:20

DU MÊME AUTEUR

DU MÊME AUTEUR

L’évangile éternel de la grâce

La Paix en Christ

Réflexion sur le Nouveau Testament
pour enfants dédiée à la Gloire de Dieu

Livre Jeunesse,

Guillaume Dionne,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2020, 100 pages.

ISBN 978-2-89612-591-3

Exemplaire papier : 39.95$

Exemplaire numérique gratuit (PDF)

CLIQUEZ ICI POUR SAVOIR PLUS

Le soleil des vivants

Recueil de poèmes

Guillaume Dionne

Fondation littéraire Fleur de Lys

Lévis, Québec, décembre 2020

214 pages

ISBN 978-2-89612-599-9

Exemplaire numérique gratuit (PDF)

Réflexion sur le Créationnisme biblique

Créationnisme vs Évolutionnisme

Essai, Guillaume Dionne,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2021, 52 pages.

ISBN 978-2-89612-602-6

Exemplaire papier : 24.95$ (Canada)

Exemplaire numérique gratuit (PDF)

L’enfer existe-t-il vraiment ?

L’antéchrist et la Marque de la bête manifestés aujourd’hui

Essai, Guillaume Dionne,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2021, 19 pages.

ISBN 978-2-89612-605-7

Exemplaire numérique gratuit (PDF)

Les rêves et les songes, preuve de l’immortalité de l’âme

Essai, Guillaume Dionne,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2021, 19 pages.

ISBN 978-2-89612-608-8

Exemplaire numérique gratuit (PDF)


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Guillaume Dionne

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La naissance de Dieu
La place à Marie dans les Saintes Écritures
Essais – Littérature chrétienne,
Guillaume Dionne,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2021, 56 pages.

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La naissance de Dieu et La place à Marie dans les Saintes Écritures, Guillaume Dionne, Fondation littéraire Fleur de Lys

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La naissance de Dieu

&

La place à Marie dans les Saintes Écritures

Guillaume Dionne,

Essai, Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2021, 21 pages.

ISBN 978-2-89612-612-5

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Extrait

Au sujet de l’auteur

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TABLE DES MATIÈRES

SOMMAIRE

La naissance de Dieu

  • La naissance de la grâce
  • L’homme veut tuer Dieu
  • La Sainte trinité
  • Le discours scientifique et philosophique
  • La Fleur de la Grâce
  • (La Naissance de Dieu dans nos cœurs)
  • La Sainte vierge et son enfant le Fils de Dieu
  • Ministère de Jésus de Nazareth
  • La Parole faite chair
  • Conclusion

* * *

La place à Marie dans les Saintes Écritures

  • La grâce de Marie
  • Un fait de l’humanité de la vierge Marie
  • La co-rédemption de Marie
  • L’autorité de la Bible
  • La médiation de la vierge Marie
  • L’immaculée conception de Marie
  • Apparition de Marie et son culte
  • Miracles attribués à la vierge Marie
  • Marie et la Trinité

EXTRAIT

EXTRAIT

La naissance de Dieu

La naissance de la grâce

Le Fils de Dieu naquit en un humble lieu, mais d’une gloire incommensurable venant du Père. Une sorte d’humilité glorieuse et transcendante donnée au Fils de Dieu. Il ne pouvait exister meilleur endroit pour sa naissance que cet humble lieu à la place d’un palais somptueux. Ainsi est venu le Fils de Dieu, non dans la gloire, mais dans l’humilité. Il y a l’humilité de Dieu dans sa naissance tout comme l’humilité de son divin abaissement. D’un glorieux mystère pour notre entendement. Que Dieu tout puissant et infiniment grand prenne un corps comme le nôtre en naissant comme un petit enfant.

* * *

C’est Dieu fait chair en la personne de notre Seigneur Jésus-Christ qui, existant dans le ciel sous forme de Dieu. S’est anéanti lui-même se faisant homme et se rendant obéissant, même jusqu’à la mort de la croix. Il parut comme un vrai homme, mais étant quand même 100% Dieu.

C’est là le mystère de son abaissement. Il fut comme même un sous-homme en les choses dont il a souffert. La profonde humiliation se changeant en suprême et souveraine élévation. Un nom au-dessus de tout nom pour que tout genou fléchisse devant lui de son œuvre à la croix.

Ce qui semblait une si grande défaite, se change en suprême victoire et pour l’éternité en sa Résurrection le troisième jour selon les écritures prophétisées. Le Saint de Dieu ne pouvant connaître la corruption et rester dans les liens de la mort.


auteur

AU SUJET DE L’AUTEUR

Guillaume Dionne

De l’église des Évangélistes, semblable aux églises sœurs baptistes fondamentalistes provenant des (Anabaptistes) de l’Église ignorée venant de Christ jusqu’à ce jour. (Frère en Christ) Éphésiens 2:20


DU MÊME AUTEUR

DU MÊME AUTEUR

L’évangile éternel de la grâce

La Paix en Christ

Réflexion sur le Nouveau Testament
pour enfants dédiée à la Gloire de Dieu

Livre Jeunesse,

Guillaume Dionne,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2020, 100 pages.

ISBN 978-2-89612-591-3

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Le soleil des vivants

Recueil de poèmes

Guillaume Dionne

Fondation littéraire Fleur de Lys

Lévis, Québec, décembre 2020

214 pages

ISBN 978-2-89612-599-9

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Réflexion sur le Créationnisme biblique

Créationnisme vs Évolutionnisme

Essai, Guillaume Dionne,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2021, 52 pages.

ISBN 978-2-89612-602-6

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L’enfer existe-t-il vraiment ?

L’antéchrist et la Marque de la bête manifestés aujourd’hui

Essai, Guillaume Dionne,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2021, 19 pages.

ISBN 978-2-89612-605-7

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Les rêves et les songes, preuve de l’immortalité de l’âme

Essai, Guillaume Dionne,

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2021, 19 pages.

ISBN 978-2-89612-608-8

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L’Évangile ─ Qu’on vous enseigne moins, essai, Cyrille Simplice Wandji, Fondation littéraire Fleur de Lys

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L’Évangile ─ Qu’on vous enseigne moins

Cyrille Simplice Wandji

Essai

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2021, 176 pages.

ISBN 978-2-89612-610-1

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PRÉSENTATION

PRÉSENTATION

Dans le livre biblique « Les Actes des apôtres », il est dit que les disciples qu’on envoyait prêcher sur le terrain étaient « remplis de l’Esprit-Saint ». Aujourd’hui, c’est le cursus scolaire qui détermine la crédibilité de celui qu’on envoie transmettre le message de Christ, l’Esprit étant relégué au second plan, ou ne jouant que le rôle d’attrape-mouche pour des araignées avides de toutes sortes de gloires et de richesse. Pourquoi baptise-t-on les chrétiens au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit ? Eh bien parce que le rachat des péchés est une initiative du Père, rendu concret par le sacrifice du Fils, et entretenue par les œuvres de l’Esprit-Saint. En d’autres termes, une fois qu’on est entré dans la Grâce par le baptême, l’Esprit nous renouvelle jusqu’à la sanctification, nous guide en nous éclairant dans les voies de Dieu : l’Esprit est l’enseignant ultime.

Lorsque Jésus réprimandait l’église de Laodicée, Il dit : « Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. »

Ainsi sont la plupart des évangélistes aujourd’hui : tièdes parce qu’ils se fient plus à leurs diplômes qu’à prier afin d’obtenir l’Esprit de Dieu pour les guider. Beaucoup ne croient même plus que cet Esprit travaille encore. Ils sont devenus ce que le Christ appelle : des aveugles qui conduisent des aveugles; et lorsque des aveugles conduisent des aveugles, tous deux tombent dans des trous…


EXTRAIT

EXTRAIT

PROLOGUE

Un jour j’ai écrit un texte de slam intitulé « Tout fout le camp »; un texte avec pour thème principal la morale. Je l’ai scandé devant un public mitigé et, à la fin de ma lecture, en descendant du podium, un spectateur m’a déclaré : « Tu as du culot de faire un texte à propos de la morale dans un Québec encore meurtri par les abus du pouvoir ecclésiastique ! »

Le culot ! Voilà ce qui manque à l’évangile qu’on prêche dans le monde aujourd’hui; un monde dont la face change drastiquement en ces temps de la fin – pas que le monde fut très brillant à l’époque de l’instigateur de l’évangile, si oui pourquoi aurait-il déclaré « vous [les chrétiens] êtes la lumière du monde ? » Jésus disait : « On n’allume pas une lampe pour la mettre sous la table, mais on la met sur le porte-lampe afin qu’elle éclaire toute la maison. » Je me pose une question : le tort d’une planète si noire aujourd’hui doit-il être imputé aux personnes immorales seulement, ou doit-on impliquer dans ce déclin l’auto-musèlement des objecteurs de conscience ? Est-ce le monde qui se noircit davantage à nos jours, ou sont-ce toutes ces lampes éteintes – lorsqu’elles ne sont pas dissimulées – qui décuplent les ténèbres ?

Quand Jésus-Christ répandait l’évangile, on disait de Lui qu’Il ne prêchait pas comme les autres enseignants, mais comme ayant autorité; où est passée cette qualité dans nos évangélistes d’aujourd’hui ? Oh, ne vous méprenez pas sur la nature de l’autorité que Christ exerçait en son temps, car je vous rassure que cela n’avait rien à voir avec forcer une femme à porter des enfants; rien à voir non plus avec obliger les gens à aller au culte dominical, ni brûler sur le bûcher quiconque ne respectait pas une doctrine. L’autorité qu’exerçait Jésus résidait dans cette façon de rallier les gens à sa cause juste avec des mots adéquats, des mots qui transperçaient l’âme pour mettre au grand jour l’iniquité, amenant – pour ceux qui étaient humbles et sincères – à réfléchir sérieusement sur les conséquences des actes qu’on posait, ou qu’on allait poser.

Napoléon, roi de France, disait de Jésus et de l’Évangile :

« Je cherche en vain dans l’histoire pour y trouver le semblable de Jésus-Christ, ou quoi que ce soit qui approche de l’Évangile. Ni l’histoire, ni l’humanité, ni les siècles, ni la nature, ne m’offrent rien avec quoi je puisse le com­parer et l’expliquer. Ici tout est extraordinaire; plus je le considère, plus je m’assure qu’il n’y a rien là qui ne soit en dehors de la marche des choses et au-dessus de l’esprit humain.

Les impies eux-mêmes n’ont jamais osé nier la sublimité de l’Évangile, qui leur inspire une sorte de véné­ration forcée. Quel bonheur ce livre procure à ceux qui croient ! Que de merveilles y admirent ceux qui l’ont médité! Tous les mots y sont scellés et solidaires l’un de l’autre, comme les pierres d’un même édifice. L’esprit qui lie les mots entre eux est un ciment divin qui tour à tour en découvre le sens ou le cache à l’intelligence. Chaque phrase a un sens complet, qui retrace la perfection de l’unité et la profondeur de l’ensemble; livre unique où l’esprit trouve une beauté morale inconnue jusque-là, et une idée de l’infini supérieure à celle même que suggère la création ! Quel autre que Dieu pouvait produire ce type, cet idéal de perfection, également exclusif et original, où personne ne peut ni critiquer, ni ajouter, ni retrancher un seul mot; livre différent de tout ce qui existe, absolument neuf, sans rien qui le précède et sans rien qui le suive ? … » (Napoléon en exil à Sainte-Hélène)

Combien d’évangélistes aujourd’hui possèdent la verve de Napoléon pour présenter l’Évangile ? Combien d’évangélistes aujourd’hui insistent sur les principes moraux de ce Saint Livre ? Combien d’évangélistes se mouillent aujourd’hui afin que la noirceur recule dans le monde ?

Quand on peut m’attribuer du culot pour avoir écrit et déclamé un texte lumineux qui ne constitue même pas la lueur d’une allumette dans ce monde de ténèbres, n’est-ce pas à pleurer de désolation ?


auteur

AU SUJET DE L’AUTEUR

Cyrille Simplice Wandji

Cyrille Simplice Wandji est né à Bertoua, dans l’Est-Cameroun. Il immigre au Canada en juin 2007 et s’installe dans la province de Québec où il vit actuellement. Travaillant comme inspecteur en Assurance Qualité pour une entreprise qui construit des tours éoliennes, il consacre son temps libre à écrire de la poésie et quelquefois des nouvelles, mais surtout faire des recherches sur le christianisme. L’Évangile qu’on vous enseigne moins est le deuxième Essai religieux qu’il écrit, le premier étant intitulé : Imposture, pour en finir avec les amalgames et publié chez Edilivre.

C’est à Matane, cette ville qui comme le nez dans la figure s’avance dans le fleuve, caressée par la brise fraîche l’été, mais tancée par les vents froids l’hiver, qu’il s’établit, fuyant la grande ville – Québec et surtout Montréal – où tout lui rappelle ce qu’il a laissé là-bas, dans son pays natal. L’intégration n’est pas facile dans cette agglomération tissée serrée où, il suffit de venir de la ville la plus proche, Rimouski, pour se sentir étranger, quoique Québécois de souche. C’est donc en homme persévérant qu’avec Catherine Berger et Marie-Claude Soucy, toutes deux Québécoises d’origine, mais mises au ban de la société matanaise, qu’il décidera d’aller à la conquête de ce coin de pays. Ensemble ils créent Réseau Matanie, un organisme à but non lucratif pour accueillir et organiser des rencontres entre nouveaux arrivants et natifs de la place.

Les journaux, la télévision et les médias sociaux relayant l’information, l’initiative est un succès. Progres­sivement, Marie-Claude et Catherine Berger appelées par d’autres défis cèdent la place à de nouvelles personnes inspirées par l’organisme. Cyrille s’en ira aussi plus tard, après s’être assuré que les choses sont entre de bonnes mains. Délesté de son passe-temps, l’ennui s’installe. La solitude et la nostalgie – que le réseautage étouffait bien –refont surface. Les automnes et les hivers deviennent plus froids, d’autant plus que s’acclimater aux mœurs québécoises font prendre le mauvais pli de se plaindre à chaque chan­gement de saison. La relation avec la gent féminine n’est pas ce qui se fait le mieux, car éduqué par une société patriarcale à être le maître dans la maison, l’égalité inaliénable entre l’homme et la femme ne lui donne pas beaucoup de chance de s’exprimer : il enchaîne échec sur échec dans la vie de couple.

Dans cette situation chaotique, écrire est son premier exutoire. Il s’inscrit sur un site littéraire en ligne : Oniris, où il se joint à une communauté d’écrivains amateurs soucieux non seulement de partager leurs écrits, mais aussi d’aider les autres à progresser. Il s’initie à la poésie, style qu’il maîtrisait moins, et devient très vite un auteur dont la prose séduit plus d’un. Mais toujours en lui subsiste un vide qui grandit de jour en jour. Dans son pays, la vie spirituelle occupe la majeure partie du temps de ses concitoyens; ici, au Québec, la grande noirceur a terni l’image de tout ce qui est en rapport avec le Divin, excepté le divin qui se cache en chaque personne. C’est la quête de cette énergie bienfaitrice pour son âme qui l’incite à revisiter le christianisme, la foi chrétienne l’ayant construit psychologiquement de toute pièce depuis sa tendre enfance.

Avec la redécouverte est venue l’envie de partager, mais aussi l’envie de guérir : Le christianisme est une foi si pure qu’il ne comprend pas comment on a pu l’utiliser pour meurtrir tant d’êtres humains. Son premier essai traite de l’imposture ecclésiastique, celle de ces personnes qui, sensées aider ont détruit. Le deuxième essai, c’est-à-dire le présent ouvrage, présente ce qu’est le christianisme authentique, une foi d’abord destinée à annoncer quelque chose de grandiose…


DU MÊME AUTEUR

DU MÊME AUTEUR

Imposture, pour en finir avec les amalgames

Publié chez Édilivre

Disponible au Québec chez

Renaud-Bray 

Québec Loisirs — Numériques

leslibraires.ca

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Cyrille Simplice Wandji

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Ce qui arrive dans une maison, roman, Joseph C. La Marche, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Ce qui arrive dans une maison

Joseph C. La Marche

ROMAN

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2021, 368 pages.

ISBN 978-2-89612-609-5

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PRÉSENTATION

L’avant-propos du roman signale la mise en marche tardive d’une vocation littéraire et annonce le récit que le narrateur écrit sur sa famille : son père l’illettré tient à se porter garant du patrimoine familial; sa mère éduquée et incessamment présente projette ordre et rectitude morale; ses trois frères sont observés à distance, exception faite de l’un d’eux qui se démarque par la force de son caractère et de ses ambitions; ses sœurs s’effacent à son regard par le cours naturel de la vie, sauf celle la plus proche de lui en âge avec qui il conserve un lien affectif et qui incarnera la grande blessure de la famille. Avec cela, une nièce survient par intermittence sur son parcours, sans parler d’un oncle admirable à ses yeux d’enfant mais taré dans les faits. Cette trame se déroule sous le regard observateur de Lionel qui tout ce temps résiste à l’idée de passer la frontière entre la rêverie et la réalité.


EXTRAIT

EXTRAIT

Avant-propos du narrateur

La maison est un lieu de drame, une scène de théâtre sans public. Les membres de la famille en sont les personnages. À chacun une place. La mienne est d’être benjamin du groupe et chroniqueur de ce qui est arrivé. Une chose à ne pas oublier : un témoignage est parfois fluctuant, évasif, et d’autres fois déterminant, mais il ne raconte pas tout, ce n’est pas l’entier de notre vie que contiennent ces pages, il s’impose un devoir de retenue, de pudeur, devant cette boîte à secrets. Il y aura donc des omissions, des endroits où je ne vais pas, peut-être pour passer sur les choses que je veux ne plus voir et dont je peux presque croire qu’elles appartiennent au monde de la fiction. Seuls les individus qui ont participé au spectacle ou qui sont au plus près de moi, y reconnaîtront les espaces vacants et en seront peut-être déçus ou au contraire reconnaissants. Je suis plein de l’histoire de ma famille, qui est aussi l’histoire de mon enfance et de mon adolescence, et une voix intérieure tenue en réserve pendant tant d’années ose s’identifier et m’appelle à prendre enfin la parole. Ce qui en sortira, ce seront des épisodes de mon passé, ce que j’ai aperçu et retenu, ma vérité à moi, au risque de contredire la pensée et le souvenir des autres membres de la famille.

Lionel Rinfort


auteur

AU SUJET DE L’AUTEUR

Joseph C. La Marche

Joseph C. La Marche a vu le jour et a grandi dans le nord de l’Ontario où il demeure toujours. Il a poursuivi des études universitaires en français et a reçu une formation pédagogique. Il a fait carrière de prof dans l’enseignement secondaire. Parvenu à la retraite, il profite de loisirs tels que le jogging et le yoga. D’aucuns pourraient soumettre qu’il est « vieux jeu », appartenant à un temps révolu, parce qu’il préfère l’intelligence humaine à celle « artificielle », les animaux aux machines, la pâte concrète à la réalité virtuelle. Il prend plaisir à la sensation de tenir un livre papier dans ses mains, sans pour autant s’en prendre aux adeptes de l’espace numérique. Parmi ses lectures de chevet, il tient en estime particulière les géants du roman français du 20e siècle. Il écrit pour son plaisir d’une part, et par nécessité intérieure d’autre part. L’œuvre littéraire qu’il médite et élabore depuis plus de vingt années comporte romans, nouvelles, poèmes. En 2019 a paru chez Fondation littéraire Fleur de Lys son récit allégorique Le loup gris.

Le nom Joseph C. La Marche est un pseudonyme.

DU MÊME AUTEUR

DU MÊME AUTEUR

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Le loup gris
Joseph C. La Marche
Illustrations par Keenan Pilon
Récit allégorique
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2019, 128 pages.
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Joseph C. La Marche
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Lévis, Québec, 2021, 368 pages.
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Les rêves et les songes, preuve de l’immortalité de l’âme, Guillaume Dionne, littérature chrétienne, Fondation littéraire Fleur de Lys

Les rêves et les songes, preuve de l’immortalité de l’âme

Guillaume Dionne

Essai,Littérature chrétienne

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Lévis, Québec, 2021, 19 pages.

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Les rêves et les songes sont la preuve de la Dimension spirituelle de l’être humain et la preuve irréfutable de l’immortalité de l’âme, d’une existence après la mort. Nous sommes en fait nés d’éternité possédant en nous la vie éternelle à travers l’esprit en notre corps qui ne cesse de vivre et qui vit éternellement. Cela jette de fortes présomptions sur l’existence de Dieu, tout cela dans la Bible, la Parole de Dieu. Il y a deux portes vers le monde spirituel. Celle de Jésus-Christ et celle des démons qui ouvre cette porte vers le surnaturel. Cette porte ne se referme jamais, car soit elle mène à la vie éternelle, la lumière en Jésus-Christ ou soit la mort éternelle, les ténèbres par les démons.

Guillaume Dionne


EXTRAIT

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La porte de Jésus-Christ s’ouvre par la Seconde Naissance, que l’on peut aussi appeler un éveil spirituel, tel que décrit dans la Bible. Elle se fait par la foi en Jésus-Christ, Dieu qui habite le cœur du croyant, il y a alors une lumière qui s’ouvre au spirituel, un canal direct avec Dieu. Nous pouvons voir de nos yeux physiques, mais aussi de notre œil spirituel, d’où cette dimension métaphysique de l’être humain. Nous pouvons déterminer la réalité par nos sens dont la vue, mais notre œil spirituel voit la réalité absolue, sans que l’on puisse se fier à ses sens pour déterminer la réalité qui en fait est purement spirituelle.


AU SUJET DE L’AUTEURE

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Guillaume Dionne

De l’église des Évangélistes, semblable aux églises sœurs baptistes fondamentalistes provenant des (Anabaptistes) de l’Église ignorée venant de Christ jusqu’à ce jour. (Frère en Christ). Éphésiens 2 :20


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Parfums de voyage – Tome IV, récit de voyages, Michel Lacroix, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Parfums de voyage – Tome IV

Récit de voyages, Michel Lacroix

Fondation littéraire Fleur de Lys

Lévis, Québec, 2021, 360 pages, illustré

Format 6 X 9 pouces

ISBN 978-2-89612-607-1

Exemplaire papier : 29.95$ (Canada)

Exemplaire numérique : 7.00$


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PRÉSENTATION

PRÉSENTATION

Bienvenue dans ce 4ème Tome de PARFUMS DE VOYAGE.

Vous m’accompagnerez, cette fois, en Amérique du Nord (Labrador, Schefferville, Washington, Virginie,la Pennsylvanie, etc.), en Europe centrale et de l’Est (les Balkans, le Caucase, etc.), en Afrique (Le Congo-Kinshasa, la Zambie) en Asie (la Chine, en Inde, Etchmiadzine.), en Océanie ( l’Australie, la Nouvelle-Zélande, etc.).

Découvrez des pays peu connus comme la Bosnie, le Montenegro,le Kosovo, le Belarus, le Népal, Samoa.


TABLE DES MATIÈRES

PRÉFACE

2001

1.1 Nord-est du Québec et Labrador (3 au 8 juillet)

1.1.1 La Côte-Nord

1.1.2 Le Labrador

1.2 Vermont et New-Hampshire (10 au 13 juillet)

1.2.1 Le Vermont

1.2.2 Le New-Hampshire

1.3 Montréal et Québec (13 au 19 août)

2002

2.1 L’Australie

2.2 La Nouvelle-Zélande

2.3 Samoa occidentales

2.4 Samoa américaines

2003

3.1 Côte-Nord du Québec et Labrador (27 juillet au 4 août)

3.1.1 Côte-Nord

3.1.2 Le Labrador

3.2 Voyage en Zambie (du 31 octobre au 8 novembre)

3.3       Voyage d’immersion en RDC et en Zambie (9 au 24 novembre)

3.3.1 La République démocratique du Congo (RDC)

3.3.2 La République de Zambie

2004

4.1 La Nouvelle-Angleterre (du 25 juin au 12 juillet 2004)

4.1.1 Le Vermont

4.1.2 Le New-Hampshire

4.1.3 Le Maine

4.1.4 Le Massachusetts

4.1.5 Le Rhode Island

4.1.6 Le Connecticut

4.2 Toronto et la Péninsule de Niagara (12 au 17 octobre)

4.3 Mexique et la péninsule du Yucatan (8-16 novembre 2004)

2005

5.1 Excursion en Charlevoix, au Saguenay, Lac St-Jean et Lanaudière (9-16 juillet)

5.2 Voyage dans le Caucase − Azerbaïdjan, Géorgie, Arménie (du 6 au 27 septembre)

5.2.1 L’Azerbaïdjan

5.2.2 La Géorgie

5.2.3 L’Adjarie

5.2.4 L’Arménie

2006

  1. 1 Voyage aux États-Unis: Moyen-Atlantique. (26 mars au 7 avril)

6.1.1 La Pennsylvanie

6.1.2 Le New Jersey

6.1.3 Le Delaware

6.1.4 Le Maryland

6.1.5 District de Columbia − Washington

6.2.1 La Chine

2007

7.1 Voyage en Inde et au Népal (2 novembre au 3 décembre)

7.1.1 L’Inde (3 novembre-3 décembre)

7.1.2 Le Népal

2008

8.1 New York (28 août au 1er septembre)

8.2 Les Balkans (Bosnie-Montenegro-Kosovo- Macédoine-Albanie) (du 9 au 30 septembre)

8.2.1 La Bosnie − Herzégovine

8.2.2 Le Monténégro

8.2.3 Le Kosovo

8.2.4 La Macédoine

8.2.5 L’Albanie

2009

9.1 El Salvador (Observation des élections présidentielles) 10-19 mars 

9.2 États-Unis (du 18 au 30 juillet)

9.2.1 L’État de New York

9.2.2 La Pennsylvanie

9.2.3 Le Maryland

9.2.4 La Virginie occidentale

9.2.5 La Virginie

9.3 La France: Croisière sur le canal du Midi et le canal du Rhône (du 3 septembre au 6 octobre)

9.4 La Corse (20 au 30 septembre)

9.5 La Suisse et Chamonix (1er au 5 octobre)

2010

10.1 Ukraine et Bélarus (9 au 23 septembre)

10.1.1 Ukraine

10.1.2 Lviv

10.1.3 Le Bélarus

10.2     Retour en Ukraine

10.2.1 Kiev

10.2.2 Zaporizhzhia

10.2.3 La Crimée

10.2.4 Yalta

10.3 Moldavie et Roumanie (24 septembre au 11 octobre)

10.3.1 Moldova ou Moldavie

10.3.2 Transnistrie

10.3.3 Gagaouzie

10.3.4 La Roumanie

NOTES FINALES

ALBUM PHOTOS


EXTRAIT

EXTRAIT

PRÉFACE

Les destinations. Lire un livre de Michel Lacroix, c’est découvrir des coins du monde que nous ne verrons probablement jamais de nos propres yeux. Dans ce quatrième volume de la série « Parfums de voyage », nous avons l’occasion de découvrir entre autres : le Labrador et la Nouvelle-Angleterre, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, le Congo et la Zambie, la péninsule du Niagara et celle du Yucatan, la Transcaucasie et les Balkans, l’Inde et le Népal, la Chine et l’Europe de l’Est, l’île de Corse et les îles Samoa… Partout où il nous emmène, Michel nous fait découvrir la géographie naturelle qui caractérise ces régions. Encore plus, il nous révèle l’histoire, la culture, la lumière et les ombres typiques de toute communauté humaine. Ouvrir les pages de ce livre, c’est s’ouvrir au monde.

Les chemins. Un vieux dicton affirme : « L’important n’est pas la destination, mais le chemin. » Ce qui donne du piquant à ce volume, ce sont les récits des chemins parcourus par Michel pour se rendre à destination. On s’amuse avec lui dans les situations rocambolesques, on s’inquiète avec lui lorsque surgissent des obstacles, on s’étonne avec lui devant des comportements incompréhensibles. De fait, les amis de Michel lui disent souvent : « Ça ne pouvait arriver qu’à toi! » Pourtant, ces chemins offrent eux-mêmes des occasions de découverte et d’apprentissages inattendus. On peut lire les guides touristiques pour s’imaginer une destination, mais ce sont les routes parcourues qui nous permettent de véritablement connaître une région, un pays, un peuple.

Les rencontres. Quelqu’un a ajouté au dicton cité plus haut : « … et sur le chemin, l’important, c’est la rencontre. » Voilà peut-être où se trouve l’intérêt fondamental de ce livre : la description des rencontres qu’a vécu Michel avec les gens dans ces divers coins du monde. Il nous découvre des visages humains, tantôt beaux, tantôt moins beaux, toujours intéressants. Ces rencontres ont enrichi Michel, et elles nous enrichissent. Car, en fin de compte, où que l’on soit sur la terre, on rencontre des hommes et des femmes comme nous. On se reconnaît facilement dans leurs espoirs et dans leurs déceptions, dans leurs projets et dans leurs abandons, dans leurs amours et dans leurs préjugés. Oui, l’humain, ça se ressemble. Et c’est toujours attirant, révélateur, intéressant… parce qu’en rencontrant l’autre, on se découvre soi-même.

Pour moi, tout cela reflète un mystère de foi. Oui, je suis promis à une vie éternelle, c’est ma destination. Mais le chemin vers cet au-delà est déjà vivifiant, j’accueille déjà le ciel sur les routes de ma vie. Enfin, sur ces routes, ce sont les rencontres qui font vivre profondément. Ultimement, la vie éternelle n’est-elle pas simplement une rencontre avec le Tout-Autre? C’est là que se noueront toutes les destinations, tous les chemins et toutes les rencontres de nos vies. Que la lecture de ce livre vous en donne un avant-goût!

† Paul-André Durocher
Archevêque de Gatineau


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Parfums de voyage – Tome IV,
Récit de voyages, Michel Lacroix,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2021, 360 pages, illustré.
Format 6 X 9 pouces
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Quelque mot – Paroles et images, Paul Angèle, Fondation littéraire Fleur de Lys

Quelque mot

Quelque mot

Quelque mot

Paroles et images

Paul Angèle

Fondation littéraire Fleur de Lys

Lévis, Québec, 2021

6 X 9 pouces, 166 pages.

ISBN 978-2-89612-606-4

Édition numérique : 7.00$ (PDF)


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PRÉSENTATION

PRÉSENTATION

De 1985 à 1992, l’auteur a peint plus d’une centaine de toiles et fait autant de dessins.

Quelque mot est un recueil de textes − courtes nouvelles, poésies, pensées − qui met en paroles certaines de ces toiles et aussi quelques-uns de ces dessins.

En bref, la motivation à la base de Quelque mot est la suivante :

On peut peindre avec des mots,
Comme on peut écrire
Avec des pinceaux.

TABLE DES MATIÈRES

Brève présentation

Récit pour ma chaise

Les pierres dorment, elles ne meurent pas

Brin d’herbe de mon état

La chambre de Marguerite

Fleur parmi les fleurs parmi les arbres

Croire avec certitude

En paix avec la question

Les molécules de mes doigts de papier

L’attenteLe côté rouge du bleu, the red side of Blues

Avec le temps

L’autre côté du pourcentage

Proches

Des cailloux jusqu’aux étoiles, en passant par les oiseaux

Vibrations

Y a plus de murs, plus de porte

Vienne le jour, vienne la nuit

y = lim (x) x -> ∞

L’arithmétique du voyage

Trois, en dedans

La libération des chevaux

Paisiblement vers l’obscurité

L’entredeux, en un mot

Inachevé

Paul Angèle, brève présentation

Du même auteur

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EXTRAIT

EXTRAIT

Extrait de Récit pour ma chaise

* * *

Il déposa son pinceau.

Son regard quitta la toile.

« Attends…

Je reviens… »

Il se rendit à l’entrée puis,

un instant plus tard, revint,

tête basse,

bière à la main.

« Ce n’était rien.

Je croyais qu’on avait frappé à ma porte

mais il n’en était rien.

Rien ni personne.

Je dois réparer cette sonnerie.

J’aurai moins de doute

si quelqu’un sonne.

Où en étais-je?…

Oui, c’est ça…

Je te disais

qu’il n’y a personne.

Faut-il, pour autant,

que je me taise?

Non.

Il faut parler.

J’ai trop de choses

à raconter.

Dehors

le vent est grand.

Dehors il pleut.

Le son des voitures

sur le pavage mouillé

ressemble,

quand on ferme les yeux,

au son des vagues sur l’océan.

Pourquoi faut-il qu’il pleuve?

On dirait la mer…

On dirait le Fleuve…

Oui,

On dirait le Fleuve…

Mais on ne le dit pas,

Ou du moins pas comme il faut,

parce qu’on ne connaît pas les mots.

Pourquoi se plaindre? …

On peut le peindre… »

* * *


AU SUJET DE L’AUTEURE

AU SUJET DE L’AUTEUR

p.paul-angele.5.1200

PAUL ANGÈLE

Paul Angèle est né à Saint-Paul de Montmagny, petit village des Appalaches, au Québec.

Développeur de logiciels, il est passionné par l’écriture depuis l’adolescence. Il a aussi été fasciné par la peinture pendant plusieurs années : quelque 150 toiles et autant de dessins.

Paul Angèle a participé au Salon du livre de Montréal en 2013 pour sa série de romans Les apprentis détectives (Éditions CEC) et son roman Effe (Éditions Hurtubise).

DU MÊME L’AUTEUR

PAUL ANGÈLE

Les apprentis détectives,
collection de 8 romans pour enfants, Les Éditions CEC, 2010
http://www.editionscec.com/fr/enseignants/primaire/les-apprentis-detectives.html

Effe,
roman, Éditions Hurtubise, 2013
(http://www.editionshurtubise.com/catalogue/2147.html)

Les apprentis détectives,
série Mathématique, collection de 8 romans pour enfants,
Les Éditions CEC, 2015
http://www.editionscec.com/fr/enseignants/primaire/les-apprentis-detectives-mathematique.html

Mémoires de Solfège, tome 1, Le bris du silence,
roman, Fondation Littéraire Fleur de Lys, février 2016
http://www.manuscritdepot.com/a.paul-angele.1.htm

On carburait aux rêves,
roman, Fondation Littéraire Fleur de Lys, août 2016
http://www.manuscritdepot.com/a.paul-angele.2.htm

Le chant de Willem,

roman, Fondation Littéraire Fleur de Lys, août 2016
http://www.manuscritdepot.com/a.paul-angele.3.htm


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PAUL ANGÈLE

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paulangele8@hotmail.com


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L’aquarium fracassé, roman, Miville Morais, Fondation littéraire Fleur de Lys

L’AQUARIUM FRACASSÉ

Roman

MIVILLE MORAIS

Fondation littéraire Fleur de Lys

Lévis, Québec, 2021.

ISBN 978-2-89612-604-0

© Copyright 2021 Miville Morais

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PRÉSENTATION

PRÉSENTATION

La trame de ce roman a pour cadre plusieurs personnages qui vivent dans un univers de passion, de drames et de lyrisme. La thématique couvre une période d’un an dans la vie de Charles Denoncourt, le personnage clé.

Charles, chef d’équipe au SRN, part à la conquête de l’inaccessible Isabelle qu’il réussit à séduire malgré la conduite erratique de la pianiste Hélène, son ex-maitresse, qui ne vit que pour sa musique et sa folie d’être aimée. Celle-ci, abandonnée par son conjoint, se jette à corps perdu dans un délire érotomaniaque et le harcèle jusqu’à sa vengeance diabolique.

Patrick, le fils de Charles, utilisé à son insu par la sulfureuse Daphné Catellier, danseuse nue, cherche à connaître les tenants et aboutissants du drame survenu dans la famille de son amoureuse qui en subit les conséquences jusqu’à la naissance de son bébé Léa qu’elle rejette dans une psychose post-partum. Lors du drame raconté au chapitre cinq, le père de Daphné et l’ami de sa sœur Cynthia, meurent en pleine forêt pendant que Daphné et Cynthia vivent une nuit cauchemardesque.

Pour venir en aide à Daphné, Patrick, accompagné de sa sœur Mélanie et de son copain, partent à la recherche de Cynthia, qui, à la suite de cette terrible tragédie, s’est enfuie aux États-Unis. Grâce à leur débrouillardise, ils réussissent à la retrouver après quelques aventures rocambolesques à Atlantic City.

Après sa rupture avec Stéphane, Karine, la fille unique d’Isabelle, doit faire face à la dure réalité devant le suicide de son ex-ami de cœur. Avec l’aide d’une thérapeute, elle fait un cheminement personnel qui la mène devant un constat troublant, celui de reconnaître un aspect inconnu de sa personnalité.

Claudia, l’employée modèle de Charles au SRN, a le cœur brisé par la conduite de son conjoint Nicolas et doit réfléchir à sa vie personnelle volée en éclats. Lorsqu’ils se retrouvent quelques mois plus tard, le hasard les place au cœur d’une tentative de noyade dans une piscine impliquant une voisine et son garçonnet de dix ans.

En filigrane, vous accompagnez Charles, une espèce de Robin du fisc des temps modernes, dans le monde de la vérification fiscale, un milieu peu connu et qui vous fait découvrir la vie des gens qui y travaillent avec ardeur et dévouement ainsi que de la mission qui les anime de rétablir un certain équilibre social au nom de tous les citoyens.

Cette saga dévoile au lecteur la lutte incessante et les choix douloureux que plusieurs personnages doivent faire quand leur aquarium se fracasse et que leur bonheur éclate en mille morceaux.


EXTRAIT

EXTRAIT

AVANT-PROPOS

Nous vivons tous dans une bulle, baignant dans un liquide amniotique en compagnie de nos proches et des gens qui nous entourent. Le jour où un événement dramatique se produit, l’aquarium se fracasse et fait tout basculer dans le vide.

Pour certaines personnes, c’est l’occasion de mettre le cap vers un nouveau port d’attache. Pour d’autres, c’est la débâcle de leur démence intérieure entraînant dans son sillage son lot de tragédies humaines.

Bonne lecture.

PROLOGUE

Par un dimanche froid de fin novembre, Daphné arpentait seule la Grande Allée dans le Vieux-Québec, jetant des regards tristes autour d’elle. L’air était vif, le soleil bas à l’horizon. Des images tournoyaient dans sa tête et cherchaient un exutoire, un dénouement à un lourd désarroi qui l’étreignait depuis qu’une confirmation de ce qu’elle redoutait s’était concrétisée le matin même. Plus aucun doute, elle était enceinte. Un petit être innocent s’accrochait quelque part au fond de ses entrailles. Elle ne le méritait pas ce bébé. Elle était indigne d’être une maman. Pas de cette façon-là. Comme un automate, le cœur serré, emprisonné dans un étau de remords, elle se dirigea vers la Porte Saint-Louis, longea les édifices du parlement, tourna à gauche et se retrouva devant la fontaine de Tourny. Des gens étaient regroupés tout autour et regardaient, émerveillés les personnages en fonte évoquant l’imaginaire marin. Pour l’instant, ils étaient figés dans le froid, car la fontaine était en hibernation. Les cascades d’eau s’étaient tues et ne reviendraient qu’au printemps. Dos au soleil, elle s’appuya sur un muret en retrait, face à la fontaine sans vie. Ses yeux se mouillèrent. Exactement comme ce monument grandiose, sa vie s’était pétrifiée depuis plus de deux ans sur une voie sans issue quand les parois de son univers s’étaient fracassées lors d’un terrible drame survenu à la suite d’une chaîne d’événements qu’elle avait elle-même initiée.

Avant, c’était l’insouciance et l’innocence de ses vingt ans. Son quotidien d’alors ressemblait à ce geyser à ciel ouvert en pleine action avec des arabesques d’eau qui jaillissaient de partout et s’élançaient joyeusement dans le vide.

Elle devait prendre une décision et vite, car elle sentait qu’elle était à la dérive, sans gouvernail dans une mer d’incertitudes. Il lui fallait d’abord se débarrasser de cet enfant, mais quelque chose au fond d’elle-même la poussait à lui accorder un bref sursis. Pourquoi ne pas faire un vœu et tirer une pièce de monnaie dans ce bassin, comme le voulait la coutume à Rome devant la fontaine de Trévi? Pourquoi cela ne marcherait-il pas ici avec un objet quelconque? L’important, c’était de ne pas regarder l’endroit où il allait choir. L’eau qui ne jaillissait pas n’avait aucune importance. La chance n’était certainement pas réfractaire à la neige.

Un homme passa et la remarqua. Qu’elle était belle et pathétique cette jeune femme solitaire tout en pleurs! Elle dégageait tellement de chagrin qu’il aurait voulu aller vers elle et partager sa peine. Il continua son chemin en se retournant vers elle, le cœur gros.

Daphné fit glisser sur ses épaules les cordons de son sac à dos et fouilla à l’aveugle pour trouver un petit objet, n’importe quoi. Elle saisit quelque chose au bout de ses doigts, c’était une épinglette représentant un sapin de Noël multicolore qu’on lui avait remise à la suite d’un don pour une association caritative du temps des Fêtes. Elle se leva, fixa un instant ce petit bout de plastique, s’approcha lentement et tout en marchant, sans y jeter le moindre regard, d’un geste rapide, elle lança cet insigne dans le bassin tapissé de flocons blancs.

Confiante, mais complètement désemparée, elle accéléra le pas et retourna vers sa vie en pointillé…


AU SUJET DE L’AUTEURE

AU SUJET DE L’AUTEUR

MIVILLE MORAIS

Vous êtes ce que ce que vous lisez, ai-je souvent lu au cours de mes lectures. À l’âge de 10 ans, j’ai découvert le prodigieux pouvoir des mots et c’est là qu’est né mon amour inconditionnel de la langue française et de la lecture.

Pendant mon adolescence au collège classique, j’avais commencé à écrire un roman que je n’ai jamais terminé. Quelques années plus tard, à la fin de mes études universitaires en comptabilité, j’ai relu ces pages que je me suis empressé de les détruire en me disant de le faire quand j’aurai des choses intéressantes à raconter. Et la vie a suivi son cours, amour, famille, travail, loisirs. Après l’obtention de mon titre comptable, j’ai débuté ma carrière dans le domaine de la vérification fiscale et j’y ai passé 35 années de ma vie professionnelle, ce qui m’a permis de voyager à travers le Québec et le Canada, même aux États-Unis. J’ai ensuite occupé des postes de coordonnateur à quelques services spécialisés et terminer ma carrière comme chef d’équipe. À 60 ans, j’ai quitté ce milieu passionnant et reprit un autre rêve là où je l’avais laissé, écrire mon premier roman et l’amener cette fois-ci à terme.

Durant mes années de travail, je n’ai jamais cessé de nourrir mon projet d’écriture pour qu’un jour j’aie la détermination de concrétiser ces intriques et ces personnages qui m’obsédaient le soir avant le sommeil comme des avatars dans un monde virtuel. Il me fallait aussi, j’en étais bien conscient tout de même, avoir le talent nécessaire.

Aujourd’hui je suis septuagénaire. J’ai été marié, j’ai trois fils et trois belles-filles qui m’ont enrichi de 6 petits-enfants stimulants pour un grand-papa amoureux de la vie.

À la retraite, lorsque j’ai commencé péniblement à les faire jaillir au bout de mes doigts sur le clavier de mon portatif comme des étincelles de rêves, de cauchemars et d’espoir de vie meilleure, j’ai été rempli d’une grande joie et de beaucoup d’appréhension devant l’énormité de la tâche de convertir en mots les scènes qui surgissaient dans mon imaginaire.

J’espère seulement que vous aurez un intérêt et du plaisir à me lire. Merci.

Miville Morais

31 mars 2021


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Charles Perrault revisité, Nouvelle édition ─ 2021, Essai ─ Étude, Gérard Gélinas, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Charles Perrault revisité

Nouvelle édition ─ 2021

Essai ─ Étude

Gérard Gélinas

Fondation littéraire Fleur de Lys

Lévis, Québec, 2021, 1020 pages.

ISBN 978-2-89612-603-3

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PRÉSENTATION

PRÉSENTATION

Qui ne se souvient de la Belle au bois dormant ou du Chat botté ? Le but de cette recherche est d’identifier le sens des huit contes en prose attribués à Charles Perrault sur lequel les critiques ne s’entendent pas. Pour ce faire, l’auteur s’est d’abord penché sur le dossier Perrault dans son ensemble pour repérer, à la lumière des données les plus récentes, les éléments qu’il fallait corriger et ajouter. Le résultat de ce long travail de révision (qui s’adonne à l’analyse détaillée de la biographie de Perrault, notamment en regard de ses trois contes en vers) fait voir que les pistes traditionnelles pour aborder les contes en prose ne sont pas assez solides pour interdire la proposition d’une nouvelle grille de lecture qui tient compte de facteurs qui ont été jusqu’ici généralement négligés et qui, selon les critères courants pour comparer des hypothèses rivales (simplicité, cohérence, pouvoir d’explication, etc.), rend mieux compte que ses concurrentes de toutes les données actuellement disponibles dans cette affaire. Le sous-titre de cet ouvrage pourrait donc être : La révision du dossier Charles Perrault.

TABLE DES MATIÈRES

PPRÉSENTATION 3

AU SUJET DE L’AUTEUR 4

PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION 5

Un cas de « sommeil dogmatique »? 24

Perrault aujourd’hui 72

Un long début de carrière 82

L’élection à l’Académie française 105

Un commis surchargé 105

Rappel des événements 107

La position de Perrault à l’Académie 110

Annexe : La Peinture 114

Le manuscrit de 1673 145

Un commis épuisé et rumeurs de disgrâce de Colbert ? 145

Louvois et la guerre de Hollande 148

Le changement d’attitude de Colbert 152

De la critique de l’opéra à la louange du siècle de Louis XIV 176

Perrault à la défense du livret de Quinault 180

L’énonciation de la thèse de la supériorité des Modernes 183

Le recueil de 1675 – 1676 204

Les circonstances de publication 204

Le Labyrinthe de Versailles 206

Le prince de Conti et Le Laboureur 215

La deuxième édition de 1676 218

La Querelle des inscriptions 220

Effets de l’ouvrage de Perrault sur sa carrière 223

La fin aux bâtiments 247

L’éloignement face à Colbert 247

La naissance du duc de Bourgogne 249

Autres œuvres de circonstance 250

La séance du 27 janvier 1687 à l’Académie française 260

La fistule de Louis XIV et la célébration de sa guérison 260

L’éclat de Boileau 263

La Fontaine et son Épître à Huet 268

La constitution des partis 270

Suites du siècle de Louis Le Grand 300

Fontenelle : la Digression sur les Anciens et les modernes

et sa candidature à l’Académie 303

La Digression sur les Anciens et les Modernes 305

La réaction de Perrault 308

Les contes en vers 338

Le cadre de la Griselidis de Perrault 338

Le Lettre à M*** en lui envoyant Griselidis 340

Le marquis de Salusses 343

Griselidis 348

Le faux message de la bibliothèque bleue 354

Mlle L’Héritier et la louange de Griselidis 356

Griselidis et la doctrine de l’honnêteté 359

Vérification de notre grille de lecture 360

L’éloquence, le roman et la nouvelle

selon le deuxième tome du Parallèle 364

La deuxième édition de Griselidis accompagnée

du conte de Peau d’Âne 373

Les Souhaits ridicules et la famine de l’hiver 1693 379

Le recueil des trois contes en vers 386

Conclusion 387

Annexe 1 L’obéissance des épouses

selon le Mesnagier de Paris 390

Annexe 2 Les pièges de la préface des contes en vers 392

Annexe 3 Perrault et la doctrine des essences 398

Annexe 4 Examen des hypothèses rivales sur Griselidis 405

La « réconciliation » entre Boileau et Perrault 565

L’intervention d’Arnauld 565

La présentation du Dictionnaire de l’Académie française 573

Les contes en prose 601

Un recueil de « contes de ma mère l’Oye » 602

Titres absurdes 603

Inversions 607

Dissonances 612

Déception des attentes des lecteurs 614

Vides dans les récits 615

Vignettes absurdes 616

Recoupements avec l’Antiquité 617

Récits à contre-courant des mœurs 618

Recoupement de la fiction et de la réalité 620

Inversion d’événements historiques 622

Impossibilités 623

Flottements 624

Illogisme 626

Récits porteurs d’une « morale très sensée »? 628

La dénaturation des contes en prose par les éditeurs 639

Un jeu de salon 646

Discussion des hypothèses rivales 649

Le succès des contes en prose par les conversations

qu’ils génèrent ? 657

L’auteur du recueil 675

Pourquoi Mademoiselle? 683

La dédicace du recueil 704

Extension de notre hypothèse 711

Conclusion 715

Annexe 1 La rivalité entre Perrault et La Fontaine 723

Annexe 2 L’humiliation de l’époux de Mademoiselle 731

Annexe 3 Les hommes illustres 733

Annexe 4 Le fils Perrault 737

Annexe 5 L’abbé de Choisy et Le Petit Chaperon Rouge 748

Annexe 6 Les deux versions des Fées et de Riquet 754

Annexe 7 Les textes du manuscrit de 1695 et de l’édition Barbin 760

Quelle statue pour Charles Perrault ? 994

ÉDITON ÉCOLOGIQUE 1018

ACHEVÉ D’IMPRIMER 1019


EXTRAIT

EXTRAIT

Préface de la deuxième édition – 2021

Ce volume est paru il y a deux ans. Par après, j’ai eu d’autres occupations et j’ai délaissé le dossier Perrault. En révisant mon texte pour cette seconde édition, j’ai tenu compte, lorsque j’ai pu les consulter (pandémie de covid-19 oblige), des documents qu’une recherche sommaire m’a permis d’identifier; l’un d’entre eux sera discuté à la fin de cette préface.

Le présent état du texte diffère peu de la version précédente, sauf que beaucoup de coquilles ont été corrigées et que des réserves ont été apportées à certaines de mes affirmations; des erreurs qui m’ont été rapportées ont été corrigées, mais j’ai aussi renforcé certains de mes arguments.

Après m’être relu, les propositions suivantes me semblent toujours assez solides pour mériter le statut d’hypothèses susceptibles d’engager des pistes de travail fécondes :

—      Le contenu des notes extensives de l’introduction indique que la réception contemporaine des contes attribués à Perrault est l’aboutissement de luttes idéologiques profondes dont doit prendre conscience celui qui cherche à aborder cette œuvre plus prudemment.[i]

—      À l’égal de bien des cadets de son époque, Perrault ne semble pas avoir eu lui-même de plan de carrière. Celle-ci s’est tardivement édifiée peu à peu suite surtout à des interventions externes.

—      Tout laisse croire qu’à la suite, d’une part, du poids écrasant de ses tâches que Colbert ne cessait d’augmenter et, d’autre part, de l’issue incertaine de la rivalité de ce même Colbert avec Louvois, Perrault songea à quitter les Bâtiments et qu’il fit plusieurs tentatives, par le biais de sa production littéraire, pour y parvenir.

—      Après la mort de Colbert, Perrault ne conserva que son poste à l’Aca­démie française où il chercha à se faire un nom par le biais de ses œuvres (notamment en s’essayant à l’épopée où, selon l’opinion générale, tous avaient échoué en France) et en se faisant le chef des Modernes dont il entreprit de défendre la cause en relançant la Querelle des Anciens et des Modernes. Il serait donc pertinent de revenir sur son Saint Paulin et son Adam que l’histoire littéraire a négligés.

—      Griselidis est une œuvre expérimentale par laquelle l’un des objectifs de Perrault est d’obtenir du public (comme le montre la «Lettre à M***» qui l’accompagne) les règles de la «nouvelle» qui n’avaient pas encore été fixées -ce qui, une fois fait, lui aurait permis de voir, parmi celles qui avaient été produites (notamment par des femmes), si le siècle de Louis XIV avait déjà atteint l’excellence dans ce domaine -ce qui aurait été l’occasion pour lui de louer les talents naturels des femmes et de reconnaître ainsi à ses alliées le droit de parole que leur refusaient en général les adeptes des Anciens dans les débats littéraires.

—      Peau d’Âne est un piège : au plus fort de son conflit avec Boileau, Perrault offre une proie facile à son ennemi et espère que les adeptes de Anciens vont enfin mettre fin à leur conspiration du silence en attaquant son conte. Il pourra ensuite retourner contre des œuvres des Anciens ce qui aura été reproché à son texte ─ deuxième objectif qu’avait également Griselidis. La préface des contes en vers est une provocation qui tente d’exciter un peu plus ses opposants.

—      Les Souhaits ridicules publiés au moment où la grande famine de l’hiver 1693-1694 sévissait visent à exonérer le roi de l’ampleur du désastre en laissant entendre que le peuple qui n’est pas capable de se guider par lui-même ne fait qu’empirer les choses par ses initiatives à courte vue. Médailles, devises et gravures ne cessaient de répéter la thèse selon laquelle le jeune Louis XIV avait bien réussi à maîtriser la famine de l’Avènement (1661-1662) grâce aux mesures qu’il avait réussi à faire appliquer. La population était beaucoup moins docile lors de cette deuxième grande famine, de sorte que les mesures prises par le roi n’avaient pas aussi bien réussi suite aux actions spontanées du peuple.

—      Après sa «réconciliation» de surface avec Boileau, Perrault semble avoir peu à peu renoncé à ses attitudes vindicatives antérieures ─ ce qui rend moins plausible l’approche des contes en prose comme un nouveau chapitre dans la Querelle des Anciens et des Modernes.

Aujourd’hui, la façon la plus courante de lire les «Contes de Perrault» est sans doute de le faire en son privé comme on s’y adonne pour un journal ou de les réciter avec ses enfants en les accompagnant de nos commentaires, digressions et remarques après quoi, lorsque leurs séquences répétées de «Pourquoi?» embarrassants nous poussent dans nos derniers retranchements, on peut toujours leur répliquer : « Tu sais, il s’agit de très vieilles histoires; beaucoup de choses qui s’y passent ne se font heureusement plus aujour­d’hui » ou encore : « Ceci est un mensonge qu’a introduit ici l’auteur pour laisser l’occasion aux enfants intelligents comme toi de s’en rendre compte ».

Il est probable que les choses ne se passèrent pas de cette manière avec Mademoiselle à qui le recueil fut dédié. Elle avait 19 ans en 1695 et n’était donc plus une enfant. Il se peut qu’elle ait lu les contes en prose en son privé ou se les ait fait lire par son lecteur attitré, mais si on situe l’ouvrage dans la sociabilité des salons où l’activité la plus appréciée était la pratique de la conversation, voici comment les choses ont dû se passer pour assurer le maximum de plaisir à l’intéressée.

Dans le chapitre sur les contes en prose, nous allons exposer en détails les modalités de la conversation à la fin du XVIIe siècle où étaient prisés les railleries fines, les bons mots, les anecdotes, etc. en autant qu’y régnait d’abord l’improvisation et la spontanéité qui permettaient de confirmer, en acte et sur le vif, les qualités des participants. Puisque la nièce de Louis XIV allait être la dédicataire du recueil des contes en prose, leur contenu doit d’abord être abordé en fonction de ses préoccupations dont les deux princi­pales étaient son mariage qui tardait et la préservation de son titre d’altesse royale dans un environnement fin de siècle en train de se dégrader. Tout comme les thuriféraires de Louis XIV clamaient hyperboliquement que le Roi-Soleil faisait mieux que ce que les fables antiques attribuaient aux  Dieux païens ou aux grands hommes comme Auguste et César, se pourrait-il que cette nièce du roi alimentée par les observations acerbes de sa mère ait estimé que, en fait d’absurdités, le Grand règne déclinant faisait pire, ici et là, que ce que des contes de ma mère l’Oye pouvaient imaginer en aberrations et qu’ils seraient ainsi aptes à refléter la réalité pour qui serait capable de les décrypter au cours de conversations enjouées, d’où ce caractère de dérision qui traverse tout le recueil?[ii] Comme nous le verrons, le biographe de la nièce de Louis XIV prétend que cette dernière était très vive d’esprit et qu’elle allait parfois trop loin pour en faire un défaut chez elle.

Dans ces conditions, on peut envisager que les contes en prose sont, à la demande de Mademoiselle, de la composition de certains de ses salonniers, car il était courant de faire venir dans les salons des hommes (et des femmes) de lettres pour les égayer. Après coup, Mademoiselle (ou ceux qui avaient composé les contes à sa demande) aura souhaité que les récits présentés dans son salon soient rassemblés dans un recueil. Pour ce faire, le fils Perrault fut sollicité puisque Mlle L’Héritier avait fait savoir qu’il était habile pour traduire en style naïf les textes d’autrui -style convenant tout à fait pour des contes parodiant ceux des nourrices. De là serait né le manuscrit de 1695 à partir du premier jet retravaillé du fils Perrault. Après avoir fait publier dans le Mercure galant le premier conte du recueil sous un prête-nom (en le modifiant en conformité avec les pratiques de la revue) pour tester la réaction du public, Mademoiselle décida que le recueil enrichi de trois autres contes pouvait sans danger être publié en le lui dédiant officiellement -heureuse que lui soit enfin adressé un livre, alors qu’elle se sentait délaissée, comparativement aux autres membres de la famille du roi, d’où sa décision de faire publier la version la moins bien réussie des contes et de produire des vignettes peu soignées pour bien manifester en riant, par le biais de ces histoires à dormir debout (contes de ma mère l’Oye), le sentiment d’absur­dité qu’elle éprouvait, mais qui lui avaient permis de briller et de se valoriser lors des conversations qu’ils avaient générées dans son salon.

Ce n’est qu’après avoir terminé le présent volume que je suis tombé par hasard sur le texte d’une conférence sur le blog de Tony Gheeraert qui contient déjà en germe l’hypothèse que Mademoiselle a été «complice» dans cette affaire, sans que soit cependant donné plus de détails sur cette inter­vention de sa part. La priorité de cette piste de travail lui revient donc.[iii]

Un autre document doit être mentionné ici : dans un article mis en ligne au mois d’octobre 2018 et intitulé « Charles Perrault : Histoires ou contes du temps passé avec des moralités (1695-1697), Genèse éditoriale », M. Cyrille François déclare que « le recueil est parfois attribué à Pierre Perrault Darmancour », mais que, « selon l’opinion la plus commune pourtant, l’œuvre serait de Charles Perrault, déjà auteur de quelques contes en vers, ou du moins, le père aurait-il finalisé un travail commencé par le fils. Les compa­raisons présentées ici dévoilent des éléments en faveur de cette hypothèse ». Sans que la chose soit explicitement énoncée, le raisonnement de M. François semble le suivant : dans la mesure où le texte imprimé par Barbin est supé­rieur à celui du manuscrit de 1695, le  père aurait retravaillé en 1697 ce que le fils avait produit deux ans plus tôt.

Après avoir comparé les deux textes, M. François note que « la majorité des transformations entre 1695 et 1697 touche au style des contes et vont dans le sens d’un travail de réécriture visant à atteindre ce style ‘d’une propreté exquise, net, limpide, lumineux’ qu’admirait Gustave Lanson parce qu’il ne s’agit pas d’’un style d’artiste’.[iv] Cette recherche de concision passe par la suppression d’éléments sans doute jugés superflus. Il peut s’agir de certaines précisions qui ne sont pas indispensables à la compréhension de l’histoire. Ainsi dans ‘Les Fées’ : ‘C estoit la mesme fee qui avoit apparu a sa sœur sous l’habit d’une pauvre femme’; ‘cette fille […] ne croyant pas que ce fut la la feé luy dit’; ‘car il faut que chacun soit traité selon son mérite’. […] En parallèle, quelques ajouts viennent souligner des aspects importants de l’histoire ou apporter des commentaires ironiques ».

Commençons par noter que l’éloge de Gustave Lanson sur le style des contes en prose attribués à Perrault porte sur le début du conte Cendrillon dont il n’y a pas de version dans la manuscrit de 1695 et qui fut probable­ment composé par après puisqu’il n’y figure pas.[v] Regardons ensuite les éléments de preuve qu’apporte M. François pour soutenir sa thèse et revenons aux exemples qu’il a pris dans le conte Les Fées où les passages qu’il a mis en gras (et qu’on ne trouve pas dans le texte imprimé par Barbin) seraient, selon lui, des éléments «jugés superflus» en tant que «précisions qui ne sont pas indispensables à la compréhension de l’histoire». Replaçons donc ces extraits dans leur contexte en rapportant le texte où ils se trouvent dans la version de 1695 et dans celle de 1697.

Pour la version de 1695, je redonne la transcription de Jacques Barchilon qui a édité le manuscrit de 1695 :

Elle ne fut pas plustost arriuée a la fontaine, qu’elle vit sortir du bois une dame magnifiquement vestüe qui vint luy demander a boire C estoit la mesme fee qui auoit apparu a sa soeur sous l’habit d’une pauuvre femme mais qui auoit pris la forme d’une Princesse pour voir iusque ou iroit la brutalité de cette fille, qui ne croyant pas que ce fut la la feé dit en grommelant est ce que ie suis venüe icy pour vo. donner a boire? justement on aura apporté un flacon d’argent pour donner a boire a Madame je suis de cet auis, beuuez a mesme si vous voulez vous n’estes guere honneste Mademoiselle luy repondit la feé. Je suis ce que ie suis reprit la brutale et ce n’est pas a vo a me reprimander. Et bien Mademoiselle reprit la feé sans se mettre en colère puis que vous estes si peu ciuile je vous donne pour don (car il faut que chacun soit traité selon son merite, qu’a chaque parole que vous direz il vous sortira de la bouche une couleuure, une grenoüille ou un crapau.

Texte de la deuxième édition Barbin (1697) qui ici est identique à la première sauf pour le mot «même» qui était deux fois écrit «mesme» et «jusqu’où» qui était écrit «jusque où» :

Elle ne fut pas pluftoft arrivée à la fontaine qu’elle vit fortir du bois une Dame magnifiquement veftuë qui vint luy demander à boire, c’eftoit la même Fée qui avoit apparu à fa foeur, mais qui avoit pris l’air & les habits d’une Princesse, pour voir jufqu’où irait la malhon­nefteté de cette fille. Eft-ce que je fuis icy venuë, luy dit cette brutale orgueileufe, pour vous donner à boire, justement j’ai apporté un Flacon d’argent tout exprès pour donner à boire à Madame? J’en fuis d’avis, beuvez à même fi vous voulez. Vous n’eftes guere honnefte, reprit la Fee, fans fe mettre en colère : & bien, puifque vous eftes fi peu obligeante, je vous donne pour don, qu’à chaque parole que vous direz, il vous fortira de la bouche ou un ferpent ou un crapau.

Les deux versions disent que la fée était «magnifiquement vêtue». La version de 1695 ne parle plus de ses habits, mais déclare que cette fée avait pris «la forme d’une Princesse», alors que l’édition Barbin redouble la référence aux habits en disant que la fée «avait pris l’air et les habits d’une Princesse». Est-ce que cette dernière formulation va dans le sens de la «concision» par élimination du «superflu»? Par ailleurs, le manuscrit de 1695 ayant d’abord noté que la fée s’était manifestée à sa sœur sous l’apparence d’une pauvre femme, explique, par parallélisme, qu’en présence de la personne ressemblant à une princesse, Fanchon ne crut pas qu’il s’agissait de la même fée. Christine Noille a montré (et nous y reviendrons plus en détails dans le présent volume) que l’entreprise de justifier ce qu’affirment les récits est une caractéristique fondamentale des contes en prose attribués à Perrault.[vi] C’est ce qui est fait ici dans Les Fées en expliquant pourquoi Fanchon se comporte comme elle le fait avec cette inconnue. La même activité de justification est présente dans le manuscrit de 1695 (mais pas dans l’édition Barbin) sur la raison pour laquelle la fée punit son interlocutrice («il faut que chacun soit traité selon son mérite»). Quand on se penche sur d’autres variantes de ce conte entre le manuscrit de 1695 et le texte de 1697, on constate qu’un très grand nombre d’entre elles concer­nent cette entreprise de justification ignorée dans l’édition Barbin :

-Fanchon qui, ayant été décrite au début du conte comme étant «hautaine», dit pourquoi elle ne veut pas aller à la fontaine : «Il me ferait beau voir répondit la brutale aller à la fontaine avec une cruche à mon bras ou sur ma tête». Fanchon ne veut donc pas être vue par autrui comme étant une domestique. Le manuscrit de 1695 renforce d’ailleurs deux fois ce trait de caractère chez elle en notant (non pas comme dans l’édition Barbin où il est dit qu’«elle prit le plus beau flacon d’argent qui fut dans le logis») qu’elle s’était fait donner ce flacon (comme si le fait de le prendre elle-même était une tâche avilissante). Même chose plus loin : dans la version Barbin, Fanchon avoue à la princesse que c’est elle qui a apporté le flacon («justement j’ai apporté un flacon d’argent tout exprès pour donner à boire à Madame»), alors que, dans le manuscrit de 1695, elle s’exclut de cette tâche manuelle : «justement on aura apporté un flacon d’argent pour donner à boire à Madame».

─  le manuscrit explique pourquoi la mère est si empressée de savoir ce qui s’est produit avec Fanchon à la fontaine : « D’abord que sa Mère l’aperçut revenant de la fontaine, elle courut au-devant d’elle pour voir si elle avait été aussi heureuse que sa sœur. Et bien ma fille lui cria-t-elle». La version Barbin est beaucoup moins vivante : »D’abord que sa mère l’aperçut, elle lui cria : Hé bien ma fille!».

─  le manuscrit de 1695 rapporte que le fils du roi s’était égaré et, s’étant approché de l’héroïne en lui demandant pourquoi elle pleurait, celle-ci lui répondit : «hélas monsieur dit-elle car elle ne savait pas que ce fut le fils du Roi, je suis une pauvre malheureuse que sa mère a chassée de chez elle». Le conte prétend être au service de l’honnêteté et des douces paroles, alors que l’héroïne fait ici un impair en appelant «Monsieur» le fils du roi. Il faut donc trouver une cause à l’erreur de la fille (à savoir qu’«elle ne savait pas que ce fut le fils du Roi» -passage absent de l’édition Barbin), sinon elle pourrait passer aux yeux du fils du roi pour une malpolie que sa mère a sans doute eu raison de chasser du logis. Cette ignorance est tout à fait crédible si le fils du roi s’était «égaré», comme l’affirme le manuscrit de 1695, mais le haut rang du nouveau venu devait être évident si le fils du roi «revenait de la chasse» (avec toute sa suite) comme l’affirme l’édition Barbin. Par ailleurs, le manuscrit de 1695 fait pleurer l’héroïne avant que le fils du roi, à qui elle «paraissait si affligée», lui demande pour­quoi elle le faisait. Enfin, nous sommes dans un contes de fées; or, dans ce type de récits, les personnages sont habitués au merveilleux (par exemple, personne ne s’étonne de voir, dans la Belle au bois dormant, la fée «arriver dans un chariot de feu traîné par des dragons»); dès lors qu’y a-t-il de si étonnant pour le fils du roi dans le fait que l’héroïne crache des diamants et des perles? La justification apportée par le manuscrit de 1695 est qu’il s’agissait d’une «merveille dont on n’avait jamais ouï parler» et que c’est pour cette raison qu’il «la pria de lui dire d’où venait cette merveille».

─  le manuscrit de 1695 nous précise quel fut le point de rupture qui fit que cette mère qui «n’aimait que sa propre fille» bien qu’elle soit, comme elle, «très hautaine et très fâcheuse» en vint finalement à la rejeter : «elle se fit tellement haïr et regarder avec horreur à cause des vilaines bêtes qui lui sortaient de sa bouche toutes les fois qu’elle parlait que sa propre mère ne pouvait la souffrir et la chassa honteusement»; l’édition Barbin se contente de dire qu’«elle se fit tant haïr, que sa propre mère la chassa de chez elle» sans qu’on sache si c’est parce que le mauvais caractère de Fanchon avait empiré suite au beau mariage de sa soeur ou à cause qu’elle crachait de vilaines bêtes. Le manuscrit de 1695 lève de façon «nette et limpide» cette ambiguïté qui aurait pu agacer M. Lanson. Ce souci du détail n’est-il pas d’ailleurs tout à fait pertinent dans un recueil qui prétend s’adresser à des enfants encore dépourvus de raison pour les former?

L’extrait de Cendrillon que cite Lanson contient la longue description des sévices que subit l’héroïne, mais cette énumération était précédée de la raison pour laquelle sa belle-mère agissait de la sorte : «elle ne put souffrir les bonnes qualités de cette jeune enfant, qui rendaient ses filles encore plus haïssables».[vii] On y trouve également l’explication indirecte du comportement étrange de ce gentilhomme ayant vécu avec une femme douce et bonne de qui il eut une fille de même nature et qui, une fois veuf, épouse éton­namment une femme hautaine et fière ayant deux filles à son image; le texte laisse entendre que cette veuve avait bien caché son jeu avant de se marier avec ce noble : «les noces ne furent pas plus tôt faites, que la belle-mère fit éclater sa mauvaise humeur». La citation de Lanson contient elle-même quatre justifications : on apprend pourquoi Cendrillon ne se plaignait pas à son père et pourquoi son père l’aurait grondée si elle l’avait fait : «La pauvre fille souffrait tout avec patience, et n’osait s’en plaindre à son père qui l’aurait grondée, parce que sa femme le gouvernait entièrement». De plus, on apprend la raison pour laquelle elle était communément appelée Cucendron dans le logis : c’est parce que, «lorsqu’elle avait fait son ouvrage, elle s’allait mettre au coin de la cheminée, et s’asseoir dans les cendres», mais on apprend également pourquoi une de ses demi-sœurs ne lui attribuait pas ce nom : «la cadette, qui n’était pas si malhonnête que son aînée, l’appelait Cendrillon». Sont-ce de telles précisions qui contribuent à ce style «’net, limpide, lumineux’ qu’admirait tant Gustave Lanson» dont se sont enrichies à plusieurs reprises Les Fées dans le manuscrit de 1695? Dans ce contexte, n’est-ce pas une qualité du manuscrit de 1695 de préciser que le prince et l’héroïne se sont mariés «peu de jours après» qu’elle fut présentée au roi -ce qui montre que le charme de la nouvelle venue sur le roi fut rapide, alors que l’indétermination sur le moment de leur mariage dans l’édition Barbin ne met pas bien en relief la puissance attribuée aux richesses et aux douces paroles qui sont de véritables fées, selon la moralité du conte en lien avec son titre, qui ouvriraient toutes les portes? À l’inverse l’indétermination dans le manuscrit de 1695 sur le sort de Fanchon après avoir été chassée de chez sa mère («on dit qu’elle alla mourir malheureu­sement au coin d’un buisson»), n’est-elle pas préférable à l’affirmation de l’édition Barbin à l’effet qu’«elle alla mourir au coin d’un bois», car quelqu’un qui, comme M. Lanson, aime la netteté et la limpidité, pourrait être à nouveau agacé en se demandant : comment le narrateur peut-il savoir ce qu’il est réellement arrivé à cette fille et, s’il a été témoin direct de sa détresse, pourquoi ne lui est-il pas venu en aide et a-t-il agi comme tous ceux qui la rejetèrent («après avoir bien couru sans trouver personne qui voulût la recevoir») puisqu’il se présente comme un guide moral (porteur de la doctrine chrétienne, ajou­teraient Soriano et Zuber)? De plus, n’était-il pas pertinent que nous soit donné dans le récit un exemple de la «brutalité» (manuscrit de 1695) ou de la «méchanceté» (édition Barbin) de Fanchon? C’est ce que fait clairement le manuscrit de 1695 : « Vous n’êtes guère honnête Mademoiselle, lui répondit la fée [après s’est fait dire par Fanchon qu’elle pouvait boire toute seule à la fontaine]. Je suis ce que je suis reprit la brutale et ce n’est pas à vous de me réprimander ». Dans la société d’ordres de l’Ancien régime, pouvait-on ainsi parler à une dame qui était, apparemment, une princesse? Voilà une bonne grosse faute dont la punition exemplaire allait de soi selon les mœurs de l’époque.

Ajoutons encore que si, selon M. François, l’ajout de commentaires ironiques est une qualité, la version des Fées du manuscrit de 1695 en contient un qu’ignore l’édition Barbin : quand Fanchon revient de la fontaine et que sa mère accourt en lui demandant : «Et bien ma fille», celle-ci lui réplique sur un ton narquois : « Et bien ma mère? répondit la fille mal apprise en jetant par la bouche deux couleuvres et deux crapauds il était bien nécessaire de m’envoyer si loin, et alors autres crapauds, autres couleuvres ».

Alors que M. François salue ce que l’édition Barbin ne retient pas du manuscrit de 1695, mais qui m’a semblé tout  fait pertinent, il se sert à nouveau de la distinction entre le nécessaire et le superflu pour goûter ce que l’édition Barbin ajoute au manuscrit de 1695 : par exemple, l’indication de la précision que les femmes mortes que la nouvelle épouse de Barbe bleue voit dans le petit cabinet interdit sont celles qu’il avait autrefois mariées, puis égorgées. De même, M. François apprécie la raison pour laquelle la clef qui était fée ne pouvait être nettoyée : « quand on ôtait le sang d’un côté, il revenait de l’autre ». Il aime également une précision qui met mieux en relief le côté rusé du Chat botté : après avoir entendu son maître déclarer que, quand il sera à bout de ressources, il mangerait son chat et ferait un manchon de sa peau, l’animal fit semblant de n’avoir rien entendu et dit à son maître « d’un air posé et sérieux, ne vous affligez point ». Enfin, M. François salue la deuxième raison avancée dans l’édition Barbin pour expliquer pourquoi la fille du roi «devint amoureuse à la folie» du fils du meunier : outre la mention dans les deux versions que les nouveaux habits qu’il venait de recevoir avaient rehaussé le fait qu’il «était beau et bien fait de sa personne [très bien fait de sa personne, dit le manuscrit de 1695] », l’édition Barbin ajoute l’initiative du fils du meunier de jeter « deux ou trois regards fort respectueux, et un peu tendres » à la fille du roi. On notera cependant que cette initiative du fils du meunier ne cadre pas du tout avec le caractère complètement passif du personnage dans le récit, pas plus qu’avec la deuxième moralité du conte qui se limite à souligner ce que « l’habit, la mine et la jeunesse » sont capables de faire pour se faire « regarder avec des yeux mourans ».

Le manuscrit de 1695 et le texte publié par Barbin ont, sur la question des justifications fournies par l’auteur aux déclarations de la conteuse, des mouvements parfois opposés : une version en contient plus à un endroit, alors que c’est l’autre version qui est supérieure sur ce point à un autre endroit mais, pour le conte Les Fées, le manuscrit de 1695 est, au total, sur cette question plus riche.

Pour les autres arguments de M. François qui portent sur l’orthographe ou le déplacement de mots, il y a tellement d’incohérences, même entre les deux éditions Barbin ─ surtout que la deuxième est partiellement un patchwork de la première sur lequel a travaillé une main inconnue comme l’a montré M. Volker Schröder dans sa communication « Les Contes de Perrault dans tous leurs états » (consultable en ligne) ─ qu’il est difficile de tirer des conclusions, d’autant plus que M. François reconnait lui-même qu’« on trouve bien des contre-exemples » ici.

Au total, je suis encore convaincu que le texte publié par Barbin est la version primitive des contes et que, globalement, le manuscrit de 1695 offre des versions supérieures des cinq premiers contes, le texte de la Belle au bois dormant publié par le Mercure galant en 1696 étant, selon moi, meilleur que les deux autres. Les contes en prose sont traversés par deux forces contradictoires : l’une tend à raffermir la cohérence des récits, alors que l’autre s’active à faire émerger des dissonances et des éléments illo­giques, comme les pantoufles de verre de Cendrillon. N’est-ce pas là un procédé subtil d’écartèlement pour les rendre encore plus absurdes et en faire ainsi de véritables contes de ma mère l’Oye, c’est-à-dire des histoires à dormir debout? Les variantes entre le manuscrit de 1695 et le texte Barbin sont certainement en lien avec le choix du dosage de ces deux forces opposées retenu par l’une et l’autre version. Même la deuxième édition Barbin fut travaillée par une main inconnue, de sorte qu’il est difficile de savoir qui a fait quoi au sujet de ces variantes. Comment établir que c’est Charles Perrault qui a apporté des corrections aux textes du recueil?

L’hypothèse que nous avons formulée plus haut avance que des individus qui fréquentaient le salon de Mademoiselle ont composé des contes à sa demande. Ceux-ci ont ensuite remis leurs textes au fils Perrault qui les a reformulés et uniformisés dans son style naïf. C’est cette version qui aurait été publiée par Barbin, mais celle-ci avait été retravaillée (par qui?) avant d’être transcrite dans le manuscrit de 1695 remis à Mademoiselle. Le texte de la Belle au bois dormant paru dans le Mercure galant semble avoir été enrichi et corrigé à partir des deux versions antérieures. Par exemple, il retient la précision du manuscrit de 1695 (qui ne figure pas dans l’édition Barbin) que tout le personnel du château qui s’était éveillé en même temps que la princesse mourait de faim, car « il y avait longtemps qu’ils n’avaient mangé »[viii]; à l’inverse est préférée la formule Barbin à l’effet, qu’après la mort de son père, le prince alla chercher « la reine sa femme dans son château. On lui fit une entrée magnifique, etc. », alors que le manuscrit de 1695 réduit ce segment à : « sa femme qui fit son entrée magnifique etc. ».

Une remarque pour finir : l’avenir des contes en prose attribués à Perrault s’annonce peut-être sombre, car ils ne sont pas bien reçus par ceux qui leur reprochent d’entretenir certains stéréotypes : le mariage hétérosexuel, l’image de la femme vulnérable et passive dont le trait principal serait la beauté, l’arrivisme social, l’importance accordée aux richesses, etc. Ils pourraient même tomber sous le coup de l’appropriation culturelle dans la mesure où ils auraient une origine étrangère. Ces contes du XVIIe siècle, nous dit-on, ne correspondent plus sous plusieurs aspects à la société actuelle et préparent donc mal les enfants à la réalité qui les attend : minorités visibles et sexuelles, questions environnementales et de racisme, libéralisation des mœurs, importance accordée à la dignité humaine et aux droits de l’homme, etc. Tout comme on déboulonne sur la place publique de plus en plus de statues consacrant un passé à mettre derrière nous, ajoute-t-on, ces vieux contes en prose ne doivent-ils pas quitter pour de bon la chambre des enfants ou les bibliothèques des garderies et des écoles primaires comme cela a d’ailleurs commencé à se faire?[ix] Les contes en prose attribués à Perrault sont donc l’objet d’une nouvelle bataille idéologique dont les effets se feront sentir sur les prochaines générations qui ne se limiteront peut-être pas à les adapter aux modes du temps comme cela s’est fait depuis leur parution.

[i] Je viens de terminer la lecture de l’ouvrage Analyse juridique des contes de fées sous la direction de Marine Ranouil et de Nicolas Dissaux (Paris, Dalloz, 2018) dont la première ligne déclare qu’«il faut toujours se médier des a priori et éviter de se fonder sur des données admises avant toute expérience». Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, en regard de la situation de départ dans Cendrillon, «à l’époque, rien n’était absolument anormal d’un point de vue sociologique et légal. […] En définitive, le sort de Cendrillon n’est illégal ou injuste qu’à l’aune de nos valeurs actuelles où l’enfant est roi et ‘le droit de la famille devenu pédocentrique’» (pp. 361 et 364). À l’inverse, «deux puissants ressorts du conte de Cendrillon relèvent de la pure chimère pour l’époque : l’absence d’autorité maritale du père de Cendrillon et le mariage d’amour de Cendrillon avec le Prince sans, de surcroît, l’autorisation de son père» (p. 364). Au moins deux possibilités d’interprétation sont ici possibles : ou bien l’auteur a fait suivre une situation apparemment normale à son époque par une autre qui relève de la «pure chimère» pour créer une histoire à dormir debout, à savoir un conte de ma mère l’Oye comme l’indique l’affiche dans le frontispice du recueil, ou bien l’auteur a indiqué deux des conditions qui seraient nécessaires pour libérer Cendrillon du piège familial (la suppression de l’autorité du père permettant à l’enfant de choisir lui-même son conjoint et le mariage d’amour servant de garantie contre un nouvel enfermement familial). L’auteur opte pour la deuxième option sans même considérer l’éventualité de la première et voit dans les deux versions de ce conte (Perrault et Grimm) «une incitation à la réforme du droit de la part des auteurs de Cendrillon. […] Finalement, Perrault et Grimm avaient une vision éminemment moderne de la famille, voire avant-gardiste, puisqu’ils font fi de l’autorité maritale et parentale. […] En un mot, le décor planté par ces auteurs de Cendrillon est en net décalage avec le droit de l’époque. Ces discordances permettent justement de réunir toutes les circonstances nécessaires à la libération de Cendrillon en dehors de sa famille» (pp. 361 et 367). Les standards méthodologiques de prudence ayant été placés très haut au début du volume, y a-t-il eu ici témérité poussée encore plus loin en étendant cette thèse à l’ensemble des contes en général : «Le droit qui irrigue les contes n’est pas exactement celui de l’époque à laquelle il est écrit : c’est un droit amélioré, idéalisé, voire fantasmé. […] Contrairement à ce qui saisit d’emblée le lecteur, à beaucoup d’égards, les contes sont souvent en avance sur leur temps : ils suggèrent une évolution du droit. Ils effleurent un droit sublimé» (pp. XV-XVI) )? Pourtant, de tels propos affirmés avec autant d’assurance étonnent, pour s’en tenir à Cendrillon, si on admet comme le fait ce volume, d’une part, que Charles Perrault est l’auteur de ce conte (ce qui a souvent été contesté, tout comme l’idée que les contes en prose qui sont traditionnellement rattachés à son nom avaient une finalité morale), et, d’autre part, qu’il avait les conceptions avant-gardistes qu’on lui prête ici sur la famille, car il les a bien mal appliquées avec sa propre fille qui, recours aux tribunaux en sus, se plaint, le 7 novembre 1699 (donc après la publication de Cendrillon qui est de 1697), de l’autorité de son père et des mauvais traitements qu’il lui fait subir en l’enfermant depuis un mois et en l’empêchant de voir qui que ce soit, avant de se retrouver dans un couvent en attendant de signer son contrat de mariage le 7 septembre de l’année suivante (voir le blog de Volker Schröder de l’université Princeton sur Marie-Madeleine Perrault).

[ii] Cet écart entre l’apparence et la réalité poussé jusqu’à leur caricature réciproque est manifeste dans les trois moments du dessin de Thackeray s’inspirant du portrait de Louis XIV en costume de sacre réalisé par Rigaud en 1701 alors que le roi avait 63 ans. Dans un premier temps, Thackeray montre le mannequin de bois supportant le costume et la perruque que le roi portera dans le tableau de Rigaud, mais tous ces articles sont placés dans la même position qu’ils apparaîtront dans le tableau de Rigaud; autrement dit, on voit la même chose que dans le tableau de Rigaud, sauf que la personne de Louis XIV n’est pas présente ici. Puis vient un dessin de Louis XIV en habit ordinaire : il est chauve, bedonnant, petit et muni d’une canne de vieillard; bref, c’est un vieil homme chétif qui, dans la troisième image, est introduit à l’intérieur des vêtements de la première illustration et qui, du coup, fait voir le roi splendide que Rigaud a peint : du fait de la perruque et de ses talons hauts, le roi est maintenant plus grand, la canne est remplacée par le sceptre et son ventre est dissimulé par l’ample manteau du sacre. Les observateurs ont estimé que les jambes du roi dans le tableau de Rigaud ne s’harmonisaient pas avec la figure vieillie du monarque et ont conclu que le peintre avait plutôt ici reproduit celles de Louis XIV en jeune danseur de 1670 du tableau de Henri de Gissey (voir Myriam Tsilounas, «De la gloire à l’émotion : Louis XIV en costume de sacre par Hyacinthe Rigaud», Société et représentations, 2008-2, no 26, pp. 57-70).

[iii] «Les Histoires ou contes du temps passé de Charles Perrault (1697) : De la boutade à la méprise» (mars 2013). L’auteur soutient comme moi que les contes en prose sont une somme de négligences et d’absurdités voulues, mais en les rattachant à Perrault, il leur fixe un objectif qui me semble peu probable : étaler toute la bassesse des contes populaires pour mieux mettre en relief les réussites de celles qui ont retravaillé ce matériel pour le rendre digne du Grand Siècle (Mlle L’Héritier, Mme d’Aulnoy et Mme de Murat). Si tel avait été le but de Perrault pourquoi n’a-t-il pas répliqué aux attaques des Entretiens sur les contes de fées de l’abbé de Villiers en 1699 qui s’en prenait à fond de train (tout en écorchant au passage Perrault et son fils) aux qualités d’écriture des conteuses en qui il voyait l’incarnation du «mauvais goût»? D’ailleurs pourquoi ne l’ont-elles pas fait elles-mêmes, à commencer par Mlle L’Héritier qui était la moins sujette de correspondre à ce que dénonçait l’abbé de Villiers, notamment l’absence d’instruction morale dans les contes de fées, car même si la morale qu’elle met de l’avant n’est pas spécifiquement chrétienne, l’abbé de Villiers ne pouvait désapprouver les appels à la prudence et à l’honnêteté que Mlle L’Héritier ne cesse de multiplier dans ses contes? Bien sûr, à la fin de sa lettre à Mme D. G** (1695), Mlle L’Héritier déclare ne pas s’intéresser à ceux qui critiqueront ses textes en ayant un esprit d’écolier à courte vue qui ne saisit pas ce qu’est la «naïveté bien entendue», mais il s’agissait ici de la cause des femmes qu’elle avait toujours soutenue qui était attaquée. L’occasion de le faire ne s’offrit-elle pas d’elle-même lorsqu’elle publia en 1705 d’autres contes de fées insérés dans sa Tour ténébreuse? Une première occasion s’était déjà offerte en 1702 dans son Apothéose de Mlle de Scudéry où elle déclare que «la France voit d’illustres dames qui, par de pompeuses odes, de tendres élégies, d’ingénieux romans, et par mille autres sortes d’agréables et savants ouvrages, font éclater la beauté de leur génie, et la délicatesse de leur esprit»?

[iv] Voici ce qu’entend Lanson, en prose, par «style d’artiste» et ce qui est son contraire : «Que faut-il pour qu’on puisse parler de prose artistique et, en un sens restreint et précis, d’un art de la prose? Il faut qu’on traite les mots de la prose comme on traite les mots des vers. […] Il y a donc une prose d’art et, par conséquent, un art de la pose dont la fin propre […] est le développement des valeurs esthétiques des mots. […] Voici plus encore : il y a un art fait de renoncement à l’art. Il y a une prose exacte qui devient belle par le refus des moyens qui produisent la beauté formelle : elle a l’élégance géométrique de l’exactitude, elle donne à l’esprit cette sensation d’art que peut procurer l’abjuration décidée de toute intention esthétique. La nudité esthétique, sévère ou légère, à un certain degré, reprend une valeur esthétique» (L’Art de la prose. Paris, Librairie des Annales politiques et littéraires, 2e éd., 1909, pp. 11, 15 et 17).

[v] Fort de l’expérience acquise lors de la rédaction des cinq premiers contes du futur recueil et de leur correction pour le manuscrit de 1695, il n’est pas surprenant que le commencement de Cendrillon qui reprend le début des Fées dans la version du manuscrit de 1695 améliore en trois endroits ce dont il s’est inspiré : premièrement, il explique, comme nous le verrons plus loin, comment un mariage aussi dépareillé fut possible entre ce gentilhomme veuf et cette veuve désagréable; deuxièmement, il explicite pourquoi la nouvelle mariée détestait la fille de son époux, et troisièmement, il élimine une contradiction apparente : si la vilaine fille est «très hautaine et très fâcheuse» comme sa mère, comment pouvait-elle n’avoir rien d’autre à faire que de «faire ou de recevoir des visites l’après dîner»? Qui aurait voulu l’inviter ou aller chez elle?

[vi] «Dans les Histoires ou contes du temps passé, le rapport du narrateur à son récit n’est pas celui du témoin d’une histoire ni du rapporteur d’une tradition, mais celui de l’interprète, et plus exactement de l’interprète justificateur» («Portrait du conteur en interprète : la leçon de Perrault», in Nicolas Gorreard, Vincent Ferré & Anne Teulade [Éds], L’Herméneutique fictionnalisée : quand l’interprétation s’invite dans la fiction. Paris, Garnier, 2014, p. 55).

[vii] Comme déjà indiqué à la note 5, sans qu’on sache ce qui a pu amener un changement aussi important, le début des Fées dans le manuscrit de 1695 est très différent de celui de la version imprimée par Barbin. Le texte de 1697 donne une autre explication du comportement de la mère qui, devenue veuve, a ici deux filles : «comme on aime naturellement son semblable, cette mère était folle de sa fille aînée [qui «lui ressemblait si fort et d’humeur et de visage que, qui la voyait, voyait la mère»] et en même temps avait une aversion effroyable pour la cadette». Ce début est marqué par l’absurdité : la mère et l’ainée sont décrites comme étant «toutes deux si désagréables et si orgueilleuses qu’on ne pouvait vivre avec elles», mais cette mère aimait quand même son aînée parce qu’elle a les mêmes défauts qu’elle, notamment l’orgueil que le Dictionnaire de l’Académie française (1694) définit comme suit : «Vanité, présomption, opinion trop avantageuse de soi-même par laquelle on se préfère aux autres». Dès lors, comment deux orgueilleuses pourraient-elles s’endurer mutuellement? D’ailleurs cette justification (le semblable aimant son semblable) fait redondance avec cette mère qui, dans le Petit Poucet, préfère son aîné parce qu’il est roux comme elle. Notons enfin que la bonne fille hérite ici d’une qualité de son père qui était traditionnellement rattachée à la nature féminine : la douceur -ce qui n’est pas le cas dans la version des Fées du manuscrit de 1695 et de son transfert dans Cendrillon, car notre veuve s’était unie à un veuf ayant une fille qui avait hérité de la douceur de sa défunte mère.

[viii] Notons que, sur la base du processus de justification à l’œuvre à l’intérieur des contes attribués à Perrault dont il a été question plus haut, le manuscrit de 1695 et le Mercure galant ont eu raison d’ajouter la précision qu’il «y avait longtemps qu’ils n’avaient pas mangé», car ce détail complète la phrase suivante : «Cependant tout le palais s’était réveillé en même temps que la princesse; chacun songeait à faire sa charge, et comme ils n’étaient pas tous amoureux, ils mouraient de faim, il y avait longtemps qu’il n’avaient mangé». Il est souvent répété que les amants ne vivent que d’amour et d’eau fraîche, mais puisque tous les membres du personnel du château n’étaient pas amoureux, il faut expliquer pourquoi ceux-ci avaient faim : c’est parce qu’il y avait longtemps (cent ans!) qu’ils n’avaient pas mangé! Nous avons ici un bel exemple du double jeu où une explication logique est accompagnée d’une impossibilité. Ajoutons en passant que l’édition Barbin écrit que «tout le palais s’était réveillé avec la princesse»; selon les définitions des dictionnaires de Furetière et de l’Académie française (1694), l’utilisation du terme «avec» est acceptable dans son sens général («marque quelque assemblage, liaison, suite, connexité ou dépendance de quelque chose», dit le premier; «sert à marquer toute sorte de société, d’union, d’assemblage», déclare le second), mais Gustave Lanson «net» et «limpide» en ayant «l’élégance géométrique de l’exactitude» n’aurait-il pas préféré, pour marquer ce qui est ici une liaison temporelle, la formulation plus précise retenue par le manuscrit de 1695 et le Mercure galant qui écrivent que «tout le palais s’était réveillé en même temps que la princesse»?

[ix] «Plusieurs écoles de Barcelone viennent de supprimer 200 livres de leur collection, dont la Belle au bois dormant et le Petit Chaperon rouge, jugés ‘stéréotypants et sexistes’. Une purge représentant un tiers de leur catalogue qui est un inquiétant premier pas» (Olivier Babeau, FigaroVox, 23 avril 2019). Une enquête réalisée auprès de 2,000 parents en 2018 par musicMagpie révèle que 16% d’entre eux interdisent à leurs enfants certains contes de fées (le baiser du prince donné à la Belle au bois dormant sans son consentement semble un problème majeur, selon l’avocate Sarah Hall, même si cet épisode ne figure pas dans la version de Perrault) et qu’au total un parent sur quatre modifie en cours de lecture les contes qu’ils présentent à leurs enfants. D’un autre côté, dans le cadre de la campagne pour combattre le sexisme en France, il est suggéré de présenter aux enfants «seize livres pour combattre les stéréotypes dans les contes de fées» (Julie Falcoz, Madame Figaro, 28 octobre 2016).


AU SUJET DE L’AUTEURE

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Gérard Gélinas

Enseignant montréalais au niveau collégial durant plus de trente-cinq ans et maintenant à la retraite. A publié en 2004 aux éditions parisiennes Imago une Enquête sur les Contes de Perrault. Lauréat du prix du meilleur article inédit de l’Institut international Charles Perrault en 2008, l’article intitulé « Le blog des jeunes perraltistes » parut dans les Cahiers robinson (2009, no 25, pp. 159-172). Cette revue publia également l’année suivante « Le chat débotté » (no 27, pp. 157-170). Ont paru dans les Papers on French Seventeenth Century Literature « De quel type d’amour les contes de Mme d’Aulnoy font-ils la promotion? » (2007, no 66, pp.181-219), « Du nouveau dans le dossier Perrault » (en collaboration avec Monique Brosseau, 2009, no 70, pp.267-276) et « Un autre regard sur les contes de Perrault » (2011, no 74, pp. 185-217).


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