Chanson pour Gaby, poèmes, Christian-Shanti, Fondation littéraire Fleur de Lys

Chanson pour Gaby

Christian-Shanti

Poèmes

Fondation littéraire Fleur de Lys

Lévis, Québec, 2004, 82 pages.

ISBN 2-89612-063-7

ISBN 978-2-89612-063-5

Exemplaire papier : 24.95$ (Canada)

Exemplaire numérique (PDF) : Gratuit


PRÉSENTATION

Chanson pour Gaby perce le mystère du poème en tant qu’objet. Tel que Rilke en a fait sa conception. Après les efforts d’une seconde spontanéité. Après l’étude des rythmes et des images que forme un poème. Pour en faire un objet. – C’est grâce à Serge Fiori, d’Harmonium, que « parle » Le Poète. Le rythme prend un autre sens et devient plus « jazz ». Le « Je » définitif apparaît. La musique reprend les images dans un processus humanisant. Humanisant la poésie moderne.

Fin des histoires trop publiées de poésie comme marque d’intelligence évocatrice. Il s’agit de l’émotion. Mais celle du Poète.

C’est « Chanson pour Gaby » qui parle, pas moi. J’en suis le créateur et l’instrument.


EXTRAIT

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Élise

Tu vagabondes
Sous l’azur d’un bon tabac.
Celui qu’ensemence
L’Hermite de ses nuits.

Et tu vis dans sa lumière
Sans l’usure du Soleil.

Ta robe longue me fuit
Pour couvrir mes yeux
D’une lente démarche,
Celle d’un noir à tes pas.

Pour qu’en chacun de nous

Demeurez idéaliste.
Pour qu’en chacun de nous
Se poursuive le combat
De fenêtres en fenêtres.

Et les sacrifices auront
L’odeur des songes,
L’esprit de nos brèves rencontres,
Et l’amour des plus petits.

Délire

Calmement le long des yeux,
À la dérive soudaine et lumineuse
La mémoire vive exalte une odeur bleue.

À même le temps posé,
L’épreuve d’une expérience en pensée.

Ou plus doux,
Qui soupire sous ma sombre lampe ?

 


AU SUJET DE L’AUTEUR

CHRISTIAN-SHANTI

Je ne parle pas de ma vie.

Ce n’est pas bien.

La chevelure de mes ex-condamnées

me suffit.

Ma vie est un luxe

de méditations continuelles.

Je ne fais que lire et écrire.

Je suis un écrivain-poète québécois.

J’ai la prétention de mes textes,

et, de façon officieuse, j’ai mes lettres …

Pour me connaître, il faut me lire.

Ce moyen-ci ne dit rien.

J’ai publié ( édité ) un CD-ROM dans une maison d’édition en ligne. Sauf que les CD sont une forme hybride de médium.

Ah, je suis très passionné.
J’ai appris également le métier de Peinture sur Soi.

On a utilisé mes soies
comme fond d’écran à mon CD-ROM .

Je suis un homme de cœur.


Du même auteur

Chanson pour Gaby
Poèmes,
CHRISTIAN-SHANTI,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2004, 82 pages,
ISBN 2-89612-063-7

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Au soir de Mao, poèmes, Christian-Shanti, Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Au soir de Mao

Christian-Shanti

Poèmes

Fondation littéraire Fleur de Lys

Lévis, Québec, 2004.

ISBN 2-89612-079-3

ISBN 978-2-89612-079-6

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Exemplaire numérique (PDF) : 7.00$ (Canada)


PRÉSENTATION

Pour désigner la misère qu’un seul homme, parmi un milliard de chinois puisse provoquer, à la fin de sa vie, on demeure fidèle et poli « Au soir de Mao. »

Il n’y a pas d’analyse. Ni matière à comprendre. Il faut sentir. Il faut aimer. et ce, durant toute sa vie! Nous sommes porteurs d’une infime partie de soi. La poésie rend grâce au souffle divin. Celui qui parcourt mes mots ailleurs, dans l’envolée d’une âme. Elle dénoue les caprices de sa logique, de son miroir…

Je me demande toujours où je suis. Je ne vois rien. Il n’y a qu’Espoir. Lorsque j’écris, je me retrouve en Paix. Mon lieu de calme et de beauté. Je tombe en amour avec chacune de mes pensées où se dessine la pâleur d’un regard ou la force d’un sein.

« Au soir de Mao », c’est l’accalmie du jour. Un temps réel pour s’évader d’un quotidien souvent en dysfonctionnement. Abrutissement de la marée d’un monde qui s’enlise.


EXTRAIT

Au soir de Mao

J’étale ma lutte
Pour tes baisers.
Mon corps,
D’une étoile filante.

Mais si bien qu’elle brille,
Tes paupières s’enferment
Comme deux petits trésors,
autrefois, devant la fontaine …

Lentement, au souffle envolé,
L’encens perdu, ton corps s’embaume.

L’envers d’une ombre, plus épaisse
S’y consume.

Et devant la fontaine s’épuise …
… mon âme.

J’étale ma lutte
Pour tes baisers.
Mon corps,
D’une étoile filante.

tentation

Quel baiser !
Couru de caresses molles.
Levant tes membres
Au jardin livide
De mes ancêtres !

L’oraison au vol plaqué
D’un sinistre dernier
En forme …d’O ronde.
Tentation claire. Ici tendre.

Fabricants d’armes,
Lanceurs de couteaux,

Mes amours malhonnêtes,
Faiseurs de feux.

Glaire honorifique, Ta langue,
Moite et serrée, abonde de mes anneaux.

Serpent [2]

Au ventre décousu
D’un cercueil de menthe
Souffle mon corps nu
Vert d’un silence.

Inerte, je consume
Faille de feux, ma compétence :
L’oiseau lascif de mes adieux
Au centre d’une simple vertu.

Mais j’esquisse ma douceur de lavande
Aux secrets de tes silices.

Porte ma doublure,
Ma faiblesse ronde…

… sinueuse et dorée.


AU SUJET DE L’AUTEUR

CHRISTIAN-SHANTI

Simplement poète.

Il faut me lire pour me connaître. Car je ne suis nulle part « dans le Temps ». Mes expériences ne sont que de farouches exorcismes de moi-même. Moine bouddhiste, ascète. Ou la panoplie des diagnostics éternels.

J’ai grandi à NDG dans l’Ouest de Montréal.  Je suis parti. Et je suis revenu.

Mon père est mort lorsque j’étais jeune. Il était médecin. Nous avons appris le risque exigé et le risque qui tue. Je suis de mentalité judéo-chrétienne. Rien fait pour. J’ai deux frères et ma mère. « Tout le monde va bien!  »

Un Maître est venu me cueillir dans ma déchéance à 20 ans. Depuis, jusqu’à récemment, il s’est assis devant moi, pour m’enseigner le yoga et l’écriture. C’est un grand poète. Il a été mon père.


Du même auteur

Chanson pour Gaby
Poèmes,
CHRISTIAN-SHANTI,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2004, 82 pages,
ISBN 2-89612-063-7

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L’Espace-Temps et la vie, essai – science, André Lefebvre, Fondation littéraire Fleur de Lys

L’Espace-Temps et la vie

ANDRÉ LEFEBVRE

Essai – Science

Fondation littéraire Fleur de Lys

Lévis, Québec, 2019,

Illustré.

Version numérique : format Lettre, 192 pages

Version papier : format 6 X 9 pouces, 246 pages

ISBN 978-2-89612-568-5

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Exemplaire numérique (PDF) : GRATUIT

 


PRÉSENTATION

Qu’est-ce que la vie, en réalité ?

À quel moment la vie est-elle apparue dans l’univers ?

Ce sont là deux questions auxquelles nous n’avons pas de réponses précises. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille cesser d’en chercher.

C’est exactement ce que je fais dans ce livre.

J’avoue que l’aboutissement de ma recherche m’a beaucoup étonné; tout juste un peu avant «énormément ». Je n’aurais pas cru déboucher sur le plus « fondamental » de l’existence.

Évidemment, comme d’habitude, je ne prétends pas vous « enseigner » quoi que ce soit. Je ne fais que vous fournir des informations qui vous permettront de faire votre propre opinion. La mienne, qui est incluse dans le texte, n’est là que pour provoquer le début d’argumentaires dans votre esprit.

Le « travail » fait par l’esprit humain est toujours fascinant; et cela tient expressément à celui du vôtre tout autant que du mien.

Laissez-vous être fasciné par ce que votre esprit vous suggérera à la fin de ce livre.

Amicalement

André Lefebvre


TABLE DES MATIÈRES

Mot de l’auteur

Chapitre 1 – L’espace et le temps

Chapitre 2 – Accumulation d’énergie ?

Chapitre 3 – La sphère

Chapitre 4 – La flèche du temps

Chapitre 5 – L’énergie de masse, centripète

Chapitre 6 – L’électron

Chapitre 7 – Énergie noire

Chapitre 8 – La venue des atomes

Chapitre 9 – Nous y voilà !

Chapitre 10 – Les éléments lourds

Chapitre 11 – Et « Toc », impossible de continuer

Chapitre 12 – Les éléments lourds

Chapitre 13 – Gaz ou solide ?

Chapitre 14 – Je n’ai aucune idée pour le titre de ce chapitre

Chapitre 15 – Les molécules

Chapitre 16 – Oscillation

Chapitre 17 – Jusqu’à maintenant…

Chapitre 18 – Diluée mais non diminuée d’intensité

Chapitre 19 – Nous voilà revenu sur Terre

Chapitre 20 – Les nucléotides

Chapitre 21 – Les nucléotides (suite)

Chapitre 22 – Les « sucres »

Chapitre 23 – Toujours les mêmes liaisons

Chapitre 24 – Et « rebelote »

Chapitre 25 – Les codons

Chapitre 26 – Acides aminés

Chapitre 27 – Acides aminés (suite)

Chapitre 28 – Acides aminés (suite)

Chapitre 29 – Acides aminés (suite)

Chapitre 31 – À la recherche du « vivant »

Chapitre 32 – Inquiétude

Chapitre 33 – Cogitation

Chapitre 34 – Les ions

Chapitre 35 – Coincé

Chapitre 36 – L’intuition

Chapitre 37 – Les lois de l’information « atomique »

Chapitre 38 – ATP

Chapitre 39 – Le Glucose (C6H12O6)

Chapitre 40 – Enzyme

Chapitre 41 – Ça débloque enfin

Chapitre 42 – Règles atomiques obligatoires

Chapitre 43 – Les virus

Chapitre 44 – Hors propos important

Chapitre 45 – Allons-y à fond

Conclusion

Au sujet de l’auteur

Communiquer avec l’auteur


EXTRAIT

MOT DE L’AUTEUR

Un jour, il n’y a pas si longtemps, je me suis rendu compte que toutes les questions qui m’étaient venues à l’esprit durant ma vie, trouvaient leur réponse dans l’histoire de l’univers. Il n’existe aucune question dont la réponse n’est pas cachée dans cette histoire universelle.

On peut même y découvrir des indices de réponses sur les questions visant le « futur » qui n’existe même pas encore. Par contre, ce sont les seules réponses qui ne puissent pas être tout à fait précises; pour toutes les autres, les réponses sont d’une exactitude indiscutable.

Que ces questions soient d’ordre scientifique, économique, social, philosophique ou autre, la réponse se trouve toujours dans l’histoire de l’univers. Évidemment, cela ne veut pas dire que nous n’ayons plus de questions sans réponses; mais il semble assuré que, quelle que soit la question, la réponse se retrouve dans cette histoire de l’univers.

À bien y penser, on se rend compte rapidement que tout, absolument tout, n’est qu’histoire.

Je me suis donc retourné vers elle pour répondre à cette question sur la nature de la vie.

Il ne sera pas étonnant que chacun d’entre vous adopte une interprétation personnelle des informations que l’histoire de l’univers nous fournit. C’est ce à quoi nous sommes « condamnés » depuis toujours; mais ce « verdict » n’est pas sans une raison très valable que vous découvrirez, également, dans ce livre.

Je vous souhaite énormément de plaisir.


AU SUJET DE L’AUTEUR

André Lefebvre

Vous dire qui est André Lefebvre?

Comment le pourrait-il?

Il n’est ni son nom, ni son numéro d’assurance sociale, ni sa profession, ni sa race, ni son âge. Il n’est rien de tout cela. Curieusement, personne d’autre ne l’est non plus.

Il est … lui-même. Celui qui a écrit ce livre. Il l’a justement écrit pour connaître QUI il était. Alors s’il vous le dévoilait ici, vous n’aurez plus besoin de lire ce livre et il l’aura écrit pour absolument rien.

Donc, pas question! Si vous voulez savoir qui il est, il vous faudra lire ce bouquin. D’ailleurs vous en trouverez sûrement un avantage, selon lui, car il vous dira également QUI vous êtes. Du moins si vous êtes de sa nation. Sinon, il vous dévoilera comment faire pour découvrir votre identité nationale.

Ne croyez pas que ce soit évident. Au contraire les informations « officielles » sont, la plupart du temps, biaisées et déformées. D’autant plus que, le plus souvent, elles n’ont aucun rapport avec QUI nous sommes. Vous le découvrirez en lisant son histoire.

Son vécu?

Pas meilleur ni pire que toute autre personne. Oui il a voyagé. Oui il a travaillé quelques années sur un autre continent. Oui il a des amis de différentes nationalités et oui il a connu des difficultés; mais rien de pire que tout autre être humain. Et l’ensemble de tout ça à fait de lui CE QU’il est; mais cela n’a rien à voir, ou si peu, avec QUI il est.

A-t-il fait quelque chose d’important dans sa vie?

Effectivement il a fait quatre enfants; trois garçons et une fille. À part cela, la seule chose importante qu’il ait faite, dit-il, est d’écrire ce livre qui l’identifie, ainsi que près de 7 millions de personnes.

Pourquoi a-t-il écrit ce livre?

Excellente question à la quelle il vous laisse répondre. Vous le découvrirez certainement.

Qu’est-ce qui le passionne?

L’histoire et la science.


Du même auteur

Histoire de ma nation  !
Essai, André Lefebvre
Fondation littéraire Fleur de Lys
Lévis, Québec, 2014, 474 pages.
ISBN 978-2-89612-464-0
http://www.manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.1.htm

Les souliers d’beu  !
Essai, André Lefebvre
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2015, 266 pages.
ISBN 978-2-89612-472-5
http://www.manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.2.htm

L’histoire de… l’univers  !
Essai, André Lefebvre
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2015, 202 pages.
ISBN 978-2-89612-479-4
Format 8,5 X 11 pouces (Lettre)
Exemplaire numérique : Gratuit (PDF)
http://www.manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.3.htm

LES HOMMES D’AVANT LE DÉLUGE (PAR ÉLIE L’ARTISTE)

Tome I : La science secrète
Essai, André Lefebvre
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2015, 256 pages.
ISBN 978-2-89612-484-8
Format 8,5 X 11 pouces (Lettre)
Exemplaire numérique : 7.00$
http://www.manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.4.htm

Tome II – Le mystère sumérien
Essai, André Lefebvre
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2015, 250 pages.
ISBN 978-2-89612-409-9
Format 8,5 X 11 pouces (Lettre)
Exemplaire numérique (PDF) : 7.00$
http://www.manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.5.htm

Tome III : L’énigme égyptienne
Essai, André Lefebvre
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2016, 346 pages.
ISBN 978-2-89612-498-5
Format 8,5 X 11 pouces (Lettre)
Exemplaire numérique (PDF) : GRATUIT
http://www.manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.6.htm

LES LEFEBVRE DE BATISCAN

Tome I : « L’apprentissage canadien»
Roman historique, André Lefebvre
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2016, 316 pages.
ISBN 978-2-89612-504-3
Édition papier (6X9 pouces) et numérique (PDF)
http://www.manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.7.htm

Tome II : Les Canadiens « pure laine »
Roman historique, André Lefebvre
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2016, 258 pages.
ISBN 978-2-89612-505-0
Édition papier (6X9 pouces) et numérique (PDF)
http://www.manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.8.htm

Tome III : La politique ou l’honneur
Roman historique, André Lefebvre
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2016.
ISBN 978-2-89612-506-7
Édition papier (6X9 pouces) et numérique (PDF)
http://www.manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.9.htm

The birth and the life of our universe
Essay, André Lefebvre
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2017.
Book size 6 X 9 inches
Perfect Binding
Illustrated
Paper book : 59.95$ (Canada)
Paper book : 59,95$ + postage fee (Elsewhere)
Ebook (PDF) : FREE
http://www.manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.10.htm


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Pour en finir avec le mythe de la Révolution tranquille, recueil d’essais, Jean-Claude Dupuis, Ph.D., Fondation littéraire Fleur de Lys.

POUR EN FINIR AVEC LE MYTHE DE LA RÉVOLUTION TRANQUILLE

Jean-Claude Dupuis, Ph. D.

Histoire – Recueil d’essais

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2019, 202 pages.

ISBN 978-2-89612-564-7

Votre exemplaire numérique gratuit


PRÉSENTATION

Ce recueil d’essais s’inscrit à contre-courant de l’histoire officielle en s’attaquant au mythe fondateur du Québec contemporain, la Révolution tranquille (1960-1970). Ce mythe glorifie la destruction de l’ancienne identité nationale canadienne-française, fondée sur la religion catholique, au profit d’une nouvelle identité québécoise, axée sur la philosophie libérale. Mais nos manuels d’histoire présentent une fausse image de la Révolution tranquille, et, plus encore, du Québec duplessiste qui l’a précédée. La Révolution tranquille n’a pas été un mouvement de modernisation et de démocratisation, car le Québec d’avant 1960 était déjà moderne et démocratique. La Révolution tranquille a plutôt été un phénomène de « dépersonnalisation » collective. Le Québec a choisi de s’auto-acculturer, d’assimiler certains éléments de la mentalité anglo-protestante pour « mieux relever le défi économique ». Le Rapport Parent a rejeté la pédagogie française traditionnelle au profit de la nouvelle pédagogie américaine. L’esprit utilitaire du High School a remplacé l’esprit humaniste du collège classique. Les Canadiens français sont alors devenus des Québécois, c’est-à-dire des Américains francophones.

Et pourtant, le pays réel survit sous le pays légal. Le jeune Québécois d’aujourd’hui garde quelque chose de son ancêtre canadien-français. La patrie pourrait renaître, mais à condition de revisiter son histoire, car « celui qui contrôle l’histoire contrôle le présent », disait George Orwell.


RÉSUMÉ

La Révolution tranquille (1960-1970) est le mythe fondateur du Québec contemporain. Ce mythe glorifie la destruction de l’ancienne identité nationale canadienne-française, fondée sur la religion catholique, au profit d’une nouvelle identité québécoise, axée sur la philosophie libérale. Mais nos manuels d’histoire présentent une fausse image de la Révolution tranquille, et, plus encore, du Québec duplessiste qui l’a précédée. La Révolution tranquille n’a pas été un mouvement de modernisation et de démocratisation, car le Québec d’avant 1960 était déjà moderne et démocratique. La Révolution tranquille a plutôt été un phénomène de « dépersonnalisation » collective. En 1960, le Québec se sentait trop minoritaire en Amérique du Nord. Il admirait et enviait secrètement son colonisateur anglo-saxon. Il a choisi de s’auto-acculturer, d’assimiler certains éléments de la mentalité anglo-protestante pour « mieux relever le défi économique ». Le Rapport Parent rejeta la pédagogie française traditionnelle au profit de la nouvelle pédagogie américaine. L’esprit utilitaire du High School a remplacé l’esprit humaniste du collège classique. Les Canadiens français sont alors devenus des Québécois, c’est-à-dire des Américains francophones. Jean Lesage l’avait promis : « Québec sera une province comme les autres. »

Ce recueil d’essais pourfend l’histoire officielle de la Révolution tranquille. La Grande Noirceur du régime Duplessis n’a jamais existé. Jean Lesage n’a pas modernisé le Québec; il l’a seulement américanisé. Paul Gérin-Lajoie a démoli l’un des meilleurs systèmes d’éducation au monde. Le cardinal Léger aura été l’idiot utile de l’anticléricalisme. L’Église défendait la classe ouvrière. La grève d’Asbestos a été une entreprise de subversion. Les curés n’ont jamais forcé les femmes à avoir des enfants à chaque année. Le nouvel « historien national », Maurice Séguin, n’était pas aussi nationaliste qu’on le pense. La culture québécoise est définitive­ment plus matérialiste que l’ancienne culture canadienne-française.

Malgré tout, le pays réel survit sous le pays légal. Le jeune Québécois contemporain garde encore quelque chose de son ancêtre canadien-français. La patrie pourrait renaître et apporter un « supplément d’âme » à l’Amérique du Nord. Nous sommes un peuple qui ne sait pas mourir, écrivait Félix-Antoine Savard. Mais la renaissance nationale exige une révision de l’histoire, car celui qui contrôle l’histoire, disait George Orwell, contrôle le présent.


SOMMAIRE

RÉSUMÉ

PRÉSENTATION

PARLONS DE MAURICE DUPLESSIS

LA RÉVOLUTION TRANQUILLE : MODERNISATION OU ACCULTURATION?

PAUL GÉRIN-LAJOIE ET L’AMÉRICANISATION PÉDAGOGIQUE

LE CARDINAL PAUL-ÉMILE LÉGER : DE L’ÉGLISE TRIOMPHANTE À L’APOSTASIE TRANQUILLE

L’ÉGLISE ET LA TROISIÈME VOIE ÉCONOMIQUE

LA VÉRITÉ SUR LA GRÈVE D’ASBESTOS

LA LÉGENDE NOIRE DU CLÉRICO-NATALISME

MAURICE SÉGUIN ET L’HISTOIRE NÉONATIONALISTE

LE CODE QUÉBEC : QUE SOMMES-NOUS DEVENUS?

AU SUJET DE L’AUTEUR

DU MÊME AUTEUR

COMMUNIQUER AVEC L’AUTEUR

TABLE DES MATIÈRES


EXTRAIT

PARLONS DE MAURICE DUPLESSIS

Transcription de l’entrevue radiophonique réalisée à CKAJ par Louis Champagne avec Jean-Claude Dupuis au sujet de Maurice Duplessis

(Saguenay, 23 août 2016).

http://www.tradition-quebec.ca/2016/08/conference-duplessis-grande-noirceur-ou.html

Louis Champagne : Je vais recevoir l’un des rares historiens qui défend la mémoire du « cheuf », de Maurice Duplessis, et qui viendra faire une conférence à ce sujet dans notre région. C’est exact Monsieur Dupuis?

Jean-Claude Dupuis : Effectivement, je ferai une conférence à Jonquière où je vais poser la question à savoir si l’époque de Maurice Duplessis a été une période de « grande noirceur », comme on le dit habituellement, ou, au contraire, une période « d’âge d’or » de l’histoire du Québec. Je pense que, globalement, l’époque de Duplessis a plutôt été une période de progrès pour le Québec.

Louis Champagne : Vous savez, vous êtes l’un des rares à dire cela (rire).

Jean-Claude Dupuis : Je ne suis pas le seul. Je pense qu’on a un peu plus de recul par rapport à Duplessis, et le discours antiduplessiste, que l’on tenait dans les années 1960 et 1970, est un peu obsolète. Les historiens commencent à réviser cela et ils trouvent des bons points à Maurice Duplessis, surtout sa belle défense de l’autonomie provinciale. Je pense que c’est le grand legs qu’il a donné à la province de Québec.

Louis Champagne : On a surtout retenu de Duplessis qu’il mêlait la politique et la religion. Il allait à la messe, il prenait ses décisions le mercredi (jour de saint Joseph). On associe les soutanes à la grande noirceur, à tort ou à raison.

Jean-Claude Dupuis : Oui, effectivement, c’est aujourd’hui le genre de choses qu’on lui reproche. Mais à l’époque, on ne lui reprochait pas ça, car le Québec était catholique. Au contraire, on l’admirait pour cela. Et il ne faut pas se faire d’illusions. Ses adversaires libéraux allaient, eux aussi, à la messe. Le premier ministre du Canada, le libéral Louis Saint-Laurent, avait un frère prêtre. Lui aussi avait été élevé dans la religion catholique. C’était le Québec de ce temps là.

Louis Champagne : Si vous dites qu’il avait d’autres qualités, moi je pense surtout au fait que Duplessis a laissé le Québec sans dette. Et aujourd’hui, on ne pense même plus à cela. C’est tout un héritage.

Jean-Claude Dupuis : Un des reproches que l’on fait aujourd’hui à Duplessis, c’est de ne pas avoir embarqué dans le mouvement de l’État-Providence. Lors de la Révolution tranquille des années 1960, on aurait fait un « rattrapage » à ce niveau. Mais il faut comprendre que le développement des années 1960 n’aurait pas été possible si Duplessis n’avait pas laissé le Québec dans une aussi bonne situation financière. Au temps de Duplessis, le Québec était la province la moins taxée au Canada. Aujourd’hui, je ne sais pas si le Québec détient encore le record, mais c’est certainement l’une des provinces les plus taxées. Maintenant, on admire l’Alberta parce que c’est la province la moins taxée, mais dans les années 1950 c’était le Québec.

Louis Champagne : Vous avez raison. Mais on a aussi reproché à Duplessis d’avoir laissé les écoles aux congrégations religieuses. Il s’opposait à la création d’un ministère de l’éducation. Jean Lesage a même été obligé d’attendre un peu avant de le créer, car le monde n’était pas prêt.

Jean-Claude Dupuis : On affirme souvent que le Québec avait un « retard » dans le domaine de l’éducation au temps de Duplessis. Moi, je soutiens que ce n’est pas vrai. Il faudrait revoir toute cette question. En 1959, Duplessis avait dit que nous avions le meilleur système d’éducation au monde. Il avait peut-être raison. Dans les années 1950, nous avions développé un réseau d’écoles de métiers. Et lorsque le gouvernement allemand a voulu réformer son propre système d’écoles de métiers, il a envoyé des fonctionnaires au Québec pour étudier comment fonctionnaient nos écoles. Si les Allemands venaient au Québec pour étudier notre système d’éducation, il ne devait pas être si mauvais que ça. Quand on sait, qu’aujourd’hui, l’Allemagne a l’un des meilleurs systèmes d’écoles de métiers au monde, et c’est l’une des raisons qui explique son succès économique. Et ces mêmes Allemands nous prenaient comme modèle dans les années 1950.

Maintenant, parlons de nos collèges classiques. C’est dans les années 1950 qu’ils ont atteint leur sommet. Et si l’on compare les collèges classiques aux cégeps d’aujourd’hui, je pense que les collèges classiques l’emportent.

Ce qui a été surtout important au temps de Duplessis, c’est le développement des écoles primaires. En 1936, lorsqu’il prend le pouvoir, il n’y a pratiquement pas d’écoles au Québec. On était encore à l’époque des « écoles de rangs », qui étaient des espèces de cabanes de bois avec une maîtresse sous-payées qui enseignait à toutes les classes primaires, de la première à la septième année. Quand Duplessis meurt, en 1959, il y a de belles écoles, très modernes, avec des professeurs qui ont été formés dans des écoles normales. Or les écoles normales des années 1950 formaient, à mon avis, de meilleurs enseignants que nos actuelles facultés de pédagogie. Quand on regarde toutes les absurdes réformes de l’éducation que l’on a depuis quelques années, on n’a pas de leçons à donner au Québec de Duplessis. Je vais vous donner un exemple. Prenez un ancien manuel de français des Frères des Écoles chrétiennes et comparez-le aux manuels d’aujourd’hui. Vous me direz lequel est le plus clair, et avec lequel on peut le mieux apprendre le français.

Louis Champagne : L’une des choses que l’on a le plus reprochée à Duplessis, dans d’histoire, c’est un peu son anti-syndicalisme, les grandes grèves, l’intervention de la police. Ne pensez-vous pas que c’est surtout cela qui a nuit au souvenir que l’on a de lui.

Jean-Claude Dupuis : Nos livres d’histoire ont beaucoup retenu le point de vue des syndicats sur Duplessis. Mais lorsque l’on regarde cela de près, c’est Duplessis qui a adopté en 1945 le Code du Travail du Québec, qui avait satisfait les syndicats à l’époque. C’est vrai que Duplessis était dur envers les grèves illégales. Mais une grève illégale, c’est illégal. Vous vous souvenez de la grève d’Asbestos, par exemple, qui avait été assez violente. C’était une grève illégale. Et ce n’était pas une grève qui était tellement dans l’intérêt des travailleurs. Il faut comprendre le contexte. Les syndicats catholiques voulaient montrer qu’ils pouvaient être aussi revendicateurs que les syndicats internationaux, en fait américains. La grève d’Asbestos doit se comprendre dans le contexte d’une lutte entre des centrales syndicales. Le syndicat faisait venir des fiers à bras de Montréal. Ils ont même séquestrés quelques policiers. Il fallait bien que la Police provinciale intervienne. C’était normal.

Louis Champagne : Le livre que vous avez écrit se vend-t-il bien? Quel genre de personnes va à vos réunions? Je me demande si les jeunes savent encore qui était Maurice Duplessis?

Jean-Claude Dupuis : Je crois que Duplessis reste un nom assez connu au Québec. Les gens qui viennent à nos réunions, organisées par un groupe que l’on appelle Tradition Québec, et qui est un groupe de catholique traditionalistes, ce sont des jeunes essentiellement…

Louis Champagne : Ah oui? (L’air surpris.)

Jean-Claude Dupuis : On ne voit pas beaucoup de têtes grises. Ce sont des jeunes qui ont un esprit critique, et qui ne gobent pas d’un seul coup tout ce qu’on leur enseigne dans les cégeps et les universités. Ce sont des gens qui lisent beaucoup, ils font beaucoup de recherches sur internet, ils découvrent une espèce de « contre-discours », un discours dissident. Ils sont en recherche et ils sont intéressés à ce qu’on leur offre un discours différent du « politiquement correct », ce discours qui est aujourd’hui assez étouffant. Vous savez, l’on a parlé de la « Grande Noirceur » de Duplessis, on disait qu’il réprimait la liberté de pensée. Tout cela est complètement faux. Je pense qu’aujourd’hui au Québec, vous avez plus de chances d’avoir des problèmes si vous critiquez ouvertement, par exemple, la politique d’immigration de nos gouvernements, que si vous aviez, en 1950, critiqué Duplessis ou l’Église catholique. Je me demande si la « Grande Noirceur », ce n’est pas aujourd’hui.

Louis Champagne : Je vous remercie beaucoup, Monsieur Dupuis, de votre présence…


AU SUJET DE L’AUTEUR

Jean-Claude Dupuis, Ph.D.

Né en 1961, Jean-Claude Dupuis a étudié au Collège de L’Assomption, au Cégep de Saint-Jérôme, à l’Université de Montréal et à l’Université Laval. Diplômé en histoire, en droit et en pédagogie, il fut procureur de la couronne pendant quelques années avant de faire un mémoire de maîtrise sur L’Action française de Montréal (1917-1928), sous la direction de Pierre Trépanier, et une thèse de doctorat sur Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau et le catholicisme libéral au Canada français (1820-1898), sous la codirection de Brigitte Caulier et Nive Voisine. Spécialisé en histoire intellectuelle et religieuse du Québec des XIXe et XXe siècles, boursier du Fonds FCAR et du CRSHC, il a présenté plusieurs communications dans les sociétés savantes et il a publié des articles dans diverses revues, notamment la Revue d’histoire de l’Amérique française, L’Action nationale, Études d’histoire religieuse et Le Sel de la Terre. Il a remporté le Prix Guy-Frégault (1994), décerné par l’Institut d’histoire de l’Amérique française, pour son article sur « La pensée économique de L’Action fran­çaise ».

Jean-Claude Dupuis enseigne présentement l’histoire, la géographie, ainsi que l’éthique et culture religieuse à l’École Sainte-Famille (Lévis), une institution catholique traditionnelle liée à la Fraternité Saint-Pie-X. Il tient une chronique hebdo­madaire sur le site de Campagne Québec-Vie. Ses conférences sont disponibles en ligne sur You Tube.

Se considérant comme un héritier du nationalisme groulxien, l’auteur n’hésite pas à critiquer le bilan de la Révolution tranquille et les valeurs matérialistes du Québec contemporain. En accord avec la doctrine sociale de l’Église, il prône un humanisme chrétien fondé sur l’enracinement national et communautaire dans un esprit d’ouverture aux différenciations culturelles. En tant qu’historien catholique, il entend défendre la mémoire de l’Église, qui est si malhonnêtement discréditée par un certain anticléricalisme médiatique. Résolument hostile au modernisme de Vatican II, il pense qu’il faut « tout instaurer dans le Christ », suivant le mot du pape saint Pie X (Omnia instaurare in Christo).


Du même auteur

(Livres numériques gratuits)

UN COMBAT IDENTITAIRE – L’ACTION FRANÇAISE DE MONTRÉAL
(1917-1928)
Essai
Jean-Claude Dupuis, Ph.D.
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2013, 117 pages.
ISBN 978-2-89612-437-4
Téléchargement gratuit

LE CARDINAL TASCHEREAU ET LE CATHOLICISME LIBÉRAL
(1820-1898)
Condensé – Thèse de doctorat
Jean-Claude Dupuis, Ph.D.
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2014, 316 pages.
ISBN 978-2-89612-468-8
Téléchargement gratuit

LE SIÈCLE DE MGR BOURGET
(1840-1960)
Recueil d’essais sur l’histoire
politico-religieuse du Québec
Jean-Claude Dupuis, Ph. D.
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2016, 492 pages.
ISBN 978-2-89612-503-6
Téléchargement gratuit

AU TEMPS DE JEUNE NATION
Les écrits polémiques d’un contre-révolutionnaire tranquille
Jean-Claude Dupuis, Ph. D.
Histoire – Recueil de textes
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2017, 298 pages.
ISBN 978-2-89612-528-9
Téléchargement gratuit

POUR EN FINIR AVEC LE MYTHE DE LA RÉVOLUTION TRANQUILLE
Jean-Claude Dupuis, Ph. D.
Histoire – Recueil d’essais
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2019, 202 pages.
ISBN 978-2-89612-564-7
Téléchargement gratuit


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Jean-Claude Dupuis, Ph.D. se fera un plaisir de lire et de répondre personnellement à vos courriels.

jeanclaudedupuis@videotron.ca


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Le petit-fils du sorcier, Tome II – Alban à l’abbaye, Littérature Jeunesse, Collection Le Peuple en écriture Pâquerette Béland, Fondation littéraire Fleur de Lys

Données au catalogue

Le petit-fils du sorcier
Tome II – Alban à l’abbaye
Littérature Jeunesse,
Collection Le Peuple en écriture
Pâquerette Béland,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2019, 128 pages.
ISBN 978-2-89612-566-1
Exemplaire papier : 24.95$ (Canada)
Exemplaire numérique (PDF) : 7.00$


PRÉSENTATION

Alban poursuit ses études dans une Abbaye tenue par des Eudistes, avec l’idée de devenir clerc de notaire. Cependant, ses multiples talents attirent l’attention de ses professeurs qui détectent chez lui des dons particuliers et orientent leur enseignement différemment.

En plus de graduer comme architecte, la formation reçue lui permettra de découvrir des voies dont il ne peut encore imaginer l’existence.

Après qu’ils eurent ramassé et replacé les agrès de pêche, Alban s’engagea à la suite de son groupe dans le sentier menant à l’Abbaye. Le soleil perçait à peine les feuillus et le dénivellement du sol les obligeait à gambader.

Il se remémora le sauvetage de Valentin et le contact de son amie Lamurmurante. Sa satisfaction et son bonheur furent rompus par la vue des palissades de l’Abbaye. Il pensa à sa vie entre ces murs et une angoisse tenace le saisit à la gorge. Jamais il ne serait libre de faire n’importe quoi. Sa voie était tracée et il ne pouvait que la suivre. Si au moins, il en avait eu une petite idée !


EXTRAITS

Notes

Aspect historique

Ce livre est une fiction et non un ouvrage historique. Les personnages, sites et évènements relèvent de l’ima­ginaire, y compris les faits concernant les congrégations religieuses. Toute ressemblance ne serait que coïncidence.

Aspect linguistique de l’époque

Mis à part quelques personnages caractérisés par la graphie de leur langage, comme icitte, pis, je vas ou des è transformés en é, j’ai choisi de respecter le conseil de mon institutrice de première année, mademoiselle Desjardins, qui nous répétait souvent : « Le français, ça ne s’écrit pas comme ça se prononce. »

J’ai aussi utilisé des mots du terroir qui décrivent des réalités spécifiques au Québec du XIXe siècle et parfois encore à celui d’aujourd’hui. Vous les retrouverez dans un Lexique à la fin du livre.

CHAPITRE 1

Sainte-Angèle

Toute la famille s’était rassemblée autour d’Alban pour attendre le père Antoine devant la maison du grand-père Charles. Soudain, un garçonnet grimpé sur la clôture cria : « Y’a un attelage qui s’en vient ! »

Pour Alban, c’était le premier pas vers la voie menant à son destin. Cœur battant, il monta dans la voiture et envoya la main à ceux et celles qu’il quittait, dont certaines essuyaient leurs larmes, surtout sa mère et sa grand-mère.

Antoine plaça la malle contenant le trousseau de son récent passager à côté de celles des garçons recueillis en route et il reprit les rênes.

Alban observa ses nouveaux confrères avec intérêt et curiosité. Le plus âgé prit l’initiative des présentations.

— Salut ! Je m’appelle Léo, je suis en deuxième. Lui, c’est mon frère Télesphore. Il commence. On arrive de Mont-Joli.

— Alban de Sayabec, répondit-il. J’entre en pre­mière.

— Moi aussi. Ludger ; je viens de Padoue. Content de te connaître.

Ils se serrèrent la main.

Au lieu de traverser la rivière, le père poursuivit jusqu’à la ferme suivante où il fit monter un dernier garçon, prénommé Alphonse. L’attelage vira et s’engagea sur la traverse à gué pavée de larges pierres plates. Une route caillouteuse montait à travers les arbres aux troncs centenaires.

Alban reconnut chaque détour, prédit l’endroit où ils descendraient de voiture afin d’aider le cheval à gravir un à-pic et sut exactement à quel moment ils avaient atteint la frontière des terres de l’Abbaye. Ils traversèrent une forêt de conifères touffus pendant un demi-mille et débouchèrent devant les grandes portes. Un crucifix de bois rond poli dont le sommet était couronné d’épines sculptées servait de poignée.

Léo alla tirer la corde ; une cloche accrochée au poteau central tinta.

— Bonjour les arrivants ! salua le portier. Je m’appelle Baptiste. Bon séjour chez nous.

— Merci, mon frère, marmonnèrent les deux garçons de Mont-Joli.

Surpris par la haute taille de cet homme et son apparente force musculaire, Alban se retourna pour mieux l’examiner. Il ne ressemble pas à un religieux, pensa-t-il.

La voiture s’arrêta non loin de la chapelle et les élèves reprirent leurs biens. Un frère conduisit l’attelage vers l’écurie.

À pied, ils longèrent l’hostellerie, le réfectoire des visiteurs, puis passèrent sur le sentier recouvert d’un préau menant à leur classe de première.

« Léo, vous savez où se trouve votre classe, n’est-ce pas ? » vérifia Antoine.

— Oui, mon père. Je m’y rends tout de suite. Salut les gars ! On se reverra.

La porte ouvrait sur une salle qui lui avait paru immense lors de sa visite. Une allée centrale séparait les pupitres. Le bureau de l’instituteur devançait une large ardoise noire. Au fond, un poêle à deux corps était relié à une cheminée. Un escalier accoté au mur de droite menait au dortoir.

— Frère Simon ! héla Antoine.

— Je suis là.

Alban l’observa descendre les marches. Il lui sembla qu’il sautillait de l’une à l’autre sans vraiment y poser les pieds.

« Voici donc mes derniers élèves. Ah ! Télesphore de Mont-Joli ; vous vous êtes décidé à venir, vous ne le regretterez pas. » Il examina les autres garçons chacun leur tour. « Alphonse de Sainte-Angèle. Et vous, Ludger de Padoue ? » Il plongea ensuite son regard dans le sien. « Vous devez être le jeune homme de Sayabec ; Alban, c’est bien ça ? »

— Oui, mon frère.

— Vous pouvez dire : frère Simon.

— Bon ! intervint Antoine. Maintenant que les présentations sont faites, je vous laisse.

— Je vous remercie grandement. Les garçons, montez vous installer.

Il fut le dernier à s’engager dans l’escalier, juste avant son futur enseignant. Quand il entra dans le dortoir, il ne restait qu’un lit inoccupé. « Alban » était gravé en grosses lettres sur la tête de bois. À côté, sur l’unique porte de l’armoire, une couronne de laurier entourait son prénom finement ciselé.

C’est bizarre qu’ils aient pris le temps de sculpter ainsi le nom de chaque enfant ; une simple étiquette en papier aurait suffi, réfléchit-il.

Il l’ouvrit ; il découvrit un complet d’école, quatre chemises et un coupe-vent suspendus sur des cintres. Sur la tablette du haut, deux chandails pliés et une casquette portaient son nom brodé sous l’effigie de l’Abbaye, une croix à la tête couronnée d’épines. Comme celle de l’entrée ! Il enfouit ses propres vêtements et sous-vêtements dans les tiroirs et posa sa malle vide et ses chaussures en bas.

— Avez-vous terminé ?

— Oui, frère Simon, fusa de part et d’autre.

— Descendez dans la salle de classe. Je vais vous expliquer les règles de bienséance en usage dans notre Abbaye.

Il se mêla aux autres. Tous semblaient avoir le même âge que lui.

— Hé ! T’as pris ma place, souligna un garçon à Ludger.

— Ah ! Excuse-moi ! J’avais pas remarqué que les pupitres aussi étaient réservés. Il chercha son nom, trouva et s’y assit.

Alban monta l’allée centrale. Il savait où était le sien. Le premier. En avant.


AU SUJET DE L’AUTEURE

Il y longtemps déjà, Pâquerette est née à Sayabec, un village de la Matapédia. Elle fréquenta l’école des Filles de Jésus où des cours de piano lui permirent de découvrir l’amour de la musique. Quand elle entra au secondaire, une autre passion l’attendait, celle de la littérature. Et c’est celle-ci qui influença son choix d’études collégiales.

À la fin de son Cégep, elle décida d’aller sur le marché du travail, un an ou deux, pour enseigner le piano. Une parenthèse qui se solda dix ans plus tard par un retour à l’Université de Rimouski en études littéraires, suivi d’une maîtrise en Bibliothéconomie, à Montréal.

Cette nouvelle profession lui permit de travailler dans des milieux différents (Rimouski, Jonquière, St-Hubert) et l’amena aussi à rencontrer plein de gens intéressants (libraires, éditeurs et bien sûr écrivains).

Mais ce fut surtout la présence continuelle des livres autour d’elle et de tous les mondes qu’ils renferment qui déclen­chèrent son envie d’écrire. Et comme source d’inspiration, rien de mieux que la vallée qui l’a vue grandir et les pays qu’elle a visités.

Elle se mit à la tâche en février 2001 et depuis, l’écri­ture fait partie de son quotidien pour son plus grand plaisir.


COMMUNIQUER AVEC L’AUTEURE

Adresse électronique : paquerettebeland@yahoo.ca


DE LA MÊME AUTEURE

Bien avant la fondation officielle de Sayabec, Martin, le fils aîné d’un moulineur de Sainte-Angèle, épousa Lantine, une native de l’endroit. Avant de compléter sa famille par une petite fille prénommée Blanche, le couple eut un premier enfant, Aldé, suivi deux ans plus tard par Alban. Aldé n’avait pas atteint l’âge de raison que déjà il savait qu’il serait moulineur comme son père et son grand-père paternel. Pour ce qui était d’Alban… Suspecté parce que différent, il niait vigoureusement la rumeur qui l’associait à son autre grand-père, celui qu’on avait qualifié de sorcier. Qui était-il vraiment ? Vous le saurez en lisant ce roman, Alban à Sayabec.

LE PETIT-FILS DU SORCIER

Tome I – Alban à Sayabec
Littérature Jeunesse,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2017, 150 pages.
ISBN 978-2-89612-546-3
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LE CYCLE DE THÉO

Sakpédiak, mission de routine
Premier cycle de Théo
Roman, fantastique,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Laval, Québec, 2009, 322 pages.
ISBN 978-2-89612-278-3
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À la rencontre d’Ôhn Ké Tou
Deuxième cycle de Théo
Roman, fantastique,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Laval, Québec, 2009, 322 pages.
ISBN 978-2-89612-278-3
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Les traces d’un dieu
Troisième cycle de Théo
Roman, fantastique,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Laval, Québec, 2009, 322 pages.
ISBN 978-2-89612-278-3
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LA SAGA DES PRADOV

Tome I – Un héritage envoûtant
Roman, Saga familiale,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Laval, Québec, 2009, 274 pages.
ISBN 978-2-89612-291-2
En savoir plus

Tome II – Le chant du coucou
Roman, Saga familiale,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Laval, Québec, 2009, 274 pages.
ISBN 978-2-89612-291-2
En savoir plus

Tome III – Le nid de l’étranger
Roman, Saga familiale,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Laval, Québec, 2009, 274 pages.
ISBN 978-2-89612-291-2
En savoir plus

Tome IV – Le Roussaillon
Roman, Saga familiale, Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2012, 286 pages.
ISBN 978-2-89612-404-6
En savoir plus


LES TROIS VALLÉES
LES CHRONIQUES DE JÉLÉNA

Tome I – Vallée de Flavia
Roman – Série fantastique,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2014, 336 pages.
ISBN 78-2-89612-459-6
En savoir plus

Tome II – Vallée d’Angéla
Roman – Série fantastique,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2015, 416 pages.
ISBN 978-2-89612-471-8
En savoir plus

Tome III – Vallée de Lucia
Roman – Série fantastique,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2015, 460 pages.
ISBN 978-2-89612-493-0
En savoir plus

Tome IV – Magicinum
Roman – Série fantastique,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2016, 448 pages.
ISBN 978-2-89612-521-0
En savoir plus


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Le petit-fils du sorcier, Tome II – Alban à l’abbaye


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Agir, essai – philosophie, Endré, Fondation littéraire Fleur de Lys

AGIR
Essai – Philosophie
Endré,
Fondation littéraire Fleur de Lys
Lévis, Québec, Février 2019
134 pages
ISBN 978-2-89612-565-4


PRÉSENTATION

« Agir » est une réflexion engageante sur le temps qui court par l’un de ses contemporains qui se demande s’il est bien de son époque ! Dans son questionnement surgiront entre autres ses préoccupations sur la démocratie, le consumérisme, la laïcité, le pays, le multiculturalisme. Rien de neuf à première vue. Mais à regarder de plus près, l’exposé que l’auteur nous offre ici se présente comme un regard bien différent de ce qui peut nous paraître tomber sous le sens. En fait, il nous propose d’éviter les réponses toutes faites avant de connaître les questions, car elles n’en sont peut-être pas !


TABLE DES MATIÈRES

Introduction

Je ne suis pas

Deux paramètres

Libérer la raison

Le droit

Des religions, des divinités et des hommes

De la démocratie

La quadrature humaine du cercle de vie

Le vivant

La nourriture

L’histoire entre zéro et l’infini

Agir

Être de son temps

Laïcité

Le Pays

Multiculturalisme

Se connaître pour devenir soi ?

Alors l’autre ?

De la pertinence des sages et des modèles

Conclusion

Au sujet de l’auteur

Communiquer avec l’auteur


EXTRAITS

Introduction

L’individualité qui nous occupe tant aujourd’hui est cette réalité qui s’exprime pourvu que chaque individu se donne l’impression d’être seul maître à bord. En fait, c’est même un peu plus : l’individu demande à ses vis-à-vis de se plier à ses exigences au nom de sa liberté, c’est-à-dire de son droit de s’imposer du fait même de sa conscience de son importance de soi à l’égard de soi-même et pour conséquence du fait de n’être pas spontanément et explicitement reconnu dans cette importance par l’autre. L’individualité ne peut s’affirmer si la personne est seule ! Il y a là pour elle quelques soucis.

L’individu évolue dans une communauté ce qui peut lui causer certains drames lorsqu’il n’est pas reconnu, selon lui, à sa juste valeur. Alors en fonction du droit à sa vie, il aura toujours la possibilité d’exiger de son milieu que ce dernier s’adapte, d’autant que le commun, lui, n’a pas d’indi­vidualité, qu’il n’est personne. La communauté se métamor­phose ainsi en une pluralité de cellules psychosociales où les individualités y favorisent leurs semblables. Ces cellules créent un effet de contagion en ce que plus elles sont nom­breuses et plus elles se justifient par leur nombre. Et, plus elles sont nombreuses et moins elles regroupent d’individus. Leur cohésion entre elles repose sur leur puissance à im­poser la subjectivité des individus qui les composent comme fait incontournable dans l’orientation de l’exercice du pouvoir dans la communauté en général. L’individu, adoubé et en­couragé par son appartenance à sa cellule, se prévaut sur toute personne qui ne s’identifie pas à celle-ci. Puisque sa « vérité révélée » à propos de son être ou de son vécu ne peut être remise en question, il va de soi que le droit de vie et de mort est de son côté.

Il y a aussi cette déconstruction du paraître qui exige de l’autre de ne pas se fier à se qu’il voit de l’individu en face de lui, mais à se plier à ce que ce dernier exige comme représentation de lui-même. Ce n’est pas sujet à discussion, tellement que pour l’individu l’évidence de la subjectivité intérieure de son être crée l’évidence de ce qui doit être. Il demande d’être entendu, mais ne partage pas la nécessité d’écouter.

Heureusement, le bonheur sera au bout de l’accom­plissement de l’individualité, celle qui, à toutes fins utiles, est reconnu par les autres, et s’il le faut, leur est imposée. Malheureusement, on comprend ici que le bonheur de l’un dépend du malheur de l’autre, et que chacun, sans toujours se l’avouer, est heureux du malheur de l’autre.

Puis, se présentent souvent ces individualités qui sont celles de la subjectivité d’une personne qui se dit objective et libre dans ses connaissances, ses désirs et ses actions puisqu’elle se situe au « centre » du monde. Ces personnes se le voient confirmer tous les jours, car c’est ainsi que la société les éduque et les invite à penser. Comme ils soutirent des évènements des intentions qui confortent leurs percep­tions d’eux-mêmes, ils sont souvent les premiers individus à signaler qu’ils sont les premiers à avoir dit ce que, dans les faits, tout le monde pensait déjà ! Il y a certainement un bonheur à vivre dans ce climat où chacun n’est pas si mal­heureux puisqu’objectivement conscient que tout est presque parfait en ce monde, vu qu’il y est, qu’il se situe en son centre et parce qu’il lui donne sa raison à sa matérialité.

C’est dans le contexte de ces différentes formes d’individualités qui s’expriment aujourd’hui que ce qui suit commence par un questionnement sur le bonheur de l’être.


Citations


Que puis-je vous dire sinon que je ne suis pas à la recherche du bonheur ?


Nous ne sommes pas uniquement nous-mêmes, mais aussi notre propre environnement.


Dans cette autonomie il y a d’inclus la solitude.


Le philosophe en ce qu’il pense par lui-même recherche bien peu le similaire. Il affectionne le déséquilibre dans le but d’agir librement dans un monde inconstant. C’est dans cet esprit qu’il n’a aucun intérêt pour la pensée dominante parce qu’elle est caractéristiquement envahissante : elle empêche de réfléchir par abus de sentimentalisme, de peur et de culpa­bilité. De plus, la doxa affirme que tout a été dit et qu’en toute magnanimité il ne resterait qu’à chacun d’entre nous d’en con­venir sensément. Voilà pourquoi la quête de sa différence, l’exploration de son altérité sont pour le libre-penseur l’attes­tation et l’affirmation de l’autonomie de l’homme qui réfléchit et agit par lui-même tout en osant confronter ses sentiments et ses idées. Cette ambition d’autonomie concourt à la pluralité des visages sans l’exigence draconienne de l’acceptation du philo­sophe par l’autre et de celle que tous soient libres-penseurs.


AU SUJET DE L’AUTEUR

Né en 1950, formé en philosophie, en écologie humaine et en psychothérapie (Gestalt-thérapie), l’auteur cumule plus de vingt ans d’expérience comme psychothérapeute gestal­tiste en pratique privée, essayiste et philosophe. Il a égale­ment écrit les ouvrages : L’écologie humaine (1985) et Libellé philoso­phique (2008). Au travers de toutes ses activités, il a travaillé en tant qu’intervenant puis gestionnaire pendant de nombreux mandats dans le réseau de la santé et des services sociaux du Québec.

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La laïcité dévoilée – Redécouvrir la laïcité au-delà de la rectitude multiculturaliste, Essai politique, Jacques Savard, Collection Québec, Fondation littéraire Fleur de Lys

La laïcité dévoilée

Redécouvrir la laïcité au-delà de la rectitude multiculturaliste

Jacques Savard


DONNÉES AU CATALOGUE

La laïcité dévoilée
Redécouvrir la laïcité au-delà de la rectitude multiculturaliste
Essai politique
Jacques Savard
Collection Québec
Fondation littéraire Fleur de Lys
Lévis, Québec, 2019
244 pages
ISBN 978-2-89612-562-3


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PRÉSENTATION

Au Québec, la laïcité, sa raison d’être et ses fondements ont très peu fait l’objet de commentaires, malgré les nombreux débats qui prétendaient en débattre. Elle a été tenue pour acquise et noyée dans l’absolutisme allégué de la liberté de religion et de son délire vestimentaire.

Quelles sont les différences et les similitudes de la laïcité républicaine et de sa contrefaçon dite « ouverte » ? Quel objectif social devraient-elles satisfaire ? Comment s’en acquittent-elles ? Sa forme républicaine est-elle véritablement incompatible avec les chartes ? La laïcité dévoilée répond à ces interrogations. L’auteur revoit attentivement les concepts d’intégration, de multiculturalisme et d’interculturalisme dont il propose une nouvelle définition plus générale et plus réaliste. Il passe aussi en revue les conclusions cruciales du jugement de la Cour suprême sur la prière à Saguenay et s’attarde en particulier à sa définition de la neutralité réelle de l’État.

La laïcité dévoilée décrit une politique basée sur un groupe de valeurs fondamentales établissant un lien organique avec la Charte des droits et libertés et ouvrant la porte à une vision sociale de la laïcité.


DÉDICACE

À tous ceux, jeunes et vieux, à qui on n’a jamais sérieusement expliqué la laïcité.


ÉPIGRAPHE

« La laïcité est donc un cadre juridico-politique qui tient à la nécessité de faire vivre ensemble dans la même société des êtres humains différents par leurs convictions spirituelles : les athées, les agnostiques, et les croyants ».

Henri Peña-Ruiz


TABLE DES MATIÈRES

AVANT-PROPOS

L’impasse

Reconnaissance académique

PARTIE I – LE DIAGNOSTIC

CHAPITRE 1 – Considérations préliminaires

1.1 Une histoire de valeurs et de bien commun

1.2 Les conditions gagnantes

1.3 Prédominance du phénomène religieux

1.4 Un État « tolérant » ou un État « laïque » ?

1.5 Interpénétration des extrêmes

1.6 Libéralisme politique

1.7 De la tolérance à la démission

1.8 Remise en question

CHAPITRE 2 – Gestion de la diversité

2.1 Le multiculturalisme, une religion séculière

2.1.1 Perspectives légales et constitutionnelles

2.1.2 Une vision politique binaire

2.1.3 Les dogmes du multiculturalisme politique

2.1.3 Dérives sociales

2.1.4 Dérives antidémocratiques

2.1.5 Pour l’avenir du débat

2.1.6 Conséquences politiques

2.2 L’interculturalisme, la voie du milieu

2.2.1 Pourquoi choisir l’interculturalisme ?

2.3 Des définitions

2.3.1 Critiques de l’interculturalisme

2.4 À la recherche des valeurs communes

2.4.1 L’intégration

2.4.2 Méthodologie

2.4.3 Recoupements des valeurs

2.4.4 Droits de la dignité humaine

2.4.5 La liberté de conscience

2.4.6 Égalité et justice

2.4.7 Libéralisme politique et démocratie

2.4.8 Les valeurs fondamentales de la Charte fédérale

2.4.9 Conclusion sur les valeurs communes

2.5 La question de l’identité

2.5.1 Le faux débat identitaire

2.5.2 La construction de l’identité commune

CHAPITRE 3 – Évolutions de la laïcité

3.1 Chez nous d’abord

3.1.1 Le réveil du Québec

3.1.2 Le débat qui a déraillé

3.1.3 Le projet de loi 60

3.2 La gestion des religions à l’étranger

3.2.1 Chez les Anglo-saxons

3.2.3 Histoire française

3.3 Critiques des deux archétypes exclusifs

3.3.1 Sécularismes comparés

3.3.2 Division ou mise en commun ?

3.3.3 La laïcité « ouverte »

3.3.4 Pouvoir de sanction et de coercition

CHAPITRE 4 – La Charte des droits, la clé de voûte

4.1 La vision de la Cour suprême

4.2 La liberté de religion

4.2.1 Conscience, croyances et religion

4.2.2 Une liberté de religion construite

4.2.3 La religion subjective

4.3 Des limites à la liberté ?

4.4 Une hiérarchie entre les droits et libertés ?

4.5 L’interprétation de la Charte

4.5.1 Limitations intrinsèques

4.5.2 Une première limitation intrinsèque

4.5.3 Le test « Oakes »

PARTIE II – LE MODÈLE DE VIGILANCE

CHAPITRE 5 – Équilibre des libertés

5.1 L’approche fondamentale

5.2 Les principes généraux

5.2.1 Qu’est-ce que la laïcité ?

5.2.2 La séparation entre églises et État

5.2.3 La neutralité de l’État

5.3 Le nouveau modèle

5.4. Une laïcité établie sur des valeurs

CHAPITRE 6 – L’espace public et l’espace étatique

6.1 L’exercice des droits et libertés dans l’espace public

6.2 Responsabilités laïques

6.3 Le pouvoir législatif

6.4 La laïcité en absence de l’État

6.4.1 Relations entre les citoyens

6.4.2 Licence de discriminer

6.4.3 Discrimination et égalité dans le privé

6.5 Discriminations interreligieuses

PARTIE III – LAÏCITÉ APPLIQUÉE

CHAPITRE 7 – Les vêtements et les signes religieux

7.1 Les signes religieux ostentatoires

7.1.1 La kippa

7.1.2 Le turban

7.1.3 Le voile, ce cas si particulier

CHAPITRE 8 – Les pratiques religieuses  dans la fonction publique

8.1 L’école laïque

8.1.1 Les droits des mineurs

8.1.2 L’école, un environnement si particulier

8.1.3 La liberté de religion des enfants

8.1.4 Enseigner et non endoctriner

8.2 Les écoles confessionnelles

8.3 Les collèges et les universités

8.4 Les soins de santé

8.5 La loi 62

8.6 Discrimination religieuse

8.6.1 À l’égard des personnes

8.6.2 À l’égard des fonctionnaires

8.6.3 À l’égard des groupes identifiables

CHAPITRE 9 – Considérations pour le futur

9.1 Le nouveau paysage

9.2 Défis à rencontrer

9.2.1 Un développement stratégique

9.2.2 Démentir les mensonges multiculturalistes

9.2.3 Proposer une vision claire de la laïcité

CONCLUSION POLITIQUE

ANNEXES

ANNEXE 1 – Ébauche de proclamation d’un régime de laïcité

Charte de la laïcité du Québec

ANNEXE 2 – Notes bibliographiques

AU SUJET DE L’AUTEUR

COMMUNIQUER AVEC L’AUTEUR


EXTRAIT

AVANT-PROPOS

L’impasse

Jusqu’ici, on a présenté aux Québécois deux modèles de laïcité manifestement contradictoires. Les deux ont conduit à des impasses. Pour l’archétype républicain, c’est l’aveuglement du Parti québécois qui l’a détruit en raison d’un projet de loi mal justifié, mal ficelé, incomplet et incohérent, sans parler de son incompétence crasse à le défendre. Intituler sa proposition « Charte des valeurs » présageait déjà du détournement de débat qui allait s’ensuivre. Au lieu de parler de laïcité, de ses principes fondamentaux et de ses objectifs, on a discuté du voile islamique. On l’a allègrement confondu avec la laïcisation, la neutralité, l’identité nationale, l’athéisme, le libertarisme, les caprices culturels, sans oublier, il va sans dire, sa grotesque réduction à un simple code vestimentaire. Les échanges ont vite pris l’allure d’une guerre religieuse. On a démonisé la laïcité en la dépeignant comme un répugnant culte « d’exclusion » recherchant tout simplement l’éviction de la religion de l’espace public ; ses partisans furent réduits à une secte d’adorateurs des esprits maléfiques de l’intolérance, de la xénophobie et de l’islamophobie. Les fanatismes se sont ainsi déchaînés dans leur mode binaire exclusif habituel. Tous n’ont pas été atteints ! Heureusement ! Mais, il y en a tellement eu !

Le pendant glorieux de la diabolique « laïcité républicaine » fut la triomphante « laïcité ouverte » dont les défenseurs, dissimulés sous les voiles de la liberté absolue de religion, n’osaient même pas seulement concevoir l’hypothèse d’un possible questionnement des communautarismes religieux ou des comportements de leurs croyants. Mais le tourbillon de son triomphe initial finira finalement par la mener, elle aussi, à la déchéance. Ce fut une mise à mort magistrale, celle de la « laïcité ouverte ». Elle a été exécutée froidement, méthodiquement, par une Cour suprême unanime qui a déboulonné un à un tous ses phantasmes de neutralité « légère », « ouverte », « inclusive » ou « patrimoniale », pour la laisser sans aucune assise juridique crédible. Après cette répudiation radicale, le Québec se retrouvait en fin de compte à court de modèles tout pensés d’avance. Les deux propositions avancées ont finalement été désavouées. La première par l’étourderie des politiciens, l’autre par la froide analyse des magistrats. Impasse ! Que faire ? Il ne nous reste qu’à nous relever les manches et nous dessiner un modèle bien à nous, à partir de ce qu’il y avait de meilleur dans les deux offres écartées : la liberté, l’égalité et le respect de la dignité humaine.

L’expérience nous a enseigné que les débats entourant la laïcité se résument la plupart du temps à un brassage des mêmes vieux clichés mal définis auxquels on attribue une valeur dogmatique, tout en faisant peu de cas de leur véritable signification. De trop nombreux intervenants ont facilement laissé voir leur maîtrise rudimentaire de ses concepts, de sa nature, de ses principes et de ses objectifs. Pour être vraiment sincère, il faut reconnaître qu’ils requièrent aussi un sérieux dépoussiérage après les campagnes de désinformation qui ont accompagné les initiatives des dernières décennies.

Jusqu’ici, le débat a été pratiqué à un niveau de superficialité intolérable. Il fallait tout revoir à partir des éléments les plus fondamentaux. Tous les postulats devaient être réévalués dans la perspective de la réalité québécoise contemporaine et non en fonction d’un idéal romantique ou d’une tradition mal arrimée aux exigences du 21e siècle. En anticipant une éventuelle reprise du débat, j’ai souhaité creuser le sujet pour lever les ambiguïtés entourant les concepts de la laïcité, de la séparation et de la neutralité de l’État, comme d’ailleurs celui de la liberté de religion. Cet essai présente les conclusions de cet exercice, dégageant, je l’espère, une base théorique propice à l’élaboration d’une compréhension plus affinée de la laïcité répondant mieux ainsi au défi multiculturel contemporain.

Historiquement, sauf de trop rares exceptions, presque tous les systèmes de convictions ont montré une inclination prononcée à dominer et à contrôler la société pour imposer leur vision. En Amérique du Nord, aujourd’hui, les grandes religions traditionnelles ont officiellement renoncé au cléricalisme, à l’exception d’une partie importante du mouvement évangélique américain. L’islam, par contre, ne l’a jamais répudié ; il fait toujours partie intégrante de sa vision politique. Ailleurs, dans certains pays d’Europe ou d’Amérique du Sud, le catholicisme défend encore avec ardeur le contrôle clérical qu’il exerce sur certaines sociétés. Il ne faut donc pas baisser la garde et cesser de s’opposer à cette vision antidémocratique du pouvoir politique qu’est le cléricalisme.

Nous pouvons faire mieux que les anciens modèles exclusifs extrémistes. Nous pouvons concevoir une laïcité fabriquant du commun plutôt que génératrice d’exclusions. C’est à cet objectif qui ne peut être réalisé sans compromis que se consacre cet essai.

Reconnaissance académique

N’étant qu’un penseur « amateur », ne bénéficiant pas de la bénédiction académique autorisant les pensées et les analyses méritoires, il me fallait souligner les multiples points d’ancrage subtilisés chez de nombreux auteurs que j’ai goulûment vampirisés. J’ai employé leurs mots selon mon bon plaisir pour faire avancer mon propos comme un grimpeur improvise son chemin dans la paroi en exploitant ses moindres anfractuosités ; la métaphore elle-même est adaptée de M. Maffesoli. De là, les nombreuses références mouchetant ce travail, en reconnaissance de la contribution de plusieurs auteurs, dont certains trouveront peut-être inappropriée l’intention imposée à leur texte. Au-delà de leur visée originale, ils ont influencé ma réflexion dans la direction exprimée.

« À l’encontre de ces rigides spécialistes, ayant une compréhension des choses de la vie bornée par des scrupules surannés, il vaut mieux rester, en son sens étymologique, un “amateur”. Ouvert à cette aventure qu’est la vie de l’esprit : tout comme la vie tout court. Aux demi-lettrés enclos dans leurs certitudes, préférer la sensibilité théorique sachant unir l’intelligence et le sens de l’expérience. »

(Maffesoli [a], p. 16)

De la philosophie, de la science politique, de la sociologie et du droit, l’auteur de ces lignes n’est ni un professionnel ni un expert, mais un indomptable et assidu amoureux de lecture et de réflexion. Il n’exprime aucune opinion professionnelle, seulement les conclusions personnelles d’un lecteur curieux. Ce travail revendique, pour le citoyen en questionnement, le droit de s’intéresser à des sujets spécialisés et d’en cueillir, comme « amateur », les résultats qui lui semblent s’imposer. Les énoncés de cet essai ne sont que ça : des réflexions d’amateur. Les corporations peuvent se conforter, elles garderont toujours leur pleine capacité d’exercice et d’expression. On connaît l’infaillibilité dont elles savent faire preuve dans leur pratique!

Cet essai suit la progression de l’analyse qui l’a précédé. La première partie explore les deux archétypes de laïcité avec une très brève revue historique, incluant un inventaire de leurs idées maîtresses, de leurs principes opérationnels et des problèmes liés à leur application. Ensuite, un chapitre s’attarde au contexte constitutionnel canadien en revoyant attentivement les décisions pertinentes de la Cour suprême. La seconde partie développe un modèle praticable dans le Québec contemporain et décrit ses valeurs et les conditions nécessaires à sa mise en œuvre. Finalement, la troisième partie traite de certaines situations particulières, de même que de quelques questions devant être prises en compte dans la délivrance du nouveau régime de laïcité anticipé.

AU SUJET DE L’AUTEUR

L’auteur est né à Québec, d’une famille modeste, en novembre 1948, ce qui en fait un baby-boomer de la première vague. Il entreprend des études classiques grâce à une initiative inédite de la Commission scolaire de Québec qui souhaitait favoriser l’accès à ce programme d’études de qualité, alors presque exclusivement réservé à une élite bien nantie. La création des cégeps, en 1966, bouscule ses plans originaux en lui permettant d’obtenir son DEC avec la première cohorte à sortir des collèges, en 1968. Il s’oriente d’abord vers des études en droit. Elles l’occupent pendant trois ans, mais la réévaluation de ses intérêts l’amène à revoir ses orientations. Son insatiable curiosité pour les sciences le ramène rapidement à des études dans ce domaine qui se termineront par l’obtention d’un doctorat en chimie, décerné par l’Université Laval en 1984. Il poursuit des études postdoctorales à Paris et à Ottawa, en plus d’occuper différents postes d’enseignement dans les universités de Paris XIII, de Détroit, d’Ottawa, ainsi qu’à l’Université du Québec à Montréal.

Son expérience universitaire lui donne l’occasion de s’intéresser à la prévention et à la mitigation des accidents impliquant des produits chimiques en milieu de travail. Il devient, en 1988, conseiller en réponse d’urgence à CANUTEC, le « Centre canadien d’urgence transport », de notoriété internationale. Sa familiarité avec les propriétés des produits chimiques et leurs interactions est souvent mise à profit au cours de ses interventions dans des centaines d’accidents de marchandises dangereuses, sur les routes, sur les rails, dans le transport aérien et maritime. Il fut aussi amené à contribuer de manière importante à la rédaction du « Guide des premières mesures d’urgence 1992 », pour lequel le collectif d’auteurs s’est vu attribuer le « Canadian Best-Seller Awards », pour ses 125 000 copies vendues. Ce travail de référence fut plus tard entériné officiellement par l’ALENA pour normaliser, à la grandeur du continent, ses recommandations de réponses aux accidents de marchandises dangereuses.

C’est alors que la Garde côtière canadienne lui demande de prendre en charge le développement de son programme de réponse aux accidents chimiques maritimes. Il a alors l’opportunité de collaborer aux travaux de plusieurs comités techniques internationaux sous l’égide de l’Organisation maritime internationale. Il a ainsi été appelé à présider les activités du comité de rédaction de son « Manual on Chemical Pollution – Section 1 ». En 1998, la Direction générale du transport des marchandises dangereuses, à Transport Canada, lui confie la direction des affaires réglementaires, le groupe responsable de concevoir les amendements aux règlements et à la législation, ainsi que de délivrer les permis prévus à la Loi sur le transport des marchandises dangereuses. Ses responsabilités incluaient en plus la conception des normes réglementaires de fabrication et d’utilisation des conte­nants utilisés pour le transport des marchandises dangereuses. Il restera à ce poste jusqu’à sa retraite de la fonction publique fédérale en 2011.

Membre du mouvement laïque québécois et de l’Association humaniste du Québec, il est intervenu dans le débat entourant le projet de loi 60 du Parti québécois, pour y défendre la conception républicaine de la laïcité.


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L’étreinte du papillon, roman Jeunesse, Diane Jalbert Labelle, Fondation littéraire Fleur de Lys

L’étreinte du papillon

Roman

Diane Jalbert Labelle

Fondation littéraire Fleur de Lys

Lévis, Québec, 2018.

ISBN 978-2-89612-557-9

Exemplaire numérique ePUB : 7.00$


PRÉSENTATION

J’ignorais que le corps pouvait contenir autant de larmes. En fait, l’être humain est un océan.

Pendant que la vie change de cap vers une destination encore inconnue, dans sa tête le soleil éclate en mille fragments de poussière de larmes. Au cœur d’un dimanche maussade où les nuages hachuraient grossièrement le ciel dont les lueurs d’été s’estompaient graduellement, la nouvelle s’est répandue, comme une gifle qu’on reçoit.

S’il n’y avait pas eu autant de pilules dans la pharmacie, Maude-Élaine aurait choisi la lame à rasoir. Mais partir sans faire de bruit, couler dans un sommeil éternel s’était révélé l’unique solution. Il ne restait plus de place dans son cœur pour la vie, car tout l’espace était occupé par son impénétrable chagrin ; Frédérique n’était plus là.

Mais voilà que l’arrivée de Chopin et de Kévin change tout.


EXTRAIT

Chapitre 1

Je venais à peine de sortir de la douche quand, assise sur mon lit et m’interrogeant sur ce que j’allais porter samedi pour aller au Mousqueton, ma mère entra dans ma chambre sans frapper ; ce qui n’est pas dans ses habitudes.

— Maude-Élaine, j’ai quelque chose de très important à te dire, amorce-t-elle, en se tenant contre le chambranle de la porte.

— Je voudrais me sécher les cheveux, je n’ai pas le temps, maman.

— Maude, c’est très sérieux, ajoute ma mère avec un léger tremblement dans la voix.

Je comprends alors, qu’elle ne peut retenir davantage le secret qui lui monte au bord des lèvres et qui, je le perçois, lui chavire le cœur.

— Vous voulez divorcer, toi et papa ?

— Non ! Où es-tu allée pêcher une idée pareille ? C’est…

Sans terminer sa phrase, Michelle vient s’asseoir à mes côtés, sur mon lit jonché de vêtements.

Soudain, une armée de papillons chatouille mon abdomen. Souvent, cette sensation m’envahit lorsqu’un événement tragique plane à l’horizon.

Puis, ils se mettent à tourbillonner à travers tout mon corps ; ma mère va m’annoncer qu’elle a un cancer.

— Que se passe-t-il, maman, c’est ta santé ?

— Cest à propos de…

Je perçois au fond de son regard, le reflet de la plus grande inquiétude et, j’imagine les images qui se déversent dans sa tête, comme un torrent. J’ai l’impression d’entendre le rythme des battements de son cœur qui s’accélère graduellement.

— Mais parle, maman !

— Frédérique, lance-t-elle seulement.

— Quoi, Frédérique ?

— Elle est morte, Maude-Élaine.

Malgré elle, Michelle éclate en sanglots, comme si un énorme nuage venait d’exploser dans son cœur. Comme seule réaction je prends mère dans mes bras en tentant de la consoler, persuadée qu’elle perd les pédales et ne sait plus très bien ce qu’elle dit. Dans quelques secondes, le téléphone sonnera et Frédérique se trouvera à l’autre bout du fil et comme chaque soir, on passera une heure à jaspiner.

— C’est vrai Maude, un chauffard l’a heurtée à mort ! Les médecins ont confirmé son décès dès son arrivée à l’urgence de l’hôpital. Ses parents nous ont dit que si elle avait survécu, elle aurait été paralysée pour le reste de sa vie.

Soudain, tout s’embrouille. Mes projets d’avenir s’écroulent lentement et ma vie bascule en cette soirée pluvieuse d’automne.

Aucune explication ne peut justifier une telle horreur. Je refoule un tremblement, empêchant la tempête de déferler dans mes entrailles. Seul un long silence habite ma chambre qui revêt, tout à coup, un nouvel aspect sous le regard du déchirement.

Pendant que la vie change de cap vers une destination encore inconnue, dans ma tête le soleil éclate en millier de fragments.

Perdue au milieu d’un océan déchaîné qui menace à tout moment de me submerger dans le flot de ses vagues, je louvoie contre la tornade dans mon cœur.

— Ça ira, maman. S’il valait mieux qu’elle ne survive pas à cet accident, c’est préférable, je suppose.

D’un seul trait, j’avale les millions de projets que j’avais planifiés avec ma meilleure amie, Frédérique. Et je me sens grisée comme si j’avais ingurgité toute une bouteille de téquila. Ma tête tourne, égarée dans le tourbillon de mon chagrin qui se love tranquillement au fond de moi.

Subtilement, un profond calme s’empare de mon corps, tel un moment d’indifférence. Puis, le silence s’élève dans la pièce, intolérable et obscure.

— Ça va maman, ne t’en fait pas, dis-je à ma mère pour la rassurer.

Le tumulte dans mon cœur se repose de la contorsion qu’il vient de subir. Il sommeille temporairement.

* * *

J’ai dormi par à-coups, jusqu’à ce que l’alarme stridente du réveil me propulse dans la réalité du jour.

C’est ma dernière année scolaire et j’ignore complètement ce qui se passera après, simplement parce que Frédérique et moi avions projeté de parcourir le monde avec comme seul bagage, un sac à dos et quelques dollars en poche. Mais voilà que ce lundi matin pluvieux d’automne me replonge brusquement dans la triste réalité.

Je m’arrache de mon lit pendant qu’il fait encore nuit. J’ouvre l’interrupteur et l’éclat de la lumière m’aveugle momentanément. Quelques secondes suffisent pour que mes yeux absorbent le choc et je me dirige vers la fenêtre dont les rideaux sont tirés. Je les entrouvre, et j’observe tout en bas les rares voitures qui circulent à travers la pluie dense.

Comment une journée peut-elle être aussi moche ? Et pourquoi continuer la route si le chemin qu’on a tracé se dérobe sous nos pieds ?

Je hais la Terre entière de même que mes quinze ans. L’âge ingrat, pour reprendre les termes de mon père quand il tente d’expliquer mes sautes d’humeur.

Tout était minutieusement planifié. L’an prochain, Frédérique et moi avions rendez-vous au pied de la tour Eiffel et de l’Arc de Triomphe. Voilà qu’aujourd’hui, tout s’évanouit. Je m’imagine devant la Fontaine de Trévi lançant une pièce de monnaie en souhaitant que ma meilleure amie revienne.

Les derniers vestiges du sommeil me jouent des tours et je suis la proie d’un cauchemar abominable. Comme d’habitude, j’irai à l’école rejoindre Frédérique et l’on se racontera notre weekend.

Nous avons un rituel ; tous les samedis soir, on se donne rendez-vous au Mousqueton pour danser jusqu’à minuit. Ce samedi, Frédérique devait aider une tante à préparer le vingt-cinquième anniversaire de ses parents.

Mon amie est la benjamine d’une nombreuse famille de neuf enfants. Elle a un an de plus que moi.

— « Comment se sent-on à seize ans ? » lui avais-je demandé, le jour de sa fête.

— « Comme la veille, quand j’avais quinze ans ! Voyons Maude, c’est juste un an de plus ! »

— « On est considérée comme une vraie personne à seize ans, pas une empêcheuse de tourner en rond qui tombe sur les nerfs des parents ! »

— « Tu exagères Maude. Rien ne change, tu verras ! »

Je n’ai pas envie d’attendre, car à mes yeux, la vie n’a plus d’intérêt. J’ouvre mon petit écrin dont l’intérieur est orné de velours rouge et l’Hymne au printemps de Félix Leclerc se met à envouter mon cœur. Je ramasse mes boucles d’oreilles perle d’eau douce reçues en cadeau de mes parents pour mon quinzième anniversaire deux semaines plus tôt et les accrochent à mes lobes percés.

Tout au fond de cette minuscule boîte musicale, je voudrais entasser ce chagrin qui me monte au bord des yeux ainsi que la colère qui lentement commence à naître en moi.

Vivement, je referme le couvercle du coffret et disparaissent aussitôt, les dernières notes de la chanson de Félix.

En retard, comme chaque matin depuis quelque temps, je cours pour rattraper le bus scolaire. D’un seul bond, je grimpe à bord. Cynthia, Jean-Luc et Alexis me fixent, le regard perdu derrière l’incertitude de leurs sentiments. Je comprends qu’ils ignorent comment franchir la barrière qui retient ma révolte naissante.

Au cœur d’un dimanche maussade où les nuages hachuraient grossièrement le ciel dont les lueurs d’été s’estompaient graduellement, la nouvelle s’était répandue dans leur famille, comme une gifle qu’on reçoit.

Je m’installe à ma place habituelle. À côté de moi ; l’espace inoccupé de Frédérique. Demain peut-être. Mon amie déteste les lundis, surtout quand il pleut. Son réveil n’a sûrement pas sonné, et en plus elle doit avoir ses règles. La première journée du déluge est toujours pénible pour Frédérique. Voilà l’explication de son absence.

Dès mon retour à la maison, je lui téléphonerai pour prendre de ses nouvelles et nous irons passer la soirée au Café étudiant.

Le bus termine sa course devant l’école où descendent les étudiants presque silencieux. Avant de pénétrer à l’intérieur des murs qui me garderont prisonnière, mes yeux frôlent à travers les épais nuages, le ciel zébré d’un bleu cobalt.

Tel un fruit âpre, j’engloutis la boule d’amertume tapie au fond de ma gorge avant de disparaître à l’intérieur de cet endroit, là où le bourrage de crâne trône au premier rang.

La vie est vraiment exécrable.

* * *

D’habitude, le mercredi est ma journée préférée, mais pas cette fois, parce qu’il représente le premier mercredi depuis la mort de Frédérique. Elle repose là, étendue dans cet écrin de satin blanc, un chapelet entre ses doigts, sa chevelure brune étalée sur l’oreiller, les yeux clos pour toujours. Elle ne les ouvrira pas pour me voir me noyer dans mes larmes pour la première fois depuis qu’elle a quitté ma vie. Elle ne les ouvrira plus ses grands yeux verts que toutes les filles de la classe de maths et de français lui enviaient.

— « Comment as-tu pu me faire ça ? Tu n’avais pas le droit de partir sans moi ! On s’était promis de ne jamais se laisser, et que si l’une de nous décédait, l’autre irait la rejoindre ! Attends-moi, Frédérique, j’arrive ! » voudrais-je lui crier alors qu’une rafale de sanglots étouffe ma voix.

Je me précipite à l’extérieur du salon bondé et dévale la rue en cinquième vitesse. Au bout de ma course, je m’arrête et respire à pleins poumons l’air frais de l’automne, le parfum des feuilles mortes, la pluie à peine séchée, la terre humide et l’odeur des quelques fleurs qui s’accrochent encore à la vie. Soudain, il y a trop d’air dans ma poitrine et mon cœur se met à trembler autant que mon corps.

Puis, la tempête se calme.

Je n’irai pas voir Frédérique descendre au fond d’un univers souterrain, enfouie sous un manteau de terre humide.

La vie revêt encore son costume de parfaite emmerdeuse.

* * *

Rien n’a changé. Le Mousqueton joue les succès du jour et les jeunes se trémoussent avec exaltation sur la piste de danse.

Me voilà au premier samedi depuis le départ de Frédérique pour le plus long des voyages.

Je danse sans même m’arrêter pour reprendre mon souffle. Avec toute notre fureur de vivre, Frédérique et moi aimions vider le trop-plein. Évacuer la rage accumulée, parce qu’incomprises des adultes qui nous rebattent sans cesse les oreilles, en nous disant combien nous avons de la chance, nous les jeunes, d’avoir plus d’opportunités qu’eux dans leur temps. Décharger l’excès d’un manque d’amour, parce qu’incapable de faire le grand saut et d’aller jusqu’au bout avec Jean-Luc. Vidanger toute l’accumulation d’amertume enfouie au fond de nous. Tout chasser de ma tête pour oublier que je me sens nulle en tout.

Lentement, je sens que je décroche. Je suis persuadée qu’une fois sur le marché du travail, les choses rentreront dans l’ordre.

En ce premier samedi depuis la mort de Frédérique, je rentre chez moi toute seule. Personne à qui confier ma rencontre avec un gars super spécial et extraordinairement beau.

Finalement, ce garçon ne m’intéresse pas. Je ne veux pas qu’il vienne bouleverser davantage ma détresse, parce que dans mon cœur, tout l’espace est destiné à Frédérique et à mon infini chagrin.

Un jour, sans que je m’y attende, le téléphone sonnera et mon amie me parlera à l’autre bout du fil et me lancera : — « Je suis revenue. J’étais en visite chez une tante à l’extérieur de la ville et je ne pouvais pas t’appeler à cause des frais d’interurbain. Que fais-tu ce soir, nous pourrions marcher jusqu’au Café étudiant si tu veux ! — « Oui, Frédérique ! Je croyais que tu étais fâchée après moi ! » me dis-je dans ma tête.

Il nous arrive souvent de nous asticoter et parfois, on ne s’adresse plus la parole durant une semaine.

Frédérique me téléphonera demain pour m’annoncer qu’elle a abandonné l’école pour voyager à travers le monde.

Je me précipite pour ramasser le sans-fil qui sonne à tout rompre sur le comptoir de la cuisine. À coup sûr, l’appareil sera monopolisé pour toute la soirée, comme chaque soir d’ailleurs.

Le responsable ? Mon hyper nono de frère, Sébastien. Sébaste le fish poisson, comme je le surnomme quand il me sort par les oreilles. Le plus chouchouté de la planète. Monsieur le nombril du monde et l’aîné adoré. Voilà précisément pourquoi je n’ai plus de nouvelles de Frédérique.

— Maman, il va passer la soirée enfermé dans sa chambre avec le téléphone !

Ma mère fait le budget du mois, assise à la table de la cuisine. Mon père lit les petites annonces. Sa passion.

— Sébastien, une demi-heure et c’est terminé, m’entends-tu ? lance, Paul Berthiaume.

Du haut de son insensibilité, mon frère me poignarde du regard et s’engouffre dans sa piaule.

La rage et un sentiment d’impuissance se débattent dans mes tripes. Je quitte la maison pour me rendre au Café étudiant, Frédérique m’y attend peut-être.

Je sais que cette vérité, que je refuse d’affronter, est cachée derrière la porte du Café, telle une saleté, une mocheté. Je voudrais la briser en mille éclats entre mes doigts, comme s’il s’agissait de fin cristal, jusqu’à ce qu’elle devienne de la poussière et soit emportée par le vent.

Je me contente de rebrousser chemin alors que la noirceur et la pluie habitent l’atmosphère dans laquelle je pénètre doucement.

Je monte l’escalier de la maison jusqu’à ma chambre et je me lance, tête première, dans mon lit où j’enfouis mon visage dans mon oreiller pour étouffer le son de mes sanglots.

Je n’ai pas vu Frédérique ce soir, encore.

La vie est une ignoble ordure.


AU SUJET DE L’AUTEURE

Diane Jalbert Labelle

Pour décrire l’auteure, nous citerons les paroles d’une chanson de Félix Leclerc : « Moi mes souliers ont beaucoup voyagé »!

Déjà à l’âge de 13 ans, elle écrivait des poèmes sous l’influence de Lamartine, Rimbaud et Nelligan. Mais le roman jeunesse retient son attention et lui vaudra plus tard, une publication en 1989, La Trottinette jaune, auprès des Éditions Fidès. Puis elle apprendra par elle-même les rudiments de la guitare.

Plongée rapidement dans le monde du travail, elle occupera un emploi au service des prêts budgétaires du siège social d’une grande banque où elle fera ses premières armes. Elle travaillera ensuite dans le monde de la protection du droit d’auteur pour les auteurs et compositeurs de musique, pour ensuite acquérir deux baccalauréats ; Le premier, un baccalauréat ès arts en enseignement de la danse et des arts plastiques. Le deuxième, un baccalauréat en éducation en information scolaire et professionnelle, tout en poursuivant ses cours de danse classique, contemporaine et jazz, tantôt avec des professeurs des Grands ballets canadiens et les Ballets jazz de Montréal.

Puis un grand saut dans le monde gouvernemental pour œuvrer en réadaptation et plus tard dans la sphère médico-légale.

Mais le monde des arts retient toujours son attention. Tout en poursuivant l’écriture et la danse, mais plus particulièrement la danse à claquettes, elle s’inscrira à une formation en percussion africaine qui durera neuf ans.

Elle a à son actif plus de 42 représentations publiques, dont le Festival des percussions de Longueuil, des prestations bénévoles auprès de différents organismes. En décembre 2016, elle participe en tant que percussionniste, à trois représentations du Noël métissé serré avec Boucar Diouf et l’orchestre symphonique de Montréal, dans la belle salle de l’OSM. Le 19 août 2017, elle fait partie du grandiose spectacle symphonique de Montréal sur la montagne pour le 375e anniversaire de la ville.

Puis, changement de cap et elle s’inscrit à des cours de guitare acoustique, son premier instrument de musique, avec lequel elle confie avoir partagé bien des secrets à l’âge de13 ans.

Et ses petits souliers l’amènent dans un club de ukulélé où elle apprendra un vaste répertoire.

À la retraite depuis 2011, elle fait beaucoup de vélo, des cours de guitare et de ukulélé en groupe et toujours l’écriture. Ses souliers l’ont aussi amenée partout dans la belle région du Québec et en Europe. Depuis l’hiver 2017, elle va user ses souliers sur la grande piétonnière de Torremolinos en Espagne. Elle fait le plein de soleil, de vent marin et de vagues de la mer, surtout lorsque la mer se déchaîne un peu, démontrant sa force et sa puissance, précise-t-elle.

Elle souligne en ces termes : « C’est là que je me rends compte que nous sommes bien petits devant cet univers qui nous entoure et qu’il faut profiter de chaque jour qui passe, comme un précieux cadeau de la vie ».


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Livre numérique gratuit (PDF ) : Au XXIe siècle y a-t-il toujours des trésors? Extraits d’une vie poétique inscrite dans une Histoire poétisée Incluant le manifeste pour une poésie à la fois « libre » et « véritable », Naèj P. Noca, Fondation littéraire Fleur de Lys

Au XXIe siècle y a-t-il toujours des trésors?

Naèj P. Noca

Extraits d’une vie poétique inscrite dans une Histoire poétisée

Incluant le manifeste pour une poésie à la fois « libre » et « véritable »

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, 2018, 55 pages.

ISBN 978-2-89612-560-9

Exemplaire numérique gratuit (pdf)


PRÉSENTATION

L’auteur de ce recueil vise à promouvoir une poésie à la fois « libre » et « véritable », tout en proposant un regard philosophique, esthétique et critique, dirigé vers quelques grands moments de l’Histoire humaine, menacée par de redoutables dangers.


EXTRAIT

Manifeste pour l’acceptation pleine et entière d’une poésie à la fois « libre » et « véritable »

Presque de tout temps, le mot « poésie » a désigné une chose clairement différente de la prose, à savoir la classe des paroles (vocales, écrites, etc.) possédant de rigoureuses harmonies des rythmes et des sonorités (allant de l’assonance et de l’omission volontaire de la dernière syllabe, comme avec les mots « glisse » et « triste », jusqu’à l’inclusion de l’allitération), toutes portées par une disposition distinctive de ses grands éléments. Et cette constatation conforte, entre autres, l’intuition que la poésie classique n’est pas toute la poésie, et que ce qu’on appelle actuellement « la poésie libre » comprend de nombreuses paroles qui n’ont pas tous les caractères essentiels mentionnés ci-dessus, voire qui n’en ont que de semblables : l’appellation est alors métaphorique. À ce dernier sujet, notons que notre culture est probablement prête pour un mot nouveau, comme « proésie », afin de parler de cette parole distincte, s’éloignant de la prose et se rapprochant de la poésie par une disposition spatiale ou temporelle des grands éléments qui la constituent, par un travail du rythme sans lois ni uniformité au niveau de leur mesure rigoureuse ou par une recherche sonore différente du retour au même son à la fin de deux ou de plusieurs de ces éléments (la rime).

Dans le recueil proposé ici, on trouvera des poèmes qui, volontairement ou non (mais de façon tout à fait assumée en ce dernier cas), sont « libres » face aux lois de la poésie classique relativement, entre autres, à la césure, au hiatus, à l’allitération, à l’alternance des rimes masculines et féminines ou aux diphtongues, et notons que quatre éléments du recueil y sont clairement dits être des poèmes d’une façon métaphorique, aux fins d’expliciter la proposition initiale de ce manifeste et de faire un clin d’œil à l’époque historique concernée par les éléments dont il est alors question. Aussi est revendiquée l’acceptation ultime que des mots comme « ouvrier-paysan » puissent être considérés avoir quatre, cinq ou six pieds, selon l’harmonie du rythme impliqué, et de même pour de semblables termes plus courts ou plus longs. Comprenons que la poésie est grandement affaire de manipulations de mots (signes verbaux), sous leur forme, antérieurement à l’existence des objets abstraits que sont la césure, le hiatus, la rime et la diphtongue, construits bien après la codification des paroles à la suite de l’invention de l’alphabet et de l’écriture. Les lois relatives à ces concepts construits ne sont pas fondamentales. Dans le cadre même de la poésie, elles contribuent non pas à définir cette parole, mais à améliorer sa fluidité, une qualité qu’ont la prose et le discours courant.


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Yoan, roman Fantastique, Alain Fournaise, Fondation littéraire Fleur de Lys

Yoan

Roman Fantastique

ALAIN FOURNAISE

Fondation littéraire Fleur de Lys

Lévis, Québec, 2018, 258 pages.

ISBN 978-2-89612-559-3

Exemplaire papier : 24.95$ Tout inclus

Exemplaire numérique PDF : 7.00$


PRÉSENTATION

Lorsqu’un enfant arrive sur la terre, on lui confère des qualificatifs qui font grandir notre amour pour lui : mignon, intelligent, attachant, drôle, mais à partir du moment où l’on dit de lui qu’il est énigmatique, secret, inaccessible et mystérieux, notre curiosité s’emballe. Ce sont ces mots que la société attribut à Yoan, ce petit garçon de 5 ans, découvert complètement nu et seul dans la neige.

Yoan partira à la recherche de son identité et de son passé. Sa personnalité bien particulière et ses talents cachés feront de lui un enfant fascinant qui bouleversera la vie des personnes qu’il croisera sur sa route.

La population n’étant pas apte à connaitre son mystérieux secret, Yoan devra rapidement trouver la façon de l’annoncer au monde entier, et ce, avant qu’il n’atteigne l’âge de 11 ans. Car l’événement qui doit arriver à ce moment sera signifiant et le monde en restera marqué à jamais.


EXTRAIT

Chapitre 1

Yoan marchait en direction de la maison qu’il s’était imaginée. Elle trônait seule dans un rang du village de Thannenkirch. Il s’agissait d’une grande habitation à deux étages. Son revêtement en lattes de bois lui donnait un cachet antique, et la galerie s’étendait sur tout l’avant de la maison. Yoan aperçut cinq voitures garées dans le stationnement. « L’occupant doit recevoir des amis ou de la famille », pensa Yoan en s’immobilisant devant les trois marches qui menaient à la porte d’entrée.

Il ne pouvait plus reculer maintenant. L’événement arriverait bientôt et il devait s’y préparer. Du haut de ses dix ans, Yoan inspira profondément et gravit les marches en direction de la porte. Ses vêtements, démesurément trop grands pour lui, flottaient au vent. Sa chemise blanche, croisée à la façon d’un kimono, était retenue par une large ceinture en tissu. Les manches bouffantes et évasées dissimulaient ses mains croisées sur son ventre. Son pantalon blanc couvrait complètement ses pieds. Il était si ample que l’on pouvait croire qu’il planait en se déplaçant. Il avait dû insister beaucoup auprès de Kathy pour qu’elle lui achète ces vêtements étranges. Il voulait s’assurer que sa présence et son habillement produiraient l’effet escompté lors de sa rencontre avec l’adolescente. Kathy savait qu’il était inutile de le contredire. Elle n’aurait jamais réussi à le convaincre d’acheter des vêtements plus classiques. Depuis longtemps, elle avait compris que Yoan connaissait des choses que personne ne savait et que chaque décision qu’il prenait avait sa raison d’être. Depuis plus de cinq ans, elle avait rencontré cet enfant mystérieux et elle n’arrivait toujours pas à le comprendre.

Vivianne surgit dans le salon, des gants de cuisine aux mains. Ses invités discutaient entre eux. Ils étaient tous venus pour l’anniversaire de Mia, la fille cadette de Vivianne et Léo qui fêtait ses cinq ans. Sa grande sœur, Emmy, âgée de dix-sept ans, était plutôt réservée. Elle ne parlait à personne et restait à l’écart, dans le coin du salon, perdue dans ses pensées.

— Le repas sera prêt dans vingt minutes, annonça Vivianne avec enthousiasme.

Au même moment, le carillon de la maison résonna, et Vivianne et Léo se dévisagèrent, perplexes; il était brisé depuis plusieurs années et Léo ne l’avait jamais fait réparer. De plus, tous les membres de la famille étaient déjà arrivés : les grands-parents, leurs deux frères et leurs conjointes, ainsi que leurs quatre enfants. Jamais de colporteurs ne s’aventuraient aussi loin dans le rang où ils demeuraient.

— Tu attends quelqu’un d’autre ? demanda Vivianne à son mari, tout aussi surpris qu’elle.

Son air ébahi lui fit comprendre qu’il n’avait pas la moindre idée de qui pouvait bien se présenter chez lui.

Léo s’approcha de la porte et jeta un coup d’œil par la fenêtre, avant d’ouvrir à l’inconnu vêtu d’une étrange façon. Tous les convives, intrigués, interrompirent leurs discussions.

L’homme regarda Yoan, curieux. Il jeta un regard rapide derrière l’enfant dans l’espoir d’apercevoir quelqu’un qui aurait pu l’accompagner. Personne n’était présent. Aucune voiture. Rien !

— Est-ce que tu es perdu ? interrogea l’homme.

— Non, monsieur ! Je dois parler à une personne qui habite chez vous.

— À qui veux-tu parler ?

Yoan lui sourit; ses mains, dissimulées dans ses manches, étaient toujours croisées sur son ventre, ce qui lui donnait une apparence irréelle.

— Désolé, je ne connais pas son nom, mais si vous me permettez de la voir, je pourrai vous dire de qui il s’agit. Voyant l’homme sans mots suite à sa demande, Yoan poursuivit. Est-ce que je peux entrer ? demanda-t-il avant que l’homme ne reprenne son aplomb.

Pris au dépourvu, Léo lui fit un geste de la main et l’invita à passer le seuil de la porte.

L’entrée donnait directement sur le salon; Yoan y accéda sans cérémonies. Les invités l’examinèrent de la tête aux pieds. Il tenta de rester impassible face aux regards insistants de la famille, afin de cacher son anxiété.

— Tu ne m’avais pas dit que tu avais invité un samouraï ? dit Peter, le frère de Vivianne, avec un sourire narquois. Pour seule réponse, il reçut de sa femme, gênée par sa remarque, un coup de coude dans les côtes.

Yoan resta immobile, au milieu du salon, scrutant rapidement les invités. Son regard se figea sur Emmy, la raison de sa venue dans cette famille ! L’adolescente se redressa. Voyant que l’enfant l’observait, elle jeta un regard furtif à ses parents et aux autres invités qui semblaient tous aussi surpris qu’elle.

Se déplaçant doucement vers Emmy, Yoan se concentra sur l’adolescente sans prêter attention aux regards intenses des invités qui semblaient s’attendre à voir arriver un événement singulier. La petite Mia fixait l’étrange personnage qui semblait flotter vers sa sœur, sans dire un mot.

— Bonjour, je m’appelle Yoan !

— Est-ce qu’on se connait ? interrogea Emmy, perplexe.

— Non, tu ne me connais pas. Par contre, moi, je te connais et je vais avoir besoin de ton aide.

— Quoi ? demanda Emmy, qui ne saisissait rien de ce que Yoan venait de lui dire.

Léo, qui avait refermé la porte, rejoignit sa conjointe qui regardait la scène avec attention.

— Qui es-tu ? intervint Vivianne. Est-ce que tes parents sont au courant que tu es ici ?

Yoan resta indifférent aux requêtes de la mère.

— Je ne comprends pas comment je pourrais t’aider ! De toute façon, je n’ai le goût d’aider personne, je veux juste qu’on me laisse en paix ! objecta Emmy, qui était toujours dans sa crise d’adolescence.

— Tu pourrais m’aider en sauvant des enfants qui veulent s’enlever la vie ! Emmy fut sans mots. Elle essaya de saisir tout ce que Yoan venait de lui dire. Qui est mieux placé pour comprendre ce que vivent ces enfants qu’une personne qui a les mêmes pensées ? ajouta Yoan.

— De quoi tu parles ? Tu es complètement fou ! Je n’ai jamais pensé à mourir !

Yoan venait de jeter une douche froide dans le salon. Toute la famille était estomaquée par ce qu’elle venait d’entendre. Chacun regardait successivement Yoan et Emmy, sans dire un mot, jusqu’à ce que Léo décide d’intervenir.

— Je ne te laisserai pas insulter ma famille de la sorte ! beugla Léo. Sors d’ici immédiatement !

— Désolé, mais je ne peux pas partir pour l’instant, annonça Yoan, toujours aussi calme. Je n’ai pas encore terminé.

— Tu inventes que ma fille a déjà pensé à se suicider et tu crois que je vais te laisser dire des mensonges dans ma maison sans réagir !

Yoan se détourna pour faire face à Léo qui semblait bouillir sur place, son visage cramoisi par la rage. Toujours aussi calme, Yoan jeta un regard rapide à la mère d’Emmy, qui semblait confuse, avant de porter son attention à nouveau sur Léo.

— Ce n’est pas un mensonge ! commença Yoan d’un ton ferme et sûr de lui. Et je ne suis pas ici pour prouver ou justifier mes propos. Je veux seulement convaincre votre fille d’aider des enfants qui seront en grande difficulté dans quelques années.

Il pivota afin de faire face à Emmy avant de poursuivre.

— Naturellement, si tu mets fin à tes jours, tu ne pourras pas aider ces enfants !

— Je n’ai jamais eu l’intention de me suicider ! C’est du délire ! s’écria Emmy sur la défensive.

— Je suis très heureux que tu aies changé d’avis. Tu n’auras donc plus besoin de la lame à carton que tu caches dans le tiroir de ta commode. Et j’imagine que les flacons de médicaments que tu as dérobés dans la pharmacie de la salle de bain ne te seront plus utiles, eux non plus ?

Le visage d’Emmy devint livide. Yoan avait percé à jour tous ses secrets. Comment pouvait-il savoir ? Comment avait-il fait pour deviner ? Le père, furieux, voulut s’approcher de lui pour le saisir, mais sa femme l’intercepta. Elle avait compris que Yoan disait la vérité. L’expression que Vivianne pouvait lire sur le visage de sa fille confirmait ses soupçons. Des larmes coulaient à présent sur les joues d’Emmy, qui avait baissé la tête, honteuse.

— Emmy, est-ce que je peux compter sur toi ?

— Comment puis-je aider des personnes si je suis incapable de m’occuper de moi-même ?

— Ne t’inquiète pas ! dit-il en effleurant la joue d’Emmy avec sa main pour la rassurer. Tout va bien aller maintenant. Tu connais le but à atteindre et j’ai confiance en toi. Tu vas faire ce qu’il faut pour y arriver.

Il jeta un regard rapide aux invités qui semblaient dépassés par les événements, avant de lui saisir la main.

— Ils vont t’aider. Fais leur confiance ! dit Yoan, en désignant la parenté d’Emmy qui les observait.

— Comment vais-je savoir quels enfants je dois aider ?

Pour seule réponse, Yoan lui adressa un sourire. Il fit demi-tour et annonça qu’il devait maintenant partir.

Mia, qui avait été très discrète jusqu’à présent, s’approcha de son père. Elle lui saisit la main en fixant Yoan qui s’approchait. Celui-ci lui fit un clin d’œil. Gênée, Mia se dissimula derrière la jambe de son père.

— Est-ce que tu vas finalement nous dire qui tu es ? lui demanda Léo, maintenant beaucoup plus calme.

Avant que Yoan ne puisse dire un mot, la petite Mia prit la parole.

— Voyons papa ! C’est évident ! C’est un ange !

Tous les invités eurent un rictus. « Sa candeur est craquante », pensa son père. Seule Emmy n’avait pas réagi.

Yoan s’approcha de Mia et lui chuchota quelque chose à l’oreille. Elle lui sourit et lui fit un signe affirmatif de la tête, avant de s’éloigner pour jouer avec le casse-tête qu’elle avait reçu de sa grand-mère pour son anniversaire.

Yoan s’approcha de la porte avec Léo sur les talons. Avant même qu’il n’y arrive, celle-ci s’ouvrit sans que personne n‘y touche, jetant de la stupéfaction chez les invités. Yoan sortit sans mot dire, et la porte se referma par elle-même, sous les yeux ébahis de Léo et du reste de la famille.

Vivianne, intriguée, se tourna vers sa fille Mia, concentrée sur une pièce du casse-tête qu’elle avait en main. Elle ne remarqua pas le reste de la famille qui l’épiait.

— Mia ! Est-ce que tu peux me dire ce que le garçon t’a dit à l’oreille ?

L’enfant leva les épaules pour lui signifier qu’elle ne s’en souvenait plus. Elle termina son casse-tête en plaçant la dernière pièce, qui complétait un oiseau blanc dans le ciel.


AU SUJET DE L’AUTEUR

Alain Fournaise

Je suis, Alain Fournaise, diplômé en marketing et père de deux enfants. Je suis né en 1967 à Montréal, j’ai vécu mon enfance en Montérégie et j’y demeure toujours avec ma famille. C’est lors de la naissance de mon premier enfant que j’ai eu le feu sacré pour l’écriture, non pour la publication, mais bien pour mon plaisir personnel. C’est à ce moment que j’ai commencé à écrire Le Protecteur, un roman policier que j’ai complété en quelques mois et qui a été publié par La Fondation Fleur de lys. Par la suite, je me suis lancé dans la rédaction de courtes histoires pour ma fille de sept ans qui en était l’héroïne.

Ayant maintenant complété Yoan, un roman fantastique, c’est avec beaucoup de fierté et de satisfaction que je vous laisse découvrir mon œuvre. En espérant qu’il suscitera votre intérêt et comblera vos attentes.


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